Annexe 9. Fiches des enfants du centre commentées par Hadjia (voir chapitre 6)

Les yan suntua (« ramassés ») de deuxième génération
Genre Age à l’arrivée
situation scolaire ou matrimoniale
Trajectoire décrite par Hadjia
1 garçon
3 filles
Placés en 2006, à 5 ans,
9 ans, 14 ans et 15 ans.
« Le grand-père de la mère des enfants est mon grand oncle, en lignée maternelle.
Elle fut mariée à Niamey où elle décéda après son mari. Je suis allée chercher ses 4 enfants à Niamey ; les parents du mari étant des villageois et les enfants étant scolarisés. »
2 filles mais pas sœurs, arrivées en même temps   « Le fils de mon oncle a été élevé avec moi. Il s’est installé à Zinder avec sa femme tchadienne et la sœur de celle-ci, alors mineure. Quand il est décédé, sa veuve est partie en Arabie Saoudite pour mendier tandis que la sœur est restée et s’occupe de sa nièce. »
2 filles
2 garçons
  « La mère du père des enfants est une de mes cousines. Elle avait vécu dans la maison, du fait de son infirmité (aveugle). Son fils, le père des enfants est né hors mariage et a été élevé dans la maison. Malade mental, il s’est marié à une femme souffrant également de troubles. Les deux sont à l’hôpital. Leurs enfants sont avec moi. Les deux filles vont se marier prochainement. »
Les yan suntua (« ramassés ») de deuxième génération
Genre Age à l’arrivée
situation scolaire ou matrimoniale
Trajectoire décrite par Hadjia
2 filles
Un garçon
Placés en 1994 à 6 ans (au lycée),
2ans (fin collège)
Et 5 ans (lycée)
« La grand-mère maternelle est venue du Nigeria pour s’installer au Niger après avoir divorcée. Elle était seule avec 9 enfants à charge. A son décès, mon père qui connaissait le cas, a récupéré les enfants.
L’un des fils s’est marié et a eu 3 enfants avant de décéder. Je les ai récupérés. »
Fille Placée en 2004 à 6 ans (école) « Sa mère est la sœur du père précédent. Elle a donc été, elle aussi, élevée par mon père. Mariée, elle a eu 8 enfants. Son mari est décédé dans un accident. Quand la mère décéda à son tour la famille du mari récupéra 7 enfants. Je me suis vu confier la garde de la plus jeune fillette. »
Fille
Garçon
Placés à14 ans (école) et à 6 ans, en 2004 « Quand le fils est né son père était décédé depuis 3 mois. Sa mère est décédée 4 mois après. Le père était vendeur d’eau, originaire de Tahoua. Il avait épousé une domestique, recueillie par le passé. Le seul parent possible, la grand-mère paternelle, était trop vieille et habitait au village. » 
3 filles de même mère Placées à 14 ans, à 8 ans et à 2 ans, en 2003 « Une vieille dame malade mentale avait une petite fille, récupérée par mon père. Il l’a mariée. De ce premier mariage, est issue une fille. Au décès de son époux, la mère se remarie et accouche de deux autres enfants. Les parents décèdent tous les deux. De cette femme restent donc 3 orphelins, que j’ai pris en tant que représentante du côté maternel, les familles des maris se trouvant au village pour l’un et étant en rupture pour le deuxième. »
Fille   « Le grand père de la fillette était un ami proche de mon père. Lorsque celui-ci se rendait au Nigeria et, inversement, lorsque l’autre venait à Zinder, ils s’hébergeaient.
Mon père a pris l’un des fils de son ami, pour le scolariser. En grandissant, il se maria et eut une fille. La fillette, avec le temps développa une maladie mentale, ainsi que sa femme. Il mourut. La femme partit se remarier tandis que la fillette resta auprès de moi. »
2 filles Placées à 5 ans et 6 mois, en 2006 « La mère de ces enfants est une déficiente mentale, récupérée enfant par mon père.
Elle devint très proche d’une orpheline (les 9 parents du côté maternel) du même âge. Lorsque celle-ci fut demandée en mariage, la déficiente mentale entra en crise en demandant qu’elle aussi soit mariée.
La famille chercha un prétendant. Le gardien de l’école coranique, qui était sans moyen, accepta de l’épouser. La dot et les deux valises avec 15 complets furent constituées par ma famille. Le mari n’eut donc rien à faire. Les mêmes choses furent remises aux deux filles et le mariage eut lieu le même jour.
Ils partirent au village et la femme mit au monde son premier enfant. Le mari ne pouvant plus supporter les crises de sa femme attendit la fin de la quarantaine, marquant la fin du retour de son épouse chez moi (pour le premier accouchement) pour demander le divorce.
La mère et l’enfant vécurent chez moi le temps que l’enfant soit sevré.
Un homme d’Agadez avait repéré la divorcée alors qu’elle portait les complets de la fin de quarantaine de grossesse. Il la demanda en mariage. La famille lui indiqua qu’elle était déficiente mais il en était très épris. La femme partit en laissant son premier enfant à la mère de son mari. Mais je l’ai récupéré plus tard, en constatant que l’enfant dépérissait.
De ce second mariage naquit un deuxième enfant. Le second mari divorça. La fille revint chez moi avec son nourrisson. Une fois qu’il sera grand, il est probable que le père vienne récupérer l’enfant.
Pour la première, il est possible que la grand-mère maternelle (qui est la seule vivante) accepte de la récupérer. »
1 garçon
1 fille
Placés à 3ans et
1 an, en 2006
« Enfants de même mère mais pas de même père.
Une femme avait été recueillie par mon père. Elle aidait pour les menus travaux. Elle était venue avec une fillette, orpheline de père et de mère. Quand la grand-mère est décédée, la fillette, devenue grande, attendait un enfant hors mariage. Elle est venue s’installer chez moi avec son enfant. Puis elle mit au monde un deuxième enfant, né d’une autre grossesse dite illégitime. Avec mes frères et sœurs on a fait le baptême des enfants, en donnant un prénom de notre père et d’un cousin.
La mère a pu se remarier. Son mari connaît l’histoire. Il a payé une dote de 20 000 FCFA, conformément au prix fixé pour les femmes non vierges. »
Fille Bientôt mariée.
Là depuis 1989
« Fille du marabout de mon père. On l’a prise quand les deux parents sont décédés. » 
2 filles   «  Filles d’une fille « ramassée ». Au décès de son mari, à qui je l’avais mariée, elle s’est remariée. Les enfants sont alors restés avec moi. »
Fille Bientôt mariage « Fille de parents domestiques saisonniers. Parents décédés alors qu’elle avait 3 ans. Quand je me suis rendue au village pour les condoléances, l’enfant m’a été confiée. »
Les « yan suntua » (« ramassés ») de première génération
Genre Age à l’arrivée
situation scolaire ou matrimoniale
Trajectoire décrite par Hadjia
Fillette Enregistrée à quelques mois en 2006 « Née d’une grossesse hors mariage et non reconnue par le père.
La grand-mère de la mère avait divorcé de son mari, quand il développa une cécité et des troubles mentaux, mais en lui laissant leur petite-fille, dont elle avait la charge.
Celle-ci grandit donc auprès du vieillard. Elle était intelligente et entra au collège mais elle tomba en grossesse. On lui demanda de désigner le père, étant mineure. Elle cita une dizaine de garçons ; ce qui la discrédita. Elle désigna le fils d’une personne influente de Zinder. Cette accusation prit de l’ampleur. Des tests biologiques furent effectués pour démentir ses propos. La fille fut mise en prison pour outrage.
Je connaissais l’adolescence qui était une camarade des filles de la maison et venait leur rendre visite. C’est ainsi que j’ai appris son arrestation.
Je me suis présentée au commissariat pour demander à ce que l’enfant me soit confiée en attendant que la mère sorte de prison. Il en fut ainsi. La mère a pu sortir. Sa famille la repoussa et elle se mit à errer dans la ville. L’enfant devint malnutrie. Je les ai conduites au centre de MSF avant de les ramener à la maison. La mère et la fille sont désormais ici en attendant que l’enfant soit sevrée. »
Garçon Placé en 2005 à 5 ans « Mère décédée et père très malade, avec des problèmes pulmonaires et un handicap.
L’enfant fut récupéré après la mort de la mère que j’ai connue par l’intermédiaire d’une élève de l’école coranique. Elle m’avait indiqué le cas de cette femme nécessitant d’être hospitalisée. Je l’avais conduite de Mirriah à l’hôpital où elle est décédée. L’enfant était rentrée avec le père. Mais alors qu’on lui rendait visite, on s’aperçut que l’enfant était très affaibli et le père ruiné par la maladie. J’ai ramené l’enfant. »
Fille Placé en 2003, à six ans « Père décédé en 2002.
L’enfant était chez sa grand-mère paternelle, paralysée. Sa mère s’est remariée. La grand-mère est décédée et m’a demandé de m’en occuper, si la mère ne pouvait pas le faire. L’enfant n’est donc placé que temporairement. »
2 garçons Depuis 2005, scolarisés « Fiche « enfant abandonné chez une autre femme qui garde les orphelins, à l’âge de 3 mois. Le [bailleur] sollicita leur déplacement à l’orphelinat ».
Hadjia explique : « ce sont les enfants d’uwa marâyu .»
Fillette 3 ans, placée en 2003 « Mère et père, marabout, touchés mentalement. La mère vivait chez ses grands-parents après son divorce. Un jour, alors que sa grand-mère s’était rendue au village, la mère était sortie avec son enfant. Les passants l’avaient vue maltraiter la fillette contre un tronc d’arbre. La police était intervenue et avait convoqué les grands-parents. Ceux-ci avaient expliqué leurs difficultés à garder leur petite-fille à la maison et à veiller à ce qu’elle ne maltraite pas l’enfant. Ils demandèrent que l’enfant soit placé ailleurs pour éviter les accès de violence de la mère, envers tous. La mairie a été chargée de trouver un autre lieu. L’enfant m’a été confiée. Les grands- parents peuvent venir rechercher l’enfant à tout moment. »
Fille Arrivée en 2001, à 13 ans « Une femme aveugle est partie au Nigeria pour se faire soigner. Difficile d’emmener la fille avec elle. Depuis 2001, elle n’est pas revenue mais elle peut venir à tout moment. »
2 garçons   « Père nigérien parti au Togo. Il s’est marié là-bas et a eu deux enfants, puis il est mort. Le grand-père maternel a demandé à sa famille de ramener les enfants auprès de leurs parents paternels. La mère est arrivée à Zinder mais n’a pas trouvé ses beaux-parents. Quand son père est tombé malade, elle n’avait toujours pas retrouvé ses parents mais elle était obligée d’aller à son chevet, sans les enfants. Elle a rencontré une assistante sociale qui a placé les enfants ici, en attendant. La mère peut revenir à tout moment. »
garçon En 2007, à quelques mois « Enfant retrouvé dans la rue et confié par la protection de l’enfance. »
garçon   « La grand-mère paternelle en avait la charge pour permettre à sa fille, veuve, de se remarier. Mais la grand-mère est devenue veuve et handicapée. J’ai l’enfant le temps que les parents maternels viennent le récupérer. »
fille   « La mère est malade mentale. La fillette était prise en charge au centre de récupération nutritionnelle. Elle a été placée par l’assistante sociale. Les grands-parents maternels vont venir récupérer l’enfant. »
garçon   « Orphelin de père et de mère qui attend que ses grands-parents paternels viennent le chercher d’Arlitz. »
Garçon   « Orphelin de père et de mère qui attend que sa tante maternelle vienne de Niamey. »