Deuxième partie - L’hydrosystème Ivaí et ses facteurs de contrôle

2.1. Le bassin versant de l’Ivaí

Le bassin versant de l’Ivaí (Figure 12) est situé dans la partie sud du territoire brésilien, dans l’Etat du Paraná. Ce bassin versant est, après le bassin versant de l’Iguaçu, le deuxième plus important de l’état ; il occupe une surface de 36 553 km², qui correspond à environ 18 % de la surface de l’état du Paraná.

L’Etat du Paraná a été géomorphologiquement divisé par Maack (1969) en cinq unités : trois plateaux plus la Serra do Mar (chaîne de montagnes côtières), et la plaine côtière (Figure 13). Les limites du bassin versant de l’Ivaí correspondent à d’importantes lignes de partage des eaux de l’Etat du Paraná. La partie méridionale du bassin versant, proche des sources de l’Ivaí, est située sur le 2ème « Plateau Paranaense3 » (MAACK, 1969), et est délimitée par la ligne de partage des eaux placée entre les bassins versants de l’Ivaí et de l’Iguaçu. Cette ligne est orientée ENE et possède des altitudes comprises entre 1 250 m et 1 000 m.

A partir de ce secteur la partie du bassin versant située en rive droite est orientée nord ; elle passe par la Serra dos Dias et la Serra dos Macacos, en direction des monts de la Serra da Ortigueira. Les altitudes oscillent entre 1 000 m et 900 m. A partir des monts de la Serra da Ortigueira, la limite droite du bassin versant s’oriente nord-ouest, en passant encore par la Serra da Ortigueira, et ensuite par les monts de la Serra do Cadeado, jusqu’à la ville d’Apucarana. La Serra do Cadeado est une dénomination locale donnée à l’escarpement qui marque le contact entre le 2ème et le 3ème Plateau Paranaense (MAACK, 1969). En fonction de cet escarpement, les altitudes, très variées, sont comprises entre 800 m et 1 000 m.

Après avoir traversé la ville d’Apucarana, la limite, qui est déjà sur le 3ème Plateau Paranaense, fait une inflexion ver le sud-ouest, et prend cette direction jusqu’à la ville de Jandaia do Sul. Les altitudes sont autour de 800 m. À partir de la ville de Jandaia do Sul, la limite prend la direction nord-ouest et suit la grande ligne de partage des eaux qui va de la ville de Mandaguari à la ville de Paranavaí, en passant par la ville de Maringá. Cette grande ligne de partage des eaux représente le sommet du Plateau d’Apucarana, un des grands blocs du 3ème Plateau Paranaense définis par Maack (1968). Sur ce bloc, les altitudes varient entre 800 m et 500 m.

Figure 12. Le bassin versant de l’Ivaí.
Figure 12. Le bassin versant de l’Ivaí.
Figure 13. Localisation du bassin versant de l’Ivaí par rapport aux unités géomorphologiques de l’Etat du Paraná.
Figure 13. Localisation du bassin versant de l’Ivaí par rapport aux unités géomorphologiques de l’Etat du Paraná.

Ensuite, environ 15 km après la ville de Paranavaí, la limite du bassin versant prend la direction est jusqu’à la ville de Santa Cruz do Monte Castelo. Dans ce secteur, les altitudes varient entre 500 m et 400 m. Depuis la ville de Santa Cruz do Monte Castelo, la limite tourne vers le sud-ouest, en suivant une ligne de hauteurs, l’Espigão dos Caiuás, aux altitudes comprises entre 400 m et 250 m. De là, la limite du bassin versant arrive au Pontal do Tigre, où se trouve la confluence de l’Ivaí et du Paraná.

La limite gauche du bassin versant part du 2ème Plateau Paranaense via les hautes terres de la Serra da Esperança. La Serra da Esperança est la dénomination locale donnée à l’escarpement qui marque le contact entre le 2ème et le 3ème Plateau Paranaenses (Maack, 1969). La ligne de partage des eaux suit la direction préférentielle nord-ouest, en passant par la Serra das Palmeiras jusqu’aux alentours de la ville de Mamborê. Cette ligne de partage des eaux représente le sommet du bloc-plateau de Campo Mourão, un des blocs du 3ème Plateau Paranaense définis par Maack (1968). Sur ce bloc, les altitudes se trouvent entre 1 000 m et 700 m.

