2.3/ Balthasar Resinarius (1480-1546)

Avec Balthasar Resinarius, on comprend que la musique luthérienne n’affiche aucune rupture avec les techniques traditionnelles de composition. Cet élève d’Heinrich Isaac le prouve dans son Verleih uns Frieden gnädiglich (voir Exemple 2-2.3, Annexes p. 39)192. Cette composition est bâtie sur un choral déjà présent dans le Geystliches Gesank Buchleyn de Johann Walther, dont le texte n’est autre que l’adaptation allemande de l’Antiphona pro pace, cantique de bénédiction du VIe-VIIe siècle, et dont la musique serait de Luther lui-même.

Ici, les ambitus sont assez restreints : octave pour le soprano et le ténor 1, sixte majeure pour le ténor 2 (à qui échoit la mélodie de choral) ; seule la basse gagne la douzième (sol1-ré3). Le ténor 2 énonce les cinq périodes de la mélodie originale avec quelques notes de passage, et respecte les silences intermédiaires.

À travers ce traitement du choral, nous rencontrons les principes usuels de la composition à cette époque : cantus firmus irriguant toutes les voix (il est même énoncé à toutes les voix – avec transposition à la quinte supérieure – avant d’intervenir au ténor), grande importance accordée à l’imitation, rythmes simples, mouvements en croches conjointes ne dépassant pas la quinte, et cadences à basse tronquée (mes. 12-13 et 23-24).

Notes
192.

Partition : BA3451, p. 92 ; ou BA615, p. 123.