2.6.1. La période exploratoire

Les territoires du continent américain ont été objets de conflits entre les royaumes de Portugal et d’Espagne dans les années qui ont suivi la période des découvertes, à la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle. Dans la partie sud du Brésil, ces conflits ont été intenses, et les frontières entre les deux royaumes ont changé plusieurs fois, soit par la signature d’accords entre les deux parties, soit par la prise de possession des terres vides.

Au début du XVIe siècle, le territoire qui correspond à l’Etat du Paraná était immense et vide, occupé seulement par les populations indigènes autochtones. Malgré cette tranquillité apparente, les royaumes de Portugal et Espagne envoyaient des expéditions de reconnaissance des nouvelles terres à fin de les occuper ultérieurement. En 1524, le portugais Aleixo Garcia organisa une expédition en direction du Pérou afin de trouver la mythique Montagne d’Argent (Potosi). Accompagné par à peu près 2 000 indigènes, ils partirent de São Vicente, port de la côte de l’Etat de São Paulo, en traversant l’intérieur du Paraná par le Chemin de Peabiru. Il s’agissait en fait d’un ensemble de chemins probablement utilisés par les peuples précolombiens qui reliaient les Andes péruviennes au littoral brésilien en passant par l’intérieur de l’Etat du Paraná.

En 1531, une expédition coordonnée par le portugais Pero Lobo partit de la côte de la Cananéia (Etat de São Paulo) et traversa le territoire du Paraná pour arriver jusqu’au fleuve Paraná. Pero Lobo a probablement utilisé le même chemin que Aleixo Garcia, celui de de Peabiru (NOELLI et MOTA, 1999).

Une des expéditions les plus importantes dans l’histoire du Paraná a été celle faite en 1541 par l’Espagnol Álvar Nuñez Cabeza de Vaca. Avec pour objectif de prendre possession des terres vides au profit du royaume d’Espagne, Cabeza de Vaca partit de la côte sud du Brésil (actuel Etat de Santa Catarina), en traversant l’Etat du Paraná dans le sens est-ouest, par le Chemin de Peabiru, en direction de la ville d’Asunción (Paraguay). Pendant cette traversée, Cabeza de Vaca prit des variantes du Chemin de Peabiru, et il visita les vallées de la Tibagi, de l’Iguaçu et de l’Ivaí.

Une autre expédition importante qui ait traversé l’intérieur du territoire du Paraná fut celle de l’allemand Ulrich Schmidel en 1552. Schmidel partit du Paraguay pour aller au port de São Vicente. Le trajet suivi par Schmidel est un peu controversé, mais en tout cas les descriptions qu’il a laissées des tribus indigènes et leurs habitudes ont été d’une grande valeur pour les explorateurs ultérieurs.

D’autres expéditions ont parcouru le territoire du Paraná, mais sans la même préoccupation d’enregistrer en détail les observations faites au long du chemin. Ainsi, les documents et les carnets de voyage des explorateurs cités ci-dessus constituent les témoignages les plus importants sur le territoire du Paraná aux XVe et XVIe siècles.