A partir de la ville de Mamborê, la limite suit une direction préférentielle nord-ouest jusqu’à la ville de Tapejara, avec des altitudes comprises entre 700 m et 500 m. Après la ville de Tapejara, la limite du bassin versant s’oriente à l’ouest et suit cette direction jusqu’aux alentours de la ville d’Umuarama.

De ce secteur, la limite tourne en direction du nord-ouest et suit la Serra dos Dourados jusqu’au Pontal do Tigre, où se trouve la confluence entre l’Ivaí et le Paraná. Les altitudes décroissent de 450 m, sur la Serra dos Dourados, à 230 m à la confluence.

L’Ivaí, le cours d’eau qui donne son nom au bassin versant, est un important affluent de rive gauche du Paraná. Il s’appelle Ivaí seulement à partir de la confluence des rivières São João et Dos Patos. A partir de ce point, il court sur 680 km (DESTEFANI, 2005) en suivant une direction préférentielle nord-ouest jusqu’au Paraná. Le débit moyen mesuré à la station située la plus en aval (Station de Novo Porto Taquara), à environ 77 km de la confluence avec le Paraná, est de 686,82 m3/s. Le débit maximum mesuré à la même station était de 3 990 m3/s le 04/10/1993. Quant au débit maximum mesuré sur l’Ivaí, il a été enregistré à la Station de Porto Bananeiras avec 6 027 m3/s le 19/09/1983 (HIDROWEB, 2006).

Les chenaux de la Dos Patos et de l’Ivaí, qui forment l’axe principal de drainage, présentent une certaine variabilité morphologique amont-aval (Figures 15 et 16). En général, ils sont sinueux mais cette sinuosité est fortement contrôlée par la structure. Les chenaux présentent aussi d’importantes variations de pente et de largeur du lit mineur, qui seront présentées de façon plus détaillée dans les parties suivantes de ce travail. Dans les derniers 100 km, le chenal de l’Ivaí est longé des deux cotés par une plaine alluviale d’une largeur maximale de 10 km. A certains endroits, cette plaine se trouve à un niveau un peu plus élevé que le chenal ; on pense qu’elle a été créée dans des conditions de drainage qui ne sont pas celles qu’on observe aujourd’hui.

Les paysages du bassin versant sont aussi très variables (Figure 16). On retrouve dans le bassin un important escarpement, des collines avec différentes morphologies (tabulaires, arrondies, plus ou moins élevées), différents types de vallées (plus ou moins fermées), différents types d’usage et d’occupations avec différents degrés d’intensité. Tout ceci forme une complexe mosaïque qui sera étudiée au long de ce travail de recherche.

Figure 14. Localisation des photos prises sur le terrain (Figures 15 et 16).
Figure 14. Localisation des photos prises sur le terrain (Figures 15 et 16).
Figure 15. Vues du chenal de l’Ivaí. A) La Dos Patos à Prudentópolis; B) l’Ivaí à Tereza Cristina; C) l’Ivaí à Ubá do Sul; D) l’Ivaí à Engenheiro Beltrão; E) l’Ivaí à Porto Paraíso do Norte; F) l’Ivaí à Tapira.
Figure 15. Vues du chenal de l’Ivaí. A) La Dos Patos à Prudentópolis; B) l’Ivaí à Tereza Cristina; C) l’Ivaí à Ubá do Sul; D) l’Ivaí à Engenheiro Beltrão; E) l’Ivaí à Porto Paraíso do Norte; F) l’Ivaí à Tapira.
Figure 16. Les différents paysages du bassin de l’Ivaí. G) Vue du 2
Figure 16. Les différents paysages du bassin de l’Ivaí. G) Vue du 2ème Plateau à partir de l’escarpement du 3ème Plateau ; H) vue de la vallée de l’Ivaí proche dans la région de la ville d’Ivaí ; I) L’Ivaí vue du pont de Cândido de Abreu ; J) la vallée de l’Ivaí entre les villes de Jardim Alegre et Grandes Rios ; K) Détail de la vallée et du chenal de l’Ivaí entre les villes de Jardim Alegre et Grandes Rios ; L) vue de la basse vallée de l’Ivaí pendant la crue de janvier 2007.
Notes
3.

Le mot paranense est l’adjéctif correspondant à l’Etat du Paraná, dans la région sud du Brésil. Ce mot sera utilisé au long de cette thèse.