Hans Leo Hassler (voir Planche n°14) est à l’Allemagne du sud ce que Hieronymus Praetorius est à l’Allemagne du nord. Sa manière de conjuguer la tradition germanique et les innovations italiennes font de ce compositeur un digne continuateur de Roland de Lassus.
Issu d’une famille d’organistes (le petit Hans et ses frères Kaspar et Jacob recevront leurs premières leçons d’orgue auprès de leur père Isaak), il quitte l’Allemagne en 1584 pour suivre une formation en Italie, auprès d’Andrea Gabrieli. À ses côtés, le jeune Giovanni assiste aux leçons de son oncle. Ce voyage de quinze mois ne fut pas sans conséquences, comme on peut s’en douter. À son retour en Allemagne, H. L. Hassler est nommé organiste aux grandes orgues de la cathédrale d’Augsbourg (jusqu’en 1601), puis à celles de la Frauenkirche de Nuremberg où il ne se prive pas d’italianiser le répertoire avec des Toccate 479, Canzone et Ricercare 480 aux allures toutes vénitiennes. Ses nominations ultérieures l’amènent à la chapelle privée de Rodolphe II à Prague, puis à celle du prince électeur de Saxe à Dresde (en 1608), poste qu’occupera bientôt un éminent compatriote : Heinrich Schütz.
H. L. Hassler est également intéressant pour l’éclectisme de ses publications dont l’orientation est souvent imposée par le commanditaire : Canzonette (Nuremberg, 1590), Neüe teütsche Gesang nach Art der welschen Madrigalien und Canzonetten (Augsbourg, 1596), Lustgarten newer teutscher Gesäng (Nuremberg, 1601), Psalmen und christlische Gesäng, mit 4 Stimmen auff die Melodeyen fugweiβ componiert (Nuremberg, 1607) bâtis sur des chorals luthériens, et les Sacri Concentus (Augsbourg, 1612).
Même rapidement, il est utile de croiser quelques unes de ses œuvres, afin de mieux saisir les enjeux musicaux en cette fin de XVIe et début du XVIIe siècle.
Introduction avec de longs accords tenus (nombreuses toniques et dominantes), et traits en croches ou doubles-croches conjointes. À certains égards, nous ne sommes pas bien loin non plus de J. P. Sweelinck. La suite se compose souvent d’un rythme récurrent (rythme dactyle par exemple), permettant de joindre de multiples accords. Le final veillera à placer un pédalier imposant.
Aux allures contrapuntiques souvent imitatives, voire fuguées. Thèmes sautillants avec notes répétées le plus souvent.