2.8.5/ Conclusion sur Hans Leo Hassler

La musique d’Hans Leo Hassler s’avère plus riche qu’on ne pourrait le croire. Souvent réduite au célèbre Tanzen und Springen (comme Lassus, finalement vite résumé à sa production profane), son œuvre tend à concilier de multiples tendances qui dépassent très largement une quelconque uniformité de langage.

Ainsi, nous pourrons retenir que ses œuvres profanes sont à haute teneur homorythmique. La radicalisation de l’écriture est alors de mise : syllabisme strict, hégémonie de la cadence parfaite de type 1 ou 2 (les plus sommaires), dont la stabilité est parfois accrue par la quarte et sixte de cadence. Il ne faudrait pas croire que cette austérité affecte le seul répertoire profane : la Missa octo vocum nous montre à quel point Hassler se conforme à l’esthétique tridentine.

Mais, d’un autre côté, Hassler se montre ouvert aux tendances de son temps : ambitus élargis (signes d’une intention expressive), vocalises sur les mots importants, polychoralité, métrique variable (alternances binaire/ternaire), broderies de sensibles très fréquentes, marches harmoniques, cadences plagales comme point final, et surtout chromatisme audacieux, tous ces ingrédients sont la preuve d’un éclectisme évident.

En même temps, Hassler ne renonce pas à une forme de tradition, comme en témoignent ces variations de choral luthérien, le recours à la forme Bar (dans les œuvres profanes), et même les cadences à basse tronquée que l’on peut encore croiser ici et là.

Pour toutes ces raisons, Hans Leo Hassler se positionne bien en compositeur du compromis et de la synthèse. Il est sans conteste l’équivalent germanique de Jan Pieterszoon Sweelinck.