Si la politique institutionnelle incarnée par les hommes politiques est rejetée largement aujourd’hui, le théâtre politique œcuménique maintient, contrairement au théâtre postpolitique, un certain optimisme quant à la possibilité d’un « vivre ensemble » et d’un débat démocratique au sein de la société. Il entend d’ailleurs y contribuer autant que faire se peut. C’est donc en tant qu’ils font partie de la société civile que les artistes de théâtre vont œuvrer au débat démocratique, précisément en tant que contre-pouvoir, susceptible de critiquer les réalisations accomplies au nom de l’idéal démocratique et républicain hérité de la Révolution Française – mais aussi les manquements à cet idéal. L’existence même d’une société civile présuppose en effet l’existence d’un espace public, et donc d’une vie démocratique. En France, pays de tradition laïque et républicaine, qui renvoie les particularismes identitaires dans la sphère privée, l’espace public est le lieu d’une discussion sur le « bien commun ».
Myriam Revault d'Allonnes, « Rencontre du 21 mai 2001, Dijon », L'assemblée théâtrale, op. cit., p. 7.