BILAN

La rencontre entre l’étude du texte biblique et la sémiotique était un événement par lequel des évolutions sont advenues l’une pour l’autre. De sa théorie et sa méthodologie, la sémiotique est désormais au service de la lecture et de l’interprétation de la Bible. Le lecteur y devient « comme un interprète, engagé en personne dans une expérience où le sens se noue en lui et qui fait sens pour lui 526  ». Cette expérience d’interprétation conduit le lecteur à suivre le chemin de la figure, c’est-à-dire, les parcours figuratifs jusqu’où il est interprétable.

La sémiotique biblique se repose sur la sémiotique générale. Son principe de l’immanence a orienté la sémiotique vers la lecture et l’interprétation. Son principe de la différence des trois niveaux structuraux a conduit à distinguer le figuratif et le thématique en rapport avec la mise en discours et l’énonciation. Posant le problème de la disjonction de ces trois niveaux structuraux, le parcours génératif a servi une représentation d’une théorie d’analyse et il a permis d’affiner le parcours figuratif comme un parcours méthodologique d’analysequi concerne l’accomplissement des figures ou des figures au corps.

La mise en discours des figures s’oriente enfin vers une sémiotique discursive, et à partir de là une théorie de l’énonciation orientée se développe vers l’acte de lecture. La sémiotique discursive nous assure le passage d’un monde à l’autre sans les confondre et faire surgir un sujet d’énonciation dans ce passage. Lire la Bible en sémiotique, c’est une rencontre inattendue de la parole. L’Apocalypse était pour nous un modèle sémiotique, un lieu par excellence de cette rencontre, dans laquelle nous sommes invités à la relation nuptiale et filiale avec Dieu.

Une sémiotique biblique s’opère ainsi à partir de la réflexion sur la composante discursive et son organisation figurative. La mise en discours des figures y est toujours indissociable de l’énonciation dans l’acte de lecture. C’est sans doute là que la question de l’inspiration peut s’ouvrir et que le lecteur est invité à l’écoute de la parole.

Notes
526.

Anne PÉNICAUD, « Vers une lecture figurative de la Bible : les mutations de la sémiotique biblique »… p.399.