a) Classification

Un des termes les plus rencontrés dans la littérature est celui de classification. Pour Kellerhals et al. (1976) « la classification d’un cours d’eau doit être faite par ‘tronçons homogènes’, c’est-à-dire par des segments de chenal (de longueur variable) dans lesquels les conditions hydrologiques, géologiques, et la surface du bassin versant adjacente restent suffisamment uniformes, de façon qu’en résulte un tronçon de cours d’eau avec une morphologie substantiellement uniforme ». A partir de cette définition, on voit que le mot classification est utilisé par Kellerhals et. al. (1996) dans un sens plus général, comme un synonyme de découpage en tronçons homogènes. L’auteur ne fait aucune référence quant au moment où est faite la classification, à un possible ordre des tronçons homogènes ou à la possibilité de récurrence de ces tronçons.

Mosley (1987) présente aussi un concept très ample et en même temps synthétique sur la classification. Selon lui, « la classification, le procès de mettre ordre ou organiser les objets en groupes ou ensembles, basé sur leurs caractéristiques ou rapports, est un outil qui a été utilisé dans pratiquement tous les sciences, particulièrement dans leurs premiers stades de développement ». On voit apparaître dans ce concept la possibilité d’organiser les objets non seulement en fonction de leurs caractéristiques, mais aussi en fonction des rapports existant entre ces objets. Ceci rappelle d’une certaine façon que les systèmes fluviaux sont des systèmes dynamiques, et que cette dynamique doit être incluse dans les efforts de classification.

Pour Naiman et. al. (1992) « le terme ‘classification’ implique que des ensembles d’observations ou caractéristiques peuvent être organisés en groupes expressifs, basés sur des mesures de similitude et différence ». On voit dans ce concept que les auteurs attirent l’attention sur l’expressivité des groupes issus de la classification. Rien ne sert de faire une classification avec une grande quantité de classes si chaque classe rassemble seulement un ou deux éléments ; il est préférable d’élaborer une classification plus simple où les classes ont un poids plus important pour la systématisation des éléments analysés.

Pour leur part, Newson et. al. (1997) ont fait une importante synthèse de l’usage du terme classification. Selon eux, « classification est utilisée comme un terme ample et générique. (…) La classification est la proposition générale de regrouper les entités par similarité ». Cette définition est très résumée et elle ne présente pas de différences considérables par rapport aux définitions précédentes. Les auteurs rappellent cependant l’usage générique du terme classification pour designer toute activité de regroupement d’entités en fonction de caractéristiques communes.

Dans ses travaux sur la sectorisation de cours d’eau, Schmitt (1996, 2001) a présenté une révision conceptuelle des terminologies utilisées dans la littérature géomorphologique. Pour cet auteur, « la classification est l’étape qui succède à la typologie, puisqu’elle consiste à appliquer sur un certain nombre de cours d’eau la typologie préalablement définie. Une classification ne peut pas donc en aucun cas chercher à définir une méthode de segmentation de cours d’eau ». On voit que d’après le concept présenté, la classification ne serait pas un concept très ample et générique, mais une étape de travail bien définie qui viendrait de l’application d’une typologie.