Introduction

‘« (…) Depuis quelques années déjà, à Lyon, comme dans toutes les grandes villes, la circulation est devenue plus intense et la surface dont disposent les véhicules n’est plus en rapport avec leur nombre. Cette disproportion grandit chaque jour. Elle crée un problème très grave par les accidents fréquents et la perte de temps, d’où un ralentissement d’activité dans la cité, qui résulte des embouteillages nombreux. Les solutions à intervenir pour résoudre ce problème de circulation sont de deux sortes : l’extension et la meilleure utilisation de la surface d’encombrement consacrée aux véhicules. Ces deux solutions générales se complètent. Les véhicules se multiplient. Il apparaît bien que d’ici quelques années leur nombre, déjà élevé, sera tel que si parfaitement réglementé que sera leur écoulement, cet écoulement sera trop étroitement canalisé. Il n’est pas moins vrai, par contre, qu’une chaussée très large deviendrait vite insuffisante si une discipline très stricte n’intervenait pas pour assurer l’ordre. (…) »1

Véritable révolution technique au dix-neuvième siècle, l’automobile constitue surtout une transformation sociale, dont les conséquences se déploient tout au long du vingtième siècle. Bouleversant l’environnement des sociétés urbaines, elle implique des interventions d’importance au niveau des autorités publiques. C’est une révolution à laquelle doivent s’adapter les pouvoirs publics, en développant des projets et des codes pour réguler son développement.

Dans les sociétés occidentales, l’automobile naît donc à la fin du dix-neuvième siècle et un système de transport se construit alors autour de ce nouveau mode de locomotion2. A Lyon au début du vingtième siècle, plusieurs centaines de véhicules circulent déjà dans les rues de la ville3. Notre propos ne consiste pas à décrire cette évolution ni les usages de l’automobile en ville. Nous allons plutôt nous attacher à répondre à une question difficile à formaliser, tant pour les responsables locaux, les acteurs des « mondes automobiles »4 que pour les conducteurs d’automobiles eux-mêmes. Il s’agit de savoir qui gouverne l’automobile en ville. Cette question est incertaine, voire même incohérente d’autant plus que personne ne se la pose vraiment. Les pouvoirs publics semblent même éviter ce questionnement puisque aucune attribution claire et précise vient signifier comment, à quel niveau et qui s’occupe de ce domaine d’action et de régulation5. Surtout de leur point de vue, la gestion des enjeux de circulation ou de stationnement apparaît d’une complexité redoutable. Les acteurs privés, qui favorisent le développement de l’automobile, préfèrent souligner l’inaction des pouvoirs publics ou la trop forte emprise de la fiscalité qui contraignent le développement de ce mode de locomotion. Les utilisateurs quant à eux, ne semblent pas non plus se poser ce genre de question lorsqu’ils se dirigent avec leurs véhicules dans les rues des villes. Dans ce cadre, les conducteurs du début du vingtième siècle et ceux du vingt-et-unième siècle se trouvent dans les mêmes dispositions. Ainsi, ces trois catégories d’acteurs participent indirectement et parfois inconsciemment à un système technique, économique et social, qui a permis avec un certain succès le développement de ce mode de locomotion6. Dans notre démarche, qui gouverne la circulation urbaine renvoie donc à l’analyse d’une configuration d’acteurs (locaux), que nous nous sommes efforcé de construire à travers une enquête empirique, basée sur le recueil de sources principalement de première main, sur une problématique et une série de questionnements spécifiques que nous allons présenter.

Ce travail s’articule pour partie autour d’un couple d’acteurs que tout semble opposer, les pouvoirs publics d’un côté et les mondes automobiles de l’autre. C’est entre ces deux pôles que se joue la réponse à la question de savoir qui gouverne l’automobile en ville. Souvent le balancier penche du côté des autorités publiques, parfois il se dirige vers les acteurs privés. On est donc face à une situation complexe si l’on tente de décrire ce système de gestion de l’automobile en ville, qui n’est ni complètement public ni totalement privé.

Sur ce thème du partenariat public-privé7 appliqué aux transports, on peut prendre l’exemple du système de fonctionnement des lignes de chemins de fer en France au dix-neuvième siècle. La construction et l’exploitation des lignes étaient assurées par des entreprises privées, les services de l’Etat étant garant du respect des concessions engagées et des réglementations ferroviaires.

