Les archives consultées à Niamey96 contiennent l’arrêté signé par Merlin, le 25 octobre 192197, alors qu’il était Gouverneur Général de l’AOF. Le dernier article de cet arrêté exhorte officiellement les responsables coloniaux à identifier les « pupilles » potentiels.
| Art13. Les Lieutenants – Gouverneurs des colonies du groupe, le Commissaire du Territoire du Niger, le Procureur général, chef du service judiciaire de l’AOF, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté qui sera enregistré, publié et communiqué partout où besoin sera. |
Si la définition du « pupille », en France, comprend les orphelins de mère, au Niger, les victimes de guerre, directes, étaient les pères de famille, envoyés comme « tirailleurs ». Ne sont donc considérés comme « orphelins » que ceux dont le père est mort ou blessé, et à condition que le récit du décès ou de l’incident soit circonstancié.
La responsabilité de l’État vis-à-vis de ses « pupilles », « adoptés », fut soumise à débat, du fait des moyens alloués aux « Comités Locaux » mais aussi du fait de la volonté coloniale de faire appliquer un projet préconçu, en dehors de la réalité locale.
Nous proposons de reconstituer ici les aléas de ce projet « en faveur » des « pupilles » de la colonie du Niger, nous renseignant sur les enjeux qui accompagnent la définition des « orphelins », particuliers, dits « pupilles », et les conflits autour de leur prise en charge.
L’ensemble des archives ici citées sont classées aux Archives Nationales de Niamey, dans le dossier 2h1.1 Colonie du Niger, 1921-1927, Pupilles de la Nation, Réunions du comité, textes et instructions, comptabilité, correspondances avec les cercles. Nous ne citerons aucun nom d’enfants ou de références aux actes d’état civil dans la mesure où les documents archivés attenant à la vie privée sont juridiquement protégées entre 60 et 100 ans. L’identité civile des personnes concernées n’est de toute façon que secondaire pour notre propos.
JO de l’AOF du 5 novembre 1921.