7.2.2. La corrélation entre l’objet-figure plastique et l’objet-figure dans le discours

Contrairement à notre propre thèse, le Groupe μ considère que la forme la plus élaborée qui constitue le dernier stade du parcours est l’objet. Celui-ci signale le passage de la figure de l’occurrence au type, et l’actualisation, par le processus de la répétition, de l’activité mémorielle, qui crée un effet de permanence 109  :

Pour mieux visualiser le parcours, on empruntera le schéma suivant 110  :

Tableau I. Trois niveaux d’élaboration perceptive
niveau d’élaboration Statut sémiotique Base empirique
1 figure Occurrence non dénommable propriétés visuelles
2 forme Type dénommable propriétés visuelles
3 objet Type dénommable propriétés visuelles et non visuelles

La typologie proposée par le Groupe μ est particulièrement intéressante car elle situe le parcours de l’objet à divers niveaux de pertinence. Notre réflexion ajouterait un niveau supplémentaire avec l’insertion de l’énonciation. Nous proposerons alors une isomorphie entre le parcours esthétique-perceptif qui concerne le plan de l’expression de l’objet, et l’objet dans la mise en discours, à l’intérieur du processus énonciatif. La figure, la forme, et la Gestalt se situeraient ainsi sur toutes les couches du parcours sémiotique 111 . Si nous comparons la typologie ci-dessus avec la typologie effectuée par Greimas concernant le passage des signes naturels aux signes objets, nous proposons les corrélations suivantes :

Tableau II. Corrélation entre la figure (
Tableau II. Corrélation entre la figure (non-signe) et sa forme visuelle (Gestalt-fond)

Si les figures 112 dans la typologie de Greimas sont des formes signifiantes des signifiés /signes-objets/ quelle pourrait être leur forme ? La référence de Greimas aux figures « Gestaltiques » 113 concernerait la forme de la figure, ce que nous avons proposé en suivant la typologie du Groupe μ. Ce qui dynamise le schéma ci-dessus est la relation entre le fond/forme plastique de l’objet et la forme/figure de l’objet dans le discours dont il fait partie. Nous émettons l’hypothèse d’une cohérence entre les isotopies sémantiques, la perception sémantique, la Gestalt et les formes discursives, telles pratiquées au sein du discours. Dans le chapitre suivant, nous nous intéresserons particulièrement à la Gestalt par rapport à ses affinités avec le sujet, le discours et l’acte de la lecture, dans l’acquis de l’interprétation.

Notes
109.

Ibid., pp.79-83.

110.

Ibid., p.83.

111.

Voir à ce sujet le chapitre suivant de notre thèse.

112.

Sur la figure et plus précisément sur la perception et la distinction entre figuratif et figural, Cf. chapitre de notre thèse sur la présence.

113.

GREIMAS A.-J., « Sémiotique figurative et figurative plastique », op.cit.