d. La faiblesse des ressources, facteur de crise et limitation des marges de manœuvre de sortie de cette crise

La crise des transports urbains subsahariens trouve une grande partie de son origine dans la faiblesse des ressources tant publiques qu’individuelles. La contrainte financière pèse au niveau de l’évolution de la demande comme sur celle de l’offre. La limitation des ressources publiques se traduit, d’une part, par les difficultés de planifier la croissance des villes à travers une meilleure maîtrise de la différenciation fonctionnelle de l’espace urbain et le développement des infrastructures de transport au même rythme que la croissance des besoins. D’autre part, l’abandon de la production du service de transport aux artisans constitue également une manifestation des capacités financières limitées des pouvoirs publics subsahariens. Au niveau des individus et des ménages, le sous-équipement en modes individuels trouve son origine essentiellement dans la faiblesse des revenus. Quant aux transports collectifs, le succès des artisans s’explique, en partie, par l’application de tarifs accessibles au plus grand nombre grâce à des économies réalisées au détriment de la congestion des voies, de la pollution et de la sécurité.

Mais surtout, la faiblesse des ressources limite fortement les marges de manœuvre de sortie de crise en termes de coûts des solutions techniques. Et ce, d’autant plus que le contexte socio-économique subsaharien est actuellement marqué par une dynamique de dégradation des pouvoirs d’achat des ménages urbains.

Cette crise a des conséquences néfastes sur la productivité dans ces agglomérations qui concentrent l’essentiel de l’appareil de production nationale et, par conséquent, constitue une entrave au développement des pays subsahariens. Il y a une nécessité pressante à trouver une solution à la crise des transports dans les grandes agglomérations subsahariennes au risque d’aggraver les conditions de mobilité et de vie des citadins.