Il semblerait qu’au départ, la dotation monétaire pour les orphelins ait été exprimée en termes de projet solidaire. Les historiens99 proposent une distinction critique entre témoignages volontaires et involontaires pour distinguer la « sincérité » du discours officiel. Il nous semble difficile de distinguer la part d’adhésion véritable des représentants français à un projet, auréolé de valeurs morales, dans les correspondances ou les rapports parcourus. Plus que le ressenti des acteurs sociaux, nous nous intéressons donc ici au registre d’expression du projet de soutien aux Pupilles qui, dans un premier temps, n’est pas explicitement politique.
Les lettres échangées entre le Lieutenant-Colonel Milot, remplaçant le Lieutenant-Gouverneur Joré, et les dames V. et C., conviées à prendre part au Comité Colonial Local des Pupilles de la Nation, semblent en témoigner. Le lieutenant-colonel conclut ainsi sa lettre100 :
‘« Je suis fermement persuadé que vous ne refuserez pas de collaborer à cette œuvre de solidarité qui a pour but de secourir et éventuellement de recueillir les enfants de ceux qui ont si généreusement donné leur vie pour la France ». ’Les deux dames répondent positivement à cette sollicitation.
‘« Monsieur le gouverneur, j’ai l’honneur de vous accuser réception de votre lettre, en réponse de laquelle je m’empresse de vous faire connaître que je participerai très volontiers à l’œuvre si grande que se propose d’élaborer le Comité Local des Pupilles de la Nation (…). Madame V. »101Voir Prost (1996)
Lettre N442M/G/I du 6 décembre 1923
Numéro d’enregistrement de la lettre illisible.