Se rendre au centre de santé avec ses enfants

Les autres difficultés portent sur des enjeux sociaux relatifs à la préservation de l’anonymat des patients, qui conduisent à un manque de régularité aux rendez-vous. La fréquence des consultations des centres de santé s’accompagne d’un risque de stigmatisation255 pour l’ensemble des enfants, quelque soit leur âge.

L’accompagnement de l’enfant nourrisson est toutefois moins contrôlé par l’entourage que celui d’enfants sevrés. Un enfant allaité est en effet toujours placé au dos de sa mère ou à proximité, jusqu’à ses deux ans, environ. Celui qui a dépassé cet âge et qui marche, est davantage localisé dans le foyer ou à proximité. Il reste auprès des parents ou parentes présents dans la cour ou auprès de ses frères et sœurs ou compagnons du même âge. Plus les enfants grandissent et plus les chances que leur mère se déplace avec eux se raréfient.

Ainsi se posent les enjeux du dépistage pour une mère ayant plusieurs enfants. Se rendre à l’hôpital avec son nourrisson au dos n’éveillera pas les soupçons. Il en serait autrement si elle devait être accompagnée de tous. De ce fait, les femmes expliquent l’impossibilité de faire dépister l’ensemble de la fratrie.

Les déplacements pourraient être fractionnés, répond le chercheur, mais les enfants marchent difficilement sur de longues distances et le coût des taxis et kâbu kâbu (taxi-moto) est trop important. Il nécessiterait l’emprunt à un autre membre du foyer.

À nouveau, est aussi mentionné le risque que les enfants dotés du langage racontent leur rendez-vous médical de retour à la maison.

Notes
255.

Sur la stigmatisation et ses enjeux, dans le contexte du Burkina Faso, voir Ouattara & al. (2004).