Voilà un musicien du nord de l’Allemagne, au service du comte Anton Günther von Oldenburg entre 1614 et 1618, puis cantor de la Marienkirche de Rostock. C’est dans cette ville qu’il publie son traité Musica Figuralis (1618), sorte de prolongement au Musica Poetica de Joachim Burmeister. Daniel Friderici organise les festivités du bicentenaire de l’université de Rostock, et finit par devenir le Kapellmeister officiel de toutes les églises de la ville.
La publication musicale la plus souvent citée est certainement l’Ersten musicalischen Sträuβlein von schönen wolriechenden Blümlein, so in Venus Garten gewaschen 637 (Lübeck, 1617). Quelques pièces suffisent à nous faire une idée de son langage : Wie lieben sehr im Herzen 638, Ade, ich muβ nun scheiden 639, et Einstmals das Kind Kupido 640. Ces trois pièces présentent un certain nombre d’aspects récurrents : structures bipartites (AB, avec reprises), généralisation de l’homorythmie (les vocalises se font rares), ambitus ne dépassant guère l’octave, nombreuses cadences parfaites de type 1 et 2, présence d’une marche harmonique641, formules rythmiques répétitives (noire pointée – croche – noire dans Wie lieben sehr im Herzen), silences qui entrecoupent les phrases. Tout ceci nous rapproche des répertoires profanes de Roland de Lassus ou d’Hans Leo Hassler, l’audace en moins. Car non seulement nous ne voyons aucune contorsion chromatique, aucune fantaisie harmonique ou toute autre spécificité un peu « moderne », mais nous croisons même quelques archaïsmes plutôt surprenants en cette année 1617 : cadences parfaites de type 3 (avec en enchaînement VII-I-V-I vite repérable avec sa sous-tonique bien modale) dans Wir lieben sehr im Herzen (mes. 17) et Ade, ich muβ nun scheiden (mes. 11-12).
« Premier bouquet musical, composé de fleurs odoriférantes écloses dans le jardin de Vénus ». Tout un programme !
Partition : AM, p. 52.
Ibid., p. 54.
Ibid., p. 56.
Ade, ich muβ nun scheiden, mes. 21 (dernier temps) à 25 : degrés V-I / IV-VII / III-VI / IV-V.