1.7/ Conclusions

Ainsi, le jeune enfant apprend les rudiments de la musique à l’école. Fondée sur la pratique, cette initiation musicale garantit une solide culture polyphonique (le pain quotidien des bicinia ou des tricinia est bien nourrissant). Églises et cathédrales accueillent alors les Kantorei, sous la direction du même cantor qui intervient habituellement aux côtés du rector.

Au moment de la mue, l’adolescent ne peut plus demeurer dans la chorale liturgique : c’est généralement le moment où l’apprentissage instrumental prend le relais. De nombreux enfants peuvent alors, s’ils le désirent, s’initier au jeu de l’orgue (auprès de l’organiste qu’ils connaissent bien), ou explorer de nouvelles voies (cordes et vents, auprès de musiciens professionnels). Il n’est pas rare que les enfants aient directement reçu les premiers rudiments d’une pratique instrumentale grâce à leurs propres parents (père, oncle ou grand-père). L’enseignement auprès d’un maître agit donc ici comme une période de perfectionnement.

La suite ne dépend que du talent, des envies, et certainement des moyens de chacun. Mais les possibilités restent suffisamment larges.

Un élève spécialement doué sera vite placé sous l’autorité d’un maître reconnu et recherché. Que l’on songe à Samuel Scheidt (1587-1654) qui va étudier l’orgue auprès de Jan Pieterzoon Sweelinck (1562-1621), ou à J.-S. Bach qui va lui-même rencontrer D. Buxtehude pour enrichir sa pratique. Même si ces exemples ne concernent que des compositeurs reconnus, on peut dire que le passage par l’enseignement d’un maître est souvent capital. À l’issue d’une telle formation (dont la durée dépend de nombreux facteurs – celui du paiement étant le plus déterminant), divers postes sont envisageables : organiste, musicien de cour, musicien permanent d’une église ou d’une cathédrale, voire Kapellmeister si l’occasion se présente.

Pour des pratiques moins « officielles », l’amateur de musique peut toujours se retrouver dans une guilde de musiciens, la Stadtpfeiferei, ou cultiver le goût de la bonne musique au sein d’un Collegium musicum.

Ajoutons à ces fonctions toutes celles qui relèvent de la municipalité (Stadtkantor, cantor, directeur d’opéra, chef d’orchestre, sans compter les postes intermédiaires), celles qui sont dans le voisinage immédiat de la cour (« vice-Kapellmeister », appelé « second Kapellmeister »), ainsi que les multiples pratiques populaires largement attestées par les écrits ou les gravures d’époque, et nous constatons que l’exercice de la musique n’est pas une rareté.