Dans le Volkslied à quatre voix Es wollt ein Jäger jagen, le Kapellmeister de Strasbourg nous montre à quel point l’homorythmie est fermement acquise. La partition (voir Exemple 2-3.4, Annexes p. 59)241 nous montre une mélodie de forme ABB’ (A mes. 1-4, B mes. 5-10, B’ mes. 10-15). Semblant confirmer nos observations antérieures, l’écriture homorythmique appelle des ambitus restreints : octave pour le soprano (do3-do4) et pour le ténor 1 (fa2-fa3), sixte majeure pour le ténor 2 (fa2-ré2), et même la basse – elle qui atteint facilement la onzième – franchit timidement l’octave avec une neuvième majeure (fa1-sol2). Nous retrouvons des silences qui entrecoupent les phrases (mes. 5 et 10), chaque zone est donc clairement délimitée.
Il est manifeste que l’écriture homorythmique, à destination populaire, recherche la concision : forme simple, ambitus limités, silences qui font ressortir la structure.
À ce point de notre étude, nous pouvons dire que Stephan Zirler et Jobst von Brant donnent l’exemple de compositions dans l’esprit de Ludwig Senfl, avec un contrepoint fleuri élaboré – sans toutefois atteindre la complexité du maître. Lorenz Lemlin et Matthias Greiter, eux, participent à l’effort de concision dans le répertoire profane, proche du choral homorythmique mis en avant par Martin Luther et Johann Walther.
Ces deux tendances se retrouvent conjuguées par Caspar Othmayr, le dernier et sans aucun doute le plus fameux des maîtres de Heidelberg.
Partition : BA615, p. 106-107.