L’influence de la hiérarchie sur le type d’interaction et les activités discursives

Si, en principe, tout type d’interaction est encadré par une ouverture et une clôture, les réunions scoutes se distinguent de ce schéma : dans la majorité des cas analysés, l’ouverture et la clôture se réalisent de façon implicite. Ce manque fréquent d’ouverture et de clôture explicites souligne le caractère souple des rencontres. En revanche, les rares fois où une ouverture est formulée, la réalisation de l’activité discursive est intimement liée au supérieur du groupe. Cette observation montre à quel point l’évènement communicatif dépend du comportement discursif du CP. Lorsque celui-ci éprouve le besoin de diriger le déroulement des réunions scoutes, il essaye de s’imposer. D’un autre côté, le CP peut aussi bien ne pas intervenir et laisser la conversation se dérouler.

Comme, très souvent, aucun programme concret ou précis n’est annoncé au début, les réunions manquent de discussions vraiment sérieuses. Par conséquent, les décisions importantes prises à la fin sont également très rares, voire inexistantes. En général, la fin des réunions est déterminée par l’heure et l’arrivée des parents, et jamais parce que les scouts se seraient mis d’accord sur une résolution. Les quelques passages qui peuvent être interprétés comme des clôtures constituent des appels du supérieur. Cependant, ils restent souvent non commentés et donc sans véritables conséquences, ce qui montre que la hiérarchie elle-même est l’objet de négociations et peut ne pas être respectée. Néanmoins, toutes les ouvertures et clôtures explicites de réunion scoute sont exprimées par un supérieur. Dans cette perspective, ces deux activités discursives constituent non seulement une occasion qui permet au CP de garantir que le cadre scout soit respecté, mais surtout une possibilité pour lui d’insister sur son rôle social.