I.1. L’aménagement de la voie d’eau

Pour faciliter la navigation, souvent difficile en période de basses eaux du fait de la largeur du lit mineur et de l’importance des étiages, des travaux de rétrécissement du lit sont lancés suite à la loi du 19 juillet 1837. L’objectif visé est de concentrer les eaux dans un chenal unique et d’éliminer les seuils pour obtenir un mouillage de 1,2 m à l’étiage. L’entreprise consiste à fermer les faux-bras par des digues maçonnées, délimiter le chenal navigable par des clayonnages, draguer les hauts-fonds et construire des digues de halage revêtues d’un perré en bordure de la rivière. L’essentiel des travaux est mené de 1842 à 1850, l’ensemble étant complété jusqu’en 1865, en particulier dans le secteur de Trévoux (L. Astrade, 1996).

Au début des années 1860, du fait du déroctage réalisé au droit du pont du Change de 1859 à 1862 pour supprimer le rapide de la Mort-qui-Trompe et améliorer les conditions d’écoulement des crues, la ligne d’eau est abaissée sur une dizaine de kilomètres jusqu’au rapide de Collonges, dont la pente est par ailleurs augmentée ; la réduction dépasse les 60 cm à hauteur de l’Ile-Barbe et détériore fortement les conditions de navigation. Par décision ministérielle du 17 mai 1862, on décide alors de relever le plan d’eau par une série de barrages-écluses, qui commandent une succession de biefs. Sur le tronçon de notre secteur d’étude, ce sont les ouvrages de Port Bernalin, Couzon et de l’Ile-Barbe (1867-1879), complétés en 1882 par l’achèvement du barrage de La Mulatière au confluent avec le Rhône (fig.70 p. 353). Ces barrages à aiguilles, construits au fil de l’eau, sont effacés en temps de crue pour faciliter l’écoulement des eaux : les fermettes sont couchées sur le radier de l’ouvrage édifié à 0,2 m au-dessus de l’étiage. Ces ouvrages n’offrent donc pas de possibilité de stockage et n’ont pas de pouvoir d’écrêtement, mais en revanche la présence du radier est à l’origine d’une perte de charge et crée un remous important, estimé à 11 cm pour le barrage de Couzon (Sogreah, 1985).