IV.3.c. Transformations agricoles
Si l’agriculture s’est relativement bien maintenue en termes de superficie (un peu plus de 1 700 ha, soit 30,4 % du lit majeur), elle a connu d’importantes transformations.
- A Vaulx-en-Velin, les jardins privatifs ont disparu au profit de l’habitat, mais l’activité maraîchère s’est néanmoins développée dans tout le secteur nord-est de la commune, en arrière du remblai de la rocade-est (A46).
- En rive droite du canal de Miribel, les terrains occupés jusque-là par les espaces naturels ont en grande partie été défrichés pour être mis en valeur, notamment au profit des surfaces cultivées sur les communes de Niévroz, Thil, Beynost et Saint-Maurice-de-Beynost, où la surface agricole utile a fortement augmenté.
- Dans l’ensemble, les bois et broussailles, qui occupaient 2 210 ha en 1950, ont fortement reculé et ne couvrent plus que 1 350 ha, essentiellement dans le périmètre du Grand parc de Miribel-Jonage, dont une grande partie est classée en zone d’intérêt faunistique et floristique (ZNIEFF). Cela peut sans doute s’expliquer en partie par le passage de la polyculture à la monoculture céréalière, l’abandon de l’élevage, la volonté des communes, principales propriétaires de ces espaces, de mettre en valeur leur patrimoine. Un autre élément de réponse possible, avancé par J.-L. Michelot (1986), serait l’installation d’agriculteurs ayant perdu leurs terres de rive gauche suite aux aménagements routiers réalisés à Vaulx-en-Velin, qui auraient reconstitué leur exploitation en défrichant ces terres. Les terres communales des niveaux les plus bas, qui sont le plus souvent inondées, sont aujourd’hui louées, défrichées et labourées par des agriculteurs locaux. C’est la maïsiculture qui y est la plus répandue, et qui est relativement bien adaptée à la submersion. Les parcelles des basses terrasses, hors d’eau pour les crues courantes, sont d’affectation privée. Selon le Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (SDAU) du Haut-Rhône, qui classe ce tronçon de la vallée à partir de Beynost et en direction du confluent de l’Ain en zone d’intensification agricole, les parcelles identifiées comme submersibles par la cartographie du Plan des Surfaces Submersibles du Haut-Rhône sont des zones d’agriculture dite normale, tandis que les terres qui ne sont pas soumises à la servitude d’inondation sont réservées à l’intensification. Or nous verrons plus loin que certaines parcelles officiellement désignées comme non inondables en vertu du PSS sont pourtant aujourd’hui exposées à l’aléa inondation. Ce sont donc les cultures pratiquées sur ces dernières qui sont les plus vulnérables car leur valeur économique est plus importante.