Dans le cadre de l’automobile par contre, ce mode de transport est né en dehors de toute régulation publique, sans impulsion ni soutien direct des pouvoirs publics. Ainsi, globalement et même paradoxalement, on peut dire que la question « automobile » va à la fois être au centre d’une certaine capacité auto-organisatrice8 des acteurs des mondes automobiles9, et ce même dans un pays comme la France parfois très centralisé voire tutélaire sur ce secteur, notamment au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale10. Parallèlement, ces mêmes acteurs vont chercher nécessairement à mettre en place un lien puissant avec les pouvoirs publics11. Cet équilibre toujours fragile entre ces deux perspectives et entre cette capacité d’action ou d’inaction des pouvoirs publics constituera l’un des points d’entrée de notre étude. Il s’agira notamment de s’interroger sur les causes de cette situation problématique en tenant compte de son interférence avec les enjeux plus spécifiquement urbains. Ne pourrait-on pas d’ailleurs émettre l’hypothèse que c’est d’une certaine manière parce que l’automobile conquiert facilement et irréversiblement les villes mais en même temps et surtout d’autres espaces qui la dépassent12, qu’elle se trouve sous l’emprise des pouvoirs publics tout en leur échappant très largement ? Dans ce sens, la question du territoire conquis par l’automobile et très rapidement, voire en même temps, celle de la contestation de cette conquête a déjà fait l’objet d’investigations13. Il faudra alors en filigrane interroger la diffusion de ce mode de transport, à laquelle participent les acteurs privés comme ceux issus de la sphère publique. En même temps, il s’agira d’appréhender les stratégies de maîtrise que mettent en œuvre tour à tour ces deux catégories d’acteurs pour en contrôler le développement14. Dans cette perspective, l’automobile se présente comme l’un des principaux modes d’ouverture de la ville15 sur l’extérieur. En ce sens elle est au centre des échanges avec d’autres territoires. C’est à partir de cette situation que naissent principalement les enjeux si conflictuels de l’accessibilité de la ville16. L’automobile paraît insaisissable pour les pouvoirs publics dans son développement. Dès les années dix, elle dépasse les enjeux de la ville, en particulier en termes d’aménagement urbain (construction de routes, installation d’industries à la périphérie)17.

Par ailleurs avec l’objet « automobile », on touche à des enjeux socio-économiques concernant la capacité individuelle ou collective des personnes de se mouvoir à l’intérieur et à l’extérieur de la ville. Ainsi vont pouvoir être affirmés des besoins et des revendications individuels que tenteront très vite d’additionner des groupes professionnels ou associatifs (clubs, loisirs), voire les pouvoirs publics. A travers les usages automobiles, se joue donc un équilibre conflictuel entre d’une part des individus, qui vont pouvoir exercer et aspirer à leur « liberté », leur passion puis leur besoin de conduire, et d’autre part des associations, des regroupements et des tentatives de catégorisation par les pouvoirs publics de ces individualités hétérogènes et disparates telles que les chauffards, les jeunes, les pilotes, les professionnels. A partir de ces premières catégorisations et des enjeux individuels de la pratique automobile, la capacité de perception pour l’analyste comme pour les acteurs eux-mêmes, d’une action collective semble encore plus subtile que dans d’autres domaines d’action publique18.

Le point de départ de notre enquête s’appuie principalement sur une perspective monographique, même si notre objectif sera d’éviter de faire une simple monographie, c’est-à-dire de ne pas s’enfermer dans une histoire exhaustive et linéaire de la question automobile à Lyon. En ce sens, nous nous efforcerons justement de confronter les échelles d’analyse et les sources. Notre tâche sera facilitée par les enquêtes que nous avons réalisées sur d’autres villes, d’autres associations locales, nationales, internationales, ou professionnelles et au niveau des services étatiques. De même, en assumant ces différences avec une démarche plus classique d’histoire des villes, nous nous efforcerons de tirer des fils thématiques19 en respectant à travers leur exposition une certaine logique chronologique, plutôt que d’offrir un panorama complet de ces questions à Lyon.

Concernant le terrain lyonnais, plusieurs recherches ont déjà été identifiées et fournissent un socle solