Onomasiologie et sémasiologie

D'un point de vue méthodologique nous nous sommes placé dans une perspective structurale par l’utilisation de l’analyse componentielle pour la structuration des champs lexicaux sémantiques à partir des définitions et des exemples donnés par les dictionnaires. Pour la structuration des champs nous avons utilisé les deux points de vue complémentaires que sont l’onomasiologie et la sémasiologie avec le choix d'un ordre qui a son importance.

Nous sommes convenu en effet qu’il convient d'aborder en premier lieu l'étude onomasiologique, avant d'envisager en second lieu l'étude sémasiologique d'un ou plusieurs mots polysémiques appartenant au champ onomasiologique traité. Il paraît logique d'utiliser la structure générale à laquelle appartiennent les termes polysémiques afin de traiter leur structure particulière. Ainsi une analyse onomasiologique large d'un champ générique devrait toujours pouvoir précéder une analyse sémasiologique de termes polysémiques particuliers appartenant au champ étudié. Outre que les sémèmes des mots y auront déjà été traités, l'analyse y gagnera en valeur du fait du recul pris.

Nous avons aussi essayé de définir le principe et les règles de l'inversion de point de vue qui permet de passer de l'onomasiologie à la sémasiologie ou vice-versa. Ainsi nous avons pu présenter la constitution et la structuration des champs sémasiologiques folie et déraison pour le XXe siècle par transfert des résultats obtenus sur le champ onomasiologique contenant les deux mots pour le XXe siècle.

Il reste que l'intérêt de lier onomasiologie et sémasiologie dans une étude est bien présent, ne serait-ce que pour répondre aux critiques que l'on a pu faire à propos de l'analyse componentielle qui notamment dans la structuration des champs génériques favorisait l’éclatement du signe lexical polysémique en plusieurs signes disjoints. Ainsi systématiquement nous avons croisé onomasiologie et sémasiologie pour chaque étude lexicale, que ce soit pour l’établissement du système en langue, ou que ce soit pour son application dans un premier temps aux quatre pièces de Corneille prises séparément puis dans un deuxième temps aux mêmes pièces prises comme un ensemble. Cela nous amène aux questions de synchronie et de diachronie.