[Annexes269]
| Types de filiation Constructions de l’orphelin |
Filiation biologique | Filiation « légitimée » religieusement |
Filiation reconnue par l’administration |
Filiation affective recréée | ||||
| Père | Mère | Reconnue | Non reconnue | Reconnue | Non reconnue | Pratiques de prise en charge et de reconnaissance | ||
| « Orphelin de guerre », (période coloniale) | Critère non déterminant | Critère non déterminant | Par comité local des pupilles et juge de paix | |||||
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« Metis » placé en foyer
(période coloniale) |
Père Blanc | Mère dite « indigène » par l’administration coloniale | Selon les pensionnaires | Perception de l’entourage qui parle alors de « bâtard » (shegue) | Reconnaissance de filiation à « un père français inconnu » | Identité du père | Adoption par quelques colons ; prise en charge par pensionnaires « aînés » ; accueil par parents maternels | |
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« Orphelin de père »,
yâtim
en arabe,
maraya
en hausa (constructions contemporaines) |
Connue | Connue | Donne doit à l’héritage | Critère qui distingue « l’orphelin » et « l’enfant illégitime » | Non déterminant officiellement mais peut relever d’une stratégie pour rendre « légitime » un enfant né « hors mariage ». | Prise en charge par les veuves, les parents volontaires et exceptionnellement par les nouveaux conjoints | ||
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« Orphelin de mère »,
maraya (constructions contemporaines) |
La possibilité qu’elle soit mise en doute est mobilisée par certains pour ne pas attribuer le statut « d’orphelin» | Critère déterminant | Essentielle pour distinguer « l’orphelin » de « l’enfant illégitime », selon certains | Non déterminant pour ceux qui utilisent cette construction | Critère non déterminant | Parenté de lait recréée avec la nourrice et ses enfants ou filiation affective avec la tutrice parente ou amie de la défunte. Secret maintenu pour l’enfant devenu « orphelin » en bas-âge. |
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Enfant de mère dite « malade mentale errante » ou
Mahaukàcé, Pourrra être dit « ramassé » : dan suntua (garçon) ou diya suntua (fille) (Construction contemporaine) |
Si la filiation paternelle est inconnue, l’enfant est dit illégitime par ceux qui considèrent la filiation reconnue religieusement comme nécessaire. | Critère déterminant | Dans ce cas, le terme maraya n’est pas utilisé par les proches de l’enfant mais par les acteurs de santé | Dans ce cas, le statut de maraya est contesté par certains, tandis que les tutrices, fonctionnaires et acteurs développementistes l’accordent | La non reconnaissance par les géniteurs permet la recréation d’une filiation affective « protégée » légalement et donc l’effacement de l’histoire originelle de l’enfant | Parentes maternelles peuvent élever l’enfant et se faire appeler uma (« maman ») ; Récréation d’une filiation affective, « protégée » légalement par la dation du nom et l’établissement de pièce d’Etat civil, par les tutrices dites uwa marâyu (« mère des orphelins ») ; Adoption par des européens |
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Enfant « abandonné » dit
dan suntua
pour un garçon ou
diya suntua
pour une fille (construction contemporaine) |
Inconnu | Inconnue | Non reconnue, selon le sens commun, ce qui motive la distinction par certains des marayu et des yan suntua | Permet la recréation d’une filiation affective « protégée » légalement | Récréation d’une filiation affective « protégée » légalement par la dation du nom et l’établissement de pièce d’Etat civil, et religieusement par la menace du Coran. Pratiques des tutrices dites uwa marâyu. Adoption par des européens. Sentiment de filiation exprimé par les enfants rencontrés et informés de leur histoire. |
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« Orphelin » bénéficiaire d’une pension
(construction administrative depuis l’indépendance) |
Connue | Connue | Critère qui n’est pas considéré par l’administration | Critère qui n’exclut pas, à condition que l’enfant ait été reconnu juridiquement comme étant à la charge du défunt | Nécessaire. Validée par les actes d’Etat civil et par le procès-verbal signé par le juge des affaires coutumières | |||
Afin de faciliter la lecture, l’ensemble des annexes a été mis en page en format « paysage ».
Ce tableau tente de synthétiser les critères de filiation considérés pour attribuer le statut « d’orphelin ». Relativement à ce « facteur » filiation, les pratiques d’inclusion et d’exclusion à la catégorie « d’orphelin » sont évoquées, sans exhaustivité, tout comme certains usages et stratégies, décrits dans le corps du texte. En gras, apparaît l’attribut déterminant.