4/ Le Christ comme abolition du mal, et symbole de paix éternelle

Voilà un thème particulièrement paulinien. La crucifixion est une mise à mort de la haine ; sur la croix, Dieu fait périr le péché : l’incarnation (Dieu) plaçant dans la chair (Jésus) le remède (l’amour) pour une chair malade et corrompue (l’humanité). Ainsi, Paul s’exprime dans l’Épître aux Éphésiens : « Or voici qu’à présent dans le Christ Jésus, vous qui jadis étiez loin, vous êtes devenus proches, grâce au sang du Christ. Car c’est lui qui est notre paix, lui qui de deux réalités n’a fait qu’une, détruisant la barrière qui les séparait, supprimant en sa chair la haine, cette Loi des préceptes avec ses ordonnances, pour créer en sa personne les deux en un seul Homme Nouveau, faire la paix, et les réconcilier avec Dieu, tous deux en un seul Corps, par la Croix : en sa personne il a tué la Haine » (2 13-16). D’une manière tout à fait originale, Paul conçoit Jésus comme un remède – ou, dirons-nous de manière un peu triviale, Paul invente le concept d’un « Jésus vaccin » inoculé par Dieu : « Ainsi donc, comme la faute d’un seul a entraîné sur tous les hommes une condamnation, de même l’œuvre de justice d’un seul procure à tous une justification qui donne la vie » (Épître aux Romains, 5 18), et surtout : « La loi de l’Esprit qui donne la vie dans le Christ Jésus t’a affranchi de la loi du péché et de la mort. De fait, chose impossible à la Loi, impuissante du fait de la chair, Dieu, en envoyant son propre Fils avec une chair semblable à celle du péché et en vue du péché, a condamné le péché dans la chair » (Épître aux Romains, 8 3). Ainsi, le Christ en croix abolit le péché et la haine, et instaure la paix. Cette vision – toute paulinienne – trouve un écho dans les cantates de Bruhns :