Conclusion de la cinquième partie

Au cours de cette partie, nous avons décrit comment un enfant est étiqueté « Orphelin et enfant vulnérable » :

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Rares sont ceux qui se voient attribuer les trois dimensions du statut.

Cela, d’une part, parce que celui-ci recouvre des réalités différentes : celles des « affectés » et des « infectés » et que les acteurs impliqués se répartissent les tâches sur le terrain entre les aspects médicaux et socio-économiques. Le statut médical n’est légalement accessible qu’aux acteurs de santé. Ceux spécialisés dans la prise en charge socioéconomique des enfants « affectés » ne bénéficient alors pas des moyens nécessaires à la mise en corrélation du statut « d’orphelin » et du « VIH/sida ».

D’autre part, cette catégorisation part du principe que le statut « d’OEV » va de soi et qu’il est visible. Les acteurs se confrontent sur le terrain à une appréhension différente de la pandémie et de ses conséquences sur les enfants. Les proches de ces derniers, que nous avons rencontrés, mettent en effet l’accent sur le jeu d’affichage-dissimulation, déjà connu pour les autres situations « d’orphelinage » décrites précédemment.

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En décrivant les « carrières » des enfants au sein des services sanitaires, les tuteurs expliquent que le suivi médical des enfants impose une présence physique tandis que leur ciblage en tant que bénéficiaires économiques peut se faire sans qu’ils soient connus.

Les décalages entre l’expression globale du statut « d’OEV » et ses réappropriations au niveau local, rendus plus explicites par la différence entre

se comprennent par ces enjeux concrets.

Non seulement, le virus est une réalité cachée pour les adultes mais des problèmes se posent particulièrement pour l’identification et la prise en charge des enfants. L’un de ces aspects spécifiques est le risque de la parole de l’enfant qui pourrait ébruiter le secret médical au quotidien.

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Un jeu est donc opéré par les différents acteurs autour de cette catégorie « d’OEV » dont chacun essaye d’obtenir les avantages en mettant de côté les risques. Les acteurs développementistes négocient la catégorie « globale » pour l’adapter aux réalités locales. Ils recrutent alors des enfants relevant d’une autre définition de « l’orphelin », parce qu’ils doivent justifier leur action et recueillir de nouveaux fonds. Les « personnes vivants avec le VIH/Sida » donnent le nom de leurs enfants à inscrire sur les listes « d’OEV » alors qu’elles évitent, pour certaines, les centres de santé en expliquant le décalage existant entre le statut bureaucratique-médical et celui quotidien de l’enfant.

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Il arrive toutefois que les trois aspects contenus dans le statut « d’OEV » : médical, bureaucratique et quotidien soient attribués au même enfant. Cette adéquation, faisant du statut « global » une réalité quotidienne, se donne à voir par la reconstitution de liens de solidarité auprès des enfants pris en charge dans des centres institutionnels. Comme nous l’avons vu, ceux-ci mobilisent en effet l’attention des acteurs représentants les différents segments de solidarité, décrits précédemment pour la prise en charge des enfants « abandonnés ».

C’est aussi le cas pour d’autres enfants, pris dans des liens récréés à partir des statuts de « Personne Vivant avec le VIH » et « d'Orphelin et Enfant Vulnérable ». La catégorie extérieure « d’OEV » devient alors « performative » en contribuant à créer de nouvelles dynamiques quotidiennes.