4.1.6. L’économie dans l’industrie des médias

La communication sociale soutient les affaires et le commerce, contribue à promouvoir la croissance économique, l’emploi et le bien-être, encourage l’amélioration de la qualité des biens et des services existants et le développement de nouveaux, encourage la concurrence responsable au service de l’intérêt public et permet aux personnes de faire des choix raisonnés en les informant sur la disponibilité et les caractéristiques des produits. En somme, le système économique national et international complexe d’aujourd’hui ne pourrait fonctionner sans les médias. Sans eux, des structures économiques fondamentales s’écrouleraient, entraînant de profonds dommages pour les personnes et la société304.

Les informations que fournissent les médias sont tout aussi indispensables à la prise de décisions économiques et personnelles avisées qu'aux bons choix politiques. Il existe un lien étroit entre une presse indépendante et une économie libre et performante. En fait, des études récentes de la Banque mondiale montrent que « la liberté de la presse est indispensable au progrès économique des pays en voie de développement ».

Selon Vincent Porter305, « il est donc fort probable que les intérêts économiques seront déterminants, dans le sens où ils fourniront des limites culturelles au type de produits culturels et informatifs qui peuvent voir le jour dans une société ».

Bref, l’usage que l’on fait des moyens de communication sociale peut avoir des effets positifs ou négatifs. Bien que l’on dise souvent que les « médias font la pluie et le beau temps », il ne s’agit pas de forces aveugles de la nature échappant au contrôle humain. Car même si les actes de communication entraînent souvent des conséquences inattendues, les personnes choisissent toutefois d’utiliser les médias à des fins de bien ou de mal, d’une bonne ou d’une mauvaise façon. Ainsi que l’affirme Mgr Deskur306, l’instrument est bon en tant que tel. Son utilisation et sa finalité sont bonnes en elles-mêmes. Un usage mauvais, une communication qui dégrade le communicateur ou le récepteur est seulement une aliénation ou une profanation de l’instrument. Boullet, de son côté constate que quotidiennement, la masse énorme d’échos de la vie du monde et de l’Eglise déversée par la multitude de médias de tous ordres et de toute importance contribue de façon jamais négligeable à construire ou détruire le service de la vérité et de la qualité de la vie.

Notes
304.

Ethique dans les communications sociales, n° 7.

305.

V. Porter, « Réglementation et transformation de l’hégémonie », dans Médias et communication en Europe, (Sous la dir. de B. Miège), Presses Universitaires de Grenoble, Grenoble, 1990, p. 125- 132.

306.

Les médias. Textes des Eglises, p. 283.