2.6.3. L’occupation portugaise, le cycle de l’or et le tropeirismo

L’occupation portugaise du territoire du Paraná a commencé par la région côtière, où les mineurs, venus du littoral de l’Etat de São Paulo, s’installaient, attirés par des rumeurs quant à la présence de l’or. Au milieu du XVIIe siècle, ces mineurs ont fondé la première ville sur le territoire du Paraná : la ville de Paranaguá. Peu temps après, quelques mineurs sont partis à la recherche de l’or sur le 1er Plateau, où ils ont fondé un village, Nossa Senhora da Luz e Bom Jesus dos Pinhais, qui ultérieurement a été appelé Curitiba.

L’activité minière dans l’Etat du Paraná n’était pas très rentable car la quantité d’or exploité dans les cours d’eau de la région était limitée. A la fin du XVIIe siècle, une importante zone aurifère a été découverte dans le Brésil central, dans l’Etat de Minas Gerais, ce qui a décalé l’activité minière dans cette direction et mis fin au cycle de l’or dans le Paraná. Dès lors, la ville de Paranaguá s’est mise à vivre seulement de l’agriculture (surtout du manioc), tandis que Curitiba est passé à l’élevage de bétail. Les deux villes échangeaient leurs produits afin d’assurer leur approvisionnement et d’établir un commerce de complémentarité.

Avec l’expansion de l’activité minière au centre du pays, la demande en bêtes pour le transport, l’alimentation et la manufacture d’articles en cuir a augmenté. Les explorateurs paulistes ont organisé des voyages pour prendre des bêtes au sud du pays, principalement dans l’Etat du Rio Grande do Sul et les emmener jusqu’au marché de la ville de Sorocaba, dans l’Etat de São Paulo, qui approvisionnait les zones minières situées plus au nord. C’était l’émergence d’une nouvelle activité : le t ropeirismo.

La ville de Curitiba, placée sur ce trajet, est devenue le point obligatoire de passage et d’arrêt des troupes venues du sud. De cette façon, l’économie de Curitiba s’est déconnectée partiellement du littoral et elle s’est davantage intégrée au commerce avec le Sud et le Centre du pays, et la ville a accru son importance comme centre de peuplement, et comme centre politique et économique du Paraná (Figure 35).

Avec le tropeirismo, l’élevage de bétail est devenu une activité si rentable qu’elle s’est étendue au-delà des environs de Curitiba, en direction du 2ème Plateau. De nouvelles villes ont été créées, comme Campo do Tenente et Castro, et de nouveaux chemins ont été ouverts pour le transport des troupes. Le long de ces chemins, des commerces, des fermes et des villages sont apparus. En 1820, le naturaliste français Auguste de Saint-Hilaire a enregistré dans son carnet de voyages l’importance du tropeirismo pour l’occupation des terres du 2ème Plateau Paranaense (SAINT-HILAIRE, 1995).

Le déclin de l’activité minière au Brésil central a commencé à partir de 1750 mais le cycle économique du tropeirismo a persisté jusqu’à 1870, quand a débuté le système de transport par chemins de fer.

Figure 35. La dynamique d’occupation du territoire du Paraná aux XVII
Figure 35. La dynamique d’occupation du territoire du Paraná aux XVIIe et XVIIIe siècles.