1.5/ Le Collegium musicum

À l’origine, le Collegium musicum fut créé par les conseillers municipaux et les bourgeois, désireux de pratiquer la musique en privé. Dès la seconde moitié du XVIe siècle, de nombreuses villes attestent l’existence de tels regroupements d’instrumentistes amateurs, parfois mêlés de professionnels : Nuremberg (1572), Weissenfels (1592), Hanovre (1593), jusqu’au célèbre Collegium musicum de Hambourg (1660), fondé par Matthias Weckmann (1619-1674). Ce dernier Collegium regroupait jusqu’à cinquante musiciens (allemands et italiens).

Leurs occupations étaient multiples. Si beaucoup de musiciens, au sein d’un Collegium musicum, se réunissaient dans une brasserie, taverne ou chez l’un des membres du groupe, ils recherchaient toutefois une pratique raffinée et élégante, plus subtile que celle de la Stadtpfeiferei. Distinction qui laisse entendre une répartition des pratiques musicales en fonction de la catégorie sociale des individus : la Stadtpfeiferei regroupe les couches moyennes, tandis que le Collegium musicum s’adresse aux classes plus aisées.

Ceci dit, pour une grande occasion (mariage important, célébration de Noël par exemple), il n’est pas rare de retrouver dans une église les membres du Collegium musicum jouant aux côtés de la Kantorei et de la Stadtpfeiferei.

Le Collegium musicum peut également être sollicité par un bourgeois désirant organiser un concert privé. Qu’il s’agisse d’un anniversaire, d’une noce, d’une haute réception, d’une réjouissance familiale, les occasions ne manquent pas pour entendre un groupe d’instrumentistes (bien entendu payé par ledit bourgeois).

Alors que cette pratique musicale reste l’apanage des amateurs, elle remplit des fonctions variées dans le foisonnement culturel d’une cité : des églises aux salons, dans l’odeur du cierge ou celle du velours, le Collegium musicum se met à la disposition de ceux qui goûtent aux douces voluptés de l’oreille.

Dans un sens plus large, le Collegium musicum peut également désigner un groupe d’étudiants universitaires qui désirent eux aussi pratiquer de la bonne musique, tant vocale qu’instrumentale.