Les acteurs de développement et les humanitaires

À partir de 2004, l’État s’engage à appliquer la politique des Nations Unies en faveur des « Orphelins et Enfants Vulnérables » à travers son ministère.

À Zinder, ces décisions politiques coïncident avec l’arrivée d’ONG intéressées par l’adoption internationale (associations française, italienne et américaine), le parrainage scolaire (association américaine, française, allemande, et réseaux arabo-islamiques implantés au Koweït) ou la prise en charge médicale des « orphelins du sida » (ONG française).

S’ajoutent, indirectement, d’autres acteurs intéressés par l’enfance : les urgentistes66, arrivés pour prendre en charge la malnutrition infantile, en écho à d’autres campagnes menées notamment dans les années 90’ avant de céder les centres de récupération nutritionnelle à l’État. Si leur arrivée ne s’inscrit pas dans une politique en faveur de « l’orphelin », en pratique, ils sont présents dans les trajectoires des enfants rencontrés.

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Ces différentes étapes historiques rendent compte d’une complexification progressive des acteurs en présence. La pluralité des normes accompagne cette configuration. Nous avons décrit ici une succession d’étapes sans éclairer les emprunts, les confrontations ou les négociations des définitions de l’orphelin et des pratiques de sa prise en charge, proposées par les acteurs hétérogènes en présence. Ces différentes logiques font l’objet des parties suivantes, selon un ordre chronologique.

Avant de les décrire minutieusement, présentons brièvement notre méthodologie.

Notes
66.

Le terme « d’urgentiste » est utilisé dans le milieu humanitaire afin de distinguer les intervenants présents dans l’urgence, de ceux venus mettre en place des projets de développement. L’urgence s’applique à des situations, normalement, ponctuelles.