d) Étude sur la distribution des puissances de chenal :

La puissance de chenal est l’énergie potentielle dépensée par un cours d’eau lorsque l’eau se déplace au long d’un gradient d’énergie. Le calcul de la puissance est important car elle exprime la capacité que présente un cours d’eau de modifier son lit, de remobiliser et de transporter les sédiments. Pour calculer les puissances brutes et spécifiques, on doit disposer des valeurs de débits de pleins bords, de la pente et de la largeur du lit mineur.

L’étude de la distribution des puissances dans l’Ivaí a commencé par le calcul des débits de pleins bords pour chacune des sections de mesure. Pour ce faire, on a utilisé les séries de débits maximaux annuels de chaque section de mesure. Sur cette série, on a appliqué la loi de probabilités de Gumbel (BRAVARD et PETIT, 2002) pour trouver le débit d’une période de retour de 1,5 an. Dans les cours d’eau sous climat tempéré, le débit de pleins bords a une période de retour de 1,5 an. Du fait de l’inexistence d’informations sur les débits de pleins bords dans chaque section, on a extrapolé cette règle à l’Ivaí, un cours d’eau à la transition du climat subtropical et du climat tropical.

Les valeurs de pente utilisées pour le calcul des puissances ont été extraites du profil en long précédemment élaboré. Comme on ne dispose pas de données très détaillées sur la pente de la ligne d’énergie, on a utilisé la valeur de la pente moyenne du tronçon, cette valeur ne devant pas être très différente en théorie. En ce qui concerne la largeur du lit mineur, on a utilisé les données mises à disposition par la SUDERHSA. Pour certaines sections, la largeur du lit mineur a été mesurée à partir de photos aériennes et d’images satellitales de moyenne et haute résolution spatiale. Pour chaque tronçon situé entre deux stations de mesure, ou entre une station de mesure et une limite de changement de pente, on a établi la largeur minimale et la largeur maximale du lit mineur de façon à pouvoir calculer les puissances spécifiques minimale et maximale.

D’après les résultats, l’axe principal de drainage a été pré-sectorisé en fonction des valeurs de puissance et de leur variation amont-aval, de façon semblable à ce qui a été fait par Bernot et al. (1996) et par Astrade (2005).