B. Qu’est-ce que la ville pour le diocèse de Lyon au tournant des années 1940-1950 ?

La croissance urbaine ou, d’une manière plus générale, la présence de la ville est-elle prise en compte comme facteur de changement dans le découpage diocésain et paroissial ? Ou doit-on la considérer comme un impensé ? Les diocèses se posent la question de l’échelle adéquate pour la pastorale dès la fin des années 1940. Ainsi, en avril 1948, le texte final du 63ème Congrès de l’Union des Œuvres qui se tient à Lille évoque les nécessaires conséquences pratiques et territoriales d' « une soumission loyale à la réalité humaine dans le travail apostolique », que le diocèse juge suffisamment importantes pour en faire un encart dans la Semaine religieuse. Le congrès propose « soit [de] dépasser les limites de la paroisse pour une action de quartier, de ville ou de canton, soit [de] reconnaître, à l'intérieur de ces limites mêmes, l'existence de secteurs de vie plus restreints auxquels il faudra donner une âme »112. Qu’en est-il dans les faits ? L’enjeu est en premier lieu de déterminer si la ville est, sinon pensée, au moins visible en tant que telle dès le début des années 1950 dans le découpage religieux du diocèse. La structuration du territoire diocésain recoupe-t-elle les limites de l’agglomération ? Ou le découpage en archiprêtrés relève-t-il d’autres logiques éloignées de l’urbanisation ?

Notes
112.

« Billet spirituel. Pastorale paroissiale », Semaine religieuse du diocèse de Lyon, 23 avril 1948.