Le premier type d’enfant considéré, parfois en ignorant que le Coran le différencie de « l’orphelin de père »158, est celui qui a perdu sa mère, d’autant plus si le décès se produit avant le sevrage (yaye) de l’enfant. Selon l’UNICEF, en 2000, au Niger, une femme sur sept courait le risque de mourir pour des causes relatives à la maternité.
La santé maternelle a été étudiée par les chercheurs du LASDEL (Olivier de Sardan, Moumouni & Souley 1999). Les causes de mortalité maternelle sont multiples. Elles puisent leurs sources tant dans des mécanismes culturels de traitement de la grossesse et de l’accouchement, que dans les insuffisances des services de santé, en nombre comme en qualité (Moumouni A. & Souley A. 2004 ; Souley 2003).
Le décès des mères, en suites de couche, met en péril la survie de l’enfant, principalement du fait de la disparition d’une ressource nécessaire pour lui : le lait. Si la règle voudrait que la coépouse s’occupe de « l’orphelin de mère », le problème pratique de l’allaitement est à l’origine d’autres choix.
Pour en rendre compte, nous nous appuyons sur les récits d’une cinquantaine de tutrices d’enfants pris en charge au centre de récupération nutritionnelle, installé à Zinder159 pour faire face à la crise alimentaire de 2004-2005 (Koné 2008).
Voir la chanson de Sani Abusa en annexe 7.
Une partie de ce texte a été publié dans le numéro 10 « l’enfant et sa santé », de la revue en ligne Face à Face.