2.3. Déformation de la figure (Ap. 17-18)

La figure de la Femme de Ap. 17 est étroitement liée à celle de Ap. 2 et à celle de Ap. 12 : elle correspond à celle de Ap. 2 et elle est inversée par rapport à celle de Ap. 12. Si la Femme de Ap. 12 n’est que vue, la Femme de Ap. 17 est vue et parlée en même temps :

‘17, 3-18 : Et je vis une Femme assise sur une bête écarlate… Et je vis la Femme ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus. Et, en la voyant, je m’étonnai d’un grand étonnement. Et l’ange me dit : « Pourquoi t’étonner? Moi je dirai à toi le mystère de la Femme … ».’

Ces deux Femmes sont les figures symétriques avec lesquelles Ap. 12 et 17 présentent aussi des organisations inversées au niveau de la composition des séquences : si Ap. 12 est composé d’une vision, d’une parole et encore d’une vision, Ap. 17 est composé d’une parole (v.1-2), d’une vision (v.3-6) et enfin d’une parole (v.7-18) ; si Ap. 12 inscrit la parole d’une voix dans le déploiement des visions comme si la parole était interprétative des visions, Ap. 17 inscrit au contraire la vision entre les paroles de l’ange comme si la vision était référentielle des paroles. Nous pouvons donc supposer que les figures de la Femme sont à la corrélation de la vision, de la parole et l’écriture.

En effet, si le parcours de la Femme de Ap. 12 s’oriente du signe à la figure, la Femme de Ap. 17 concerne une déformation. Observons cette Femme de Ap. 17 à partir des séquences qui font se dérouler les statuts différents :

- Séquence de la 1ère parole : le jugement sur la Prostituée (17, 1-2)

- Séquence de la vision : le couple Femme et Bête (17, 3-6)

- Séquence de la 2e parole : la déformation de la Prostituée (17, 7-18)