Section 3 :
Les réseaux de diffusion de l'information

I/ Les associations d'hygiénistes

Vues par elles-mêmes...

La Société de médecine publique fête ses trente ans

‘« Il suffit de parcourir les tables des matières où sont consignés les milliers de communications et relatés les innombrables sujets traités depuis trente ans par la Société pour se rendre compte combien ses travaux ont largement contribué à favoriser, nous ne craignons même pas de le dire, à déterminer presque tout entier, en France, le mouvement qui s’est produit en faveur de l’hygiène et des études sanitaires. [...] en particulier et parmi tant d’autres sujets qui ne laissent de côté aucune des parties de l’hygiène, notre Société peut se féliciter d’avoir eu un rôle prépondérant dans la réforme de la salubrité des habitations et de l’assainissement des villes, ainsi que dans l’élaboration de notre législation sanitaire et de la lutte contre les maladies évitables.
C’est en effet devant elle que fut évoqué, dès le premier jour, le problème si grave de l’hygiène urbaine. Elle s’inspira tout d’abord de cet admirable livre, devenu classique, que l’un de ses fondateurs, M. de Freycinet, écrivait en 1870, sous le titre de « Principes d’assainissement des villes ». Elle prit ensuite pour guide les travaux de Durand-Claye, de Trélat. Toutes les questions touchant à l’assainissement de Paris et de nos grandes villes, même de nos campagnes, y furent discutées avec un éclat qu’on n’a pas oublié et même avec une passion dont il reste bien quelque écho »2327.’

L'association des hygiénistes municipaux le jour de sa naissance officielle

‘« L’enfant qui va naître est le produit du mariage, oh ! combien légitime ! de l’art de l’ingénieur et de l’architecte et de la science de l’hygiéniste, et ce fruit consacre l’indissolubilité de l’union entre les disciples des Darcy, des Dumont, des Belgrand et des Brulat, et les disciples de Pasteur.
De ses frères allemands, l’un, le Verein des ingénieurs d’eau et de gaz, a quarante-cinq ans, et l’autre, le Verein des hygiénistes, en a trente, et ils comptent respectivement 900 et 1200 membres. Les associations anglaises, très nombreuses, sont au moins aussi âgées ; les américaines ont une vingtaine d’années. Enfin, l’Association russe des ingénieurs de distribution d’eau a dix ans. Il est donc grand temps que les ingénieurs de langue française aient enfin leur groupement : remarquons, toutefois, que nous apportons une idée nouvelle, c’est précisément cette union dont je parlais tout à l’heure des ingénieurs, constructeurs ou exécutants, et des hygiénistes, conseilleurs, et c’est cette union qui, à notre avis, doit être féconde et éminemment profitable à la santé publique [...]
Et puis, si vous n’avez pas hésité à écouter la simple parole de modestes collègues comme nous, c’est que vous êtes tous, non seulement des travailleurs de la salubrité urbaine, mais des apôtres, et avec 350 apôtres on conquiert le monde »2328.’

Presque une décennie plus tard...

‘« Notre Association, qui réunit des hommes essentiellement pratiques, spécialisés dans les questions d'hygiène urbaine et de travaux publics municipaux, ingénieurs, architectes, directeurs de bureaux d'hygiène, industriels, entrepreneurs, etc., a été créée en 1905, à l'imitation d'Associations de même type qui fonctionnaient ailleurs, telles que celle des Municipal and County Engineers de Londres.
Quoique jeune encore, notre Association compte déjà près de 600 membres, qui ont entre eux – outre le lien professionnel, - un autre lien commun, celui de parler la langue française, car ils appartiennent non seulement à la France et à ses Colonies, mais aussi à la Belgique, à la Suisse et au Grand-Duché de Luxembourg; elle compte de plus, dans les autres pays,n quelques membres d'honneur et de nombreux membres correspondants [...]»2329.’

En fait, le secrétaire, lors de l'assemblée générale, dénombre 558 membres dont 471 de pays de langue française et 370 Français.

‘« Une Association montre sa vitalité, sans doute par l'intérêt de son Journal, par ses réunions générales et régionales, par ses Congrès, etc. etc. mais on a aussi une mesure de cette vitalité par l'activité de son secrétariat qu'on peut représenter par le nombre de ses correspondances. La statistique de 1913 montre que, non comprises les convocations aux Congrès et aux Assemblées Générales, il est parti du Secrétariat 1776 correspondances, sur lesquelles 740 sont des avis, reçus de cotisations, etc., les 1036 autres sont des lettres, souvent assez abondantes. Le premier semestre est évidemment le plus chargé et l'on trouve, à ce moment, une moyenne de 9 correspondances par jour dont moitié sont des lettres »2330. ’

L'auto-justification de l'Union des services municipaux

(association issue d'une scission de l'AGIAHM)

‘« On est forcé de reconnaître que les progrès de l’Édilité ont été plus rapides dans les Pays anglo-saxons que partout ailleurs, et parmi les causes de cette supériorité, on doit mettre au premier plan la collaboration ouverte des Savants, des Fonctionnaires et des Industriels.
En France, cette collaboration est moins fréquente. Les Associations qui, par ailleurs, rendent de grands services, n’ont pas pour but de rapprocher ces trois catégories de serviteurs volontaires ou non, des intérêts généraux.
C’est en tendant énergiquement à produire ce rapprochement que l’Union des Services Municipaux Techniques et des Travaux Publics se distinguera, et la même tendance caractérisera l’Édilité Technique, organe de l’Union.
On peut trouver bien vaste le champ ouvert à notre action, et très lourde la tâche que nous assumons. Pour la bien remplir, nous accepterons tous les concours efficaces, et nous sommes assurés de ceux de Savants éminents et d’Industriels qui réunissent une précieuse expérience aux connaissances scientifiques et techniques sans lesquelles on ne saurait traiter les questions qui intéressent l’Édilité Publique.
Nous serons absolument indépendants et nous resterons en dehors de l’influence de toute École, de tout groupement »2331.’

Une nouvelle société voit le jour au moment où l'Union des services municipaux se rapproche de l'AGIAHM

‘« Monsieur et Cher Lecteur,
vous sachant très intéressé par toutes les questions de technique et d’hygiène appliquées aux travaux d’utilité publique, services municipaux et départementaux, etc. nous croyons devoir vous faire connaître la Société que nous venons de fonder pour réaliser, de façon effective et efficace surtout, l’union et la collaboration aussi parfaites que possible, entre tous les Hygiénistes à titres divers.
En effet, l’hygiène, à notre avis, ne se limite pas aux seules questions d’alimentation en eau et d’assainissement : elle s’étend au contraire à toutes les autres branches du domaine technique communal : bâtiments civils, voirie, éclairage public, transports en commun, etc. ; elle doit enfin être pratiquée par tous les Administrateurs Municipaux, Fonctionnaires, Chefs ou Concessionnaires des Services publics, aussi bien que par les Techniciens libres ou Industriels spécialisés dans ces travaux d’utilité publique.
C’est dire que nous n’entendons pas restreindre notre action seulement à l’étude des questions d’hygiène pure, mais au contraire, nous nous efforcerons à en développer les applications dans les villes, et la loi du 15 février 1902 n’aura pas de partisan plus convaincu, d’auxiliaire plus actif, plus désintéressé et plus dévoué que nous.
Nous tenons aussi à déclarer que nous ne voulons nullement nous mettre en opposition avec d’autres groupements plus ou moins similaires ; nous avons eu surtout en vue de les compléter, en travaillant, uniquement, dans l’intérêt général, à la réalisation d’un programme complet, susceptible d’être un véritable trait d’union entre toutes les bonnes volontés »2332.’
Le rebond provoqué par les réunions sanitaires provinciales, mis en graphique par le secrétaire général de la Société de Médecine Publique
Le rebond provoqué par les réunions sanitaires provinciales, mis en graphique par le secrétaire général de la Société de Médecine Publique RHPS, février 1913.
Quand les hygiénistes et techniciens municipaux francophones se comptent...
Quand les hygiénistes et techniciens municipaux francophones se comptent... TSM, août 1916, p. 200.
Notes
2327.

Discours du Dr A-J. Martin à la séance extraordinaire de la Société de Médecine publique et de génie sanitaire du 30e anniversaire de l'association, RHPS, février 1908, p. 130-133.

2328.

Discours d'Edouard Imbeaux, RHPS, décembre 1905, p. 1102-1103.

2329.

G. Bechmann, TSM, mars 1914, p. 54.

2330.

C-H. Regnard, TSM, mai 1914, p. 193.

2331.

L'Edilité technique, n°1, janvier 1908, « Notre programme ».

2332.

L'Edilité technique, juillet 1910.

2333.

RHPS, février 1913.

2334.

TSM, août 1916, p. 200.