Bon exemple d’une assimilation italienne, Johann Erasmus Kindermann est tout d’abord l’élève de Johann Staden769 avant de poursuivre son éducation musicale à Venise auprès de Cavalli ; on le retrouve également à Rome en 1635 (sans doute élève de Frescobaldi, Carissimi et Merula). Il retourne à Nuremberg en 1636 où il est nommé à la Frauenkirche 770, puis en 1640 à l’Egidienkirche comme premier organiste. Auteur de musique vocale (motets, dialogues et cantates), il s’illustre également dans la composition pour orgue (L’Harmonia organica, 1645, avec vingt-cinq pièces dont quatorze préludes, recueil connu pour être le dernier exemple de tablature imprimée).
Sur un plan vocal, J. E. Kindermann publie l’essentiel de son œuvre pendant la guerre de Trente Ans : Optianischer Orpheus (1642), Concentus Salomonis (1642), Deliciae studiosorum (1643), Canzoni, sonatae, una, duobus, tribus et quatuor violis (1653).
Son écriture reste simple, homorythmique et sans véritable surprise harmonique. Prenons pour exemple Ach Gott, wie oft hab ich gehofft (Exemple 4-3.3, Annexes p. 130)771. Petite forme Bar pour fêter la fin de l’année et le début de la nouvelle, nous n’avons là que de simples accords 5 ou 6, et les traditionnels retards de tierce en fin de phrase. Rien de véritablement surprenant, donc.
Cf. supra , Chapitre IV, 1-1.2.
Georges Guillard le voit second organiste ; voir Guillard, Georges, « Johann Erasmus Kindermann », in : CANTAGREL, Gilles (dir.), Guide de la Musique d’Orgue, Paris, Fayard, coll. « Les indispensables de la Musique », 1991, p. 480. Julie Anne Sadie, elle, le voit basse et violoniste ; voir Sadie, Julie Anne, « Johann Erasmus Kindermann », in : Sadie, Julie Anne (dir.), Guide de la Musique Baroque, op. cit., p. 315.
Partition : BA615, p. 121.