a) Inventaire des facteurs de contrôle et délimitation des écorégions :

Le travail a commencé par un long inventaire effectué sur le bassin versant de l’Ivaí. On a essayé de rassembler tous les informations disponibles (documents textuels, cartographiques, séries de données, photos aériennes et images satellitales). Ces matériaux ont été utilisés pour élaborer une description détaillée de tous les aspects naturels et d’occupation du bassin étudié. Ensuite, a débuté le travail de délimitation des écorégions du bassin versant de l’Ivaí. On a fait le choix d’utiliser les écorégions car cette méthode est une alternative d’application facile, peu coûteuse, et qui utilise des variables à une échelle plus générale (NAIMAN et al., 1992). Ceci semble bien s’accorder aux données disponibles pour la réalisation des études fluviales au Brésil.

Selon Bailey (1983), la délimitation des écorégions doit être faite en considérant les « forces sélectives » qui conditionnent les écosystèmes, ce que Harding et Winterbourne (1997) présentent comme les déterminants physiques du fonctionnement des écosystèmes ou facteurs de contrôle. La délimitation des écorégions du bassin versant de l’Ivaí a été faite en retenant les facteurs de contrôle utilisés Harding et Winterbourne (1997) : la géologie, les types de sols, le climat, les précipitations, la végétation originelle et le relief. Les cartes de chacun des facteurs de contrôle du bassin versant de l’Ivaí ont été superposées deux par deux, conformément à la proposition originelle de Harding et Winterbourne (1997) : la géologie a été superposée aux sols, le climat aux précipitations, et la végétation originelle au relief (Figure 11). Suite à ces superpositions, trois cartes de synthèse ont été élaborées. Une fois obtenues, elles ont elles-mêmes été superposées pour donner lieu à une nouvelle carte de synthèse qui est la carte des écorégions. Les endroits où plusieurs limites de facteurs de contrôle se superposaient ont été considérés comme des limites entre des écorégions distinctes ; les endroits où une partie seulement des limites de facteurs de contrôle se superposaient ont été considérés comme des subdivisions d’une même écorégion. A la fin, chaque écorégion a été caractérisée en fonction des facteurs de contrôle qui la déterminent.

Il est important de préciser que la superposition des cartes n’est pas parfaite car les documents cartographiques dont ont été extraites les informations sur les facteurs de contrôle présentent des différences d’échelle et de précision. Il faut être aussi conscient que les limites entre les écorégions ne sont pas des limites franches, mais parfois de larges zones de transition.