1.4.4. La connaissance de la diversité des systèmes fluviaux

« Un système standardisé de classification des cours d’eau simplifierait la discussion sur le type de chenal, mais jusqu’à présent ce système n’existe pas » (GALAY et al., 1973). Motivés par la quête d’un système de classification susceptible d’une application à tous les cours d’eau, Galay et al. (1973) ont élaboré un travail de classification ayant pour but de « développer les lignes d’un système partiel de classification et d’utiliser une partie de ce système pour illustrer la grande variété des types de cours d’eau qu’on peut trouver dans un pays comme le Canada » (GALAY et al., 1973). Pour ces auteurs, « dans un pays grand et relativement peu aménagé comme le Canada, l’identification des types de cours d’eau a une très grande importance pratique parce que les projets d’ingénierie dans les cours d’eau ont été planifiés à partir de cartes, de photographies aériennes et d’informations de nature climatique. On espère que le système de classification prouvera qu’il est un outil important pour prédire le comportement futur d’un cours d’eau à partir de son apparence ».

Initialement les cours d’eau du Canada ont été découpés, à partir des caractéristiques du chenal, en cinq grandes catégories : 1) de vallée ; 2) à plaine alluviale ; 3) delta ; 4) cône de déjections et 5) lit rocheux irrégulier. En travaillant à l’échelle de ces types de tronçons, les auteurs ont proposé l’analyse de cinq groupes de variables : 1) le régime hydrologique ; 2) le régime des glaciers (ce que ne s’applique pas beaucoup de régions du globe) ; 3) la situation géomorphologique et les processus dominants dans le chenal ; 4) les matériaux et la stabilité du chenal ; 5) les dimensions du chenal et le détail des processus. L’analyse du régime hydrologique et des glaciers donne une idée du fonctionnement hydrologique des cours d’eau au long de l’année. La situation géomorphologique et les processus dominants dans le chenal sont obtenus à partir des cartes topographiques et des photographies aériennes. A partir de ces documents, des observations sont faites sur la morphologie des vallées, des plaines, des chenaux, des dépôts sédimentaires et des processus identifiables. Toutes ces observations sont ultérieurement confirmées sur le terrain, et elles sont classées sur la base d’un protocole d’observations élaboré par les auteurs (GALAY et al., 1973). L’analyse des matériaux du chenal et de sa stabilité a été faite par l’observation des matériaux du fond du lit et des berges, par l’observation de la stabilité du fond du lit et des berges, et par l’observation des matériaux qui entourent le chenal (plaine alluviale, terrasses, dépôts divers). Initialement, ces données ont été déduites des cartes topographiques et des photographies aériennes, et ultérieurement elles ont été confirmées ou corrigées sur le terrain. L’analyse des dimensions du chenal et du détail des processus a été faite directement sur le terrain, où ont été collectées des informations sur la géométrie du chenal (largeur, profondeur, pente, forme de la section en travers), sur les formes de fond (ripples, dunes, etc.), sur le taux de migration du chenal, sur les taux d’aggradation ou de « dégradation » et les taux de transport de fond et en suspension.

La méthode proposée par Galay et al. (1973) privilégie de beaucoup les aspects géomorphologiques pour décrire les tronçons. Pour cette raison, des critiques ont été faites, au motif que ce travail ne constitue pas une classification, mais une caractérisation de cours d’eau, la méthode proposant seulement une description des tronçons fluviaux d’après un ensemble de critères et attributs (MOSLEY, 1987).