Chapitre 8 section 2 : les agents immobiliers dans les différents sous-marchés

Le schéma qui précède fournit le fond, l'arrière-plan, sur lequel analyser l'influence des agents immobiliers. Leur activité prend en effet appui sur ces subdivisions qui structurent l'organisation marchande de l'espace. En particulier, leur capacité à réorienter des choix de localisation dépend de leur position sur un ou plusieurs sous-marchés, ne serait-ce que parce qu'à cause de la répartition spatiale des affaires qu'ils ont à proposer, mais aussi parce que cela détermine les représentations qu'ils véhiculent. On peut par exemple rappeler cette "hiérarchie inversée" qui était dominante dans l'agence de Villeurbanne où a eu lieu l'observation. Si les grandes lignes de partage de l'agglomération sont bien connues, la position de l'agence à l'intérieur de cette organisation d'ensemble lui impose un référentiel distinct de la vision surplombante à l'échelle du Grand Lyon. De plus, les intermédiaires ne sont pas seulement situés à l'intérieur de ces cadres : ils contribuent également à les reproduire et à les transformer. Analyser leur travail de valorisation des espaces supppose donc de clarifier les rapports entre les agents et ces sous-marchés. Deux grands types d'indicateurs seront retenus pour cela : la localisation des agences qui, à l'échelle de la première couronne, donne une indication de la façon dont sont investis les différents sous-marchés et la répartition des mandats, à partir du questionnaire et des petites annonces, qui permet d'observer sur Lyon (où les densités d'agences sont très importantes) d'éventuels effets de fermeture. Le premier aspect sera également l'occasion de dresser un premier bilan de l'instauration des MLS à la française, dont la logique repose sur la captation de l'offre sur un marché local.