Rire, disent-ils : Duras caricaturée

Que disent les caricatures ? Plus précisément, que disent-elles sur Duras ? Pourquoi la critique recourt-elle à la caricature, ce genre longtemps confondu avec les manifestations du grotesque ? Si l’oeuvre durassienne prête à l’écriture imitative, le personnage que Duras représente dans le paysage littéraire français prête à la caricature. Parmi les articles de presse écrits sur Duras au fil du temps, nous en avons trouvé onze qui sont accompagnés de caricatures. La plus ancienne dont nous disposons, date de 1970 et accompagne un article de presse qui accueille Abahn Sabana David. Les plus nombreuses dates de 1996, année du passage « vers un autre degré » 1765 de Duras.Quels sont les éléments qui ont inspiré le plus les caricaturistes ? Mis à part les traces que le vieillissement laisse sur le visage aux traits asiatiques de l’écrivain, lorsqu’on dit Duras, on dit lunettes, col roulé et bijoux. C’est l’image de l’écrivain qui est restée à la postérité et qui a été, surprenant ou pas, exploitée le plus par les caricaturistes dans des portraits à charge 1766 . D’abord, il faut noter que toutes les caricatures faites à Duras ne sont pas grotesques. Il y a, par exemple, des caricatures qui font le portrait de l’écrivain, sans trop le déformer, d’autres qui renvoient à la réception de l’œuvre, une caricature qui suggère l’idée d’ambiguïté et une autre qui fait penser à l’image de pythie qu’on attribue à Duras.

Notes
1765.

Marguerite Duras, C’est tout, P.O.L., 1999, p. 60

1766.

Dans la caricature, il convient de distinguer le portrait en charge, qui utilise la déformation physique comme métaphore d’une idée (portrait politique) ou se limite à l’exagération des caractères physiques (portrait d’artistes) et la caricature de situation, dans laquelle des événements réels ou imaginaires mettent en relief les mœurs ou le comportement de certains groupes humains. Quant à Duras, elle fait l’objet des portraits en charge se limitant à l’exagération des caractères physiques.