Conclusion de la première partie

Le statut d’« orphelin » se présente donc comme un objet d’étude sensible, nécessitant de s’interroger sur les enjeux qui motivent son affichage et sa dissimulation. Pour se faire, il est nécessaire de multiplier les entrées méthodologiques, afin d’éviter l’étiquetage des enfants au cours du processus de recherche. C’est par cette précaution méthodologique que nous réalisons la rupture épistémologique nécessaire à l’appréhension de la catégorie d’« orphelin » en tant que construction au cœur de politics 95 locales et globales et non comme un statut allant de soi.

L’autre enjeu soulevé par le terrain est celui d’obtenir un rôle rompant avec celui d’anthropologue-bailleur de fonds qui ne permet d’accéder qu’à un premier niveau de discours et de mise en scène. Dans ce but, la configuration développementiste a été intégrée à notre objet d’étude, tout comme la diversité des autres catégories d’acteurs impliqués et installés progressivement à Zinder.

Avant d’analyser la situation contemporaine, marquée par l’introduction de la construction « globale » « d’orphelin et enfant vulnérable », nous proposons de considérer le passé colonial : moment de rencontres conflictuelles et négociées autour de l’orphelinage.

Notes
95.

Rappelons que le terme « politics » décrit ici des ensembles de normes et de pratiques, officielles ou non.