1.2. Le besoin de classification

« Classer, au sens strict, veut dire ordonner et organiser des objets en groupes ou ensembles basés sur leurs similarités et rapports » (PLATTS, 1980). Le procès d’élaboration de classifications a été très utilisé dans les sciences, surtout dans les premières étapes de développement des connaissances (MOSLEY, 1987). Goodwin (1999) affirme que « l’évolution des connaissances démarre avec l’observation, et ensuite vient la classification. Après ces deux phases, on construit des lois empiriques et, à la fin, on arrive à une théorie ». Ainsi, la classification est-elle l’étape qui succède à l’observation. Le besoin de classer apparaît quand les résultats des observations deviennent trop complexes ou nombreux, mais aussi quand ces résultats présentent quelques similitudes entre eux, de façon à permettre des regroupements.

Regrouper plusieurs éléments en groupes homogènes est une façon de synthétiser, de simplifier et de « créer de l’ordre dans le chaos » (GOODWIN, 1999). Les classifications sont donc présentes dans toutes les branches de la science. Le tableau des éléments chimiques de Mendeleïev, la taxonomie des êtres vivants, la division des périodes historiques, les différents styles artistiques, les types de particules quantiques sont différents exemples de classification.

Depuis les premières études hydrologiques de Da Vinci et Palissy, au XVIe siècle, les systèmes fluviaux ont été reconnus comme des systèmes très diversifiés et complexes. Avec le développement des études systématiques en hydraulique, hydrologie et géomorphologie au cours du XIXe siècle, la diversité et la complexité des systèmes fluviaux sont devenues plus évidentes. A mesure que les études descriptives sur les cours d’eau se multipliaient, les chercheurs reconnaissaient l’existence de quelques caractéristiques récurrentes entre les différents systèmes étudiés, ce qui ouvrait la possibilité de les regrouper à partir de ces similarités. C’est le début des études de classification fluviale.