2.1.3.2. Une logique de l’archive

Photographier des écrits, photographier des textes

Le cadrage a le plus souvent été effectué sur le support matériel, incluant les bords de l’objet écrit (cahier ou feuille).

L’enjeu de ce choix est d’éviter de réduire ces documents à du texte, et de conserver toute l’information liée à la matérialité graphique de ces écrits. Notons que les jeux d’échelles permis par la photo, en particulier numérique, donnent tout le loisir de recadrer différemment selon les différentes phases de l’analyse. On peut travailler sur ce qui dans ces écrits excède le texte, en se situant soit en deçà de la lisibilité (par le zoom sur des détails), soit au-delà, en regardant la photo comme une image. Ce dernier procédé rend visible par exemple les pliures de certains documents, tel le cahier de Toumani Sanogo, ce qui nous renseigne sur les manipulations de cet objet qu’est le cahier.

Cependant, la lisibilité des textes reste essentielle, et l’échelle privilégiée dans la prise de photographie a été celle de la page ou de la double page. La page est d’ailleurs, nous le verrons dans la partie suivante, une unité pertinente quant aux pratiques d’écriture des scripteurs (cf. infra 3.1.3.2).

La manière dont nous avons photographié les écrits peut être adéquatement décrite en référence au modèle de l’archive, et ce en raison de deux traits de l’utilisation de la photo dans ma recherche : l’attention au support matériel ; l’exhaustivité de la prise et la mise en série d’écrits comparables. Soulignons d’emblée la principale limite de cette métaphore qui est l’absence de publicité de ce corpus, propre à une recherche déterminée.