Conclusion de la quatrième partie

Les fabrications de nouvelles normes, entre plusieurs registres, se retrouvent dans toutes les interactions décrites au cours de cette quatrième partie. Les règles de parenté, étudiées en anthropologie pour penser la filiation, sont ici combinées, « transgressées » ou inventées. Elles ne peuvent alors être considérées que comme dynamiques et négociées par les acteurs, tout comme le statut de maraya (« orphelin » au singulier).

Ces manipulations servent d’abord la légitimation de l’intervention des uwa marâyu (« mère des orphelins »), d’acteurs étatiques, d’acteurs extérieurs et des autorités coutumières, quelque peu dépossédées de leur fonction « traditionnelle ».

Mais au-delà, et notamment par le rituel du baptême (sûnà), elles donnent sens, font vivre et réaffirment les principes de solidarité, au nom de la Umma (« la communauté des croyants »), de la « solidarité nationale » ou « d’une humanité solidaire », selon les interlocuteurs.

Plus que des segments de solidarité qui évolueraient sans se rencontrer ou uniquement en se confrontant, le système de prise en charge des « orphelins » de Zinder apparaît ici sous son aspect pluriel mais partagé.

Cette solidarité aux multiples valeurs et enjeux est-elle aujourd’hui mise à mal par la pandémie de VIH/sida ? Les acteurs internationaux agissent envers les « Orphelins et Enfants Vulnérables » pour pallier à l’effondrement présumé des mécanismes de prise en charge, constaté dans d’autres contextes comme nous l’avons vu au cours du chapitre 1. Qu’en est-il à Zinder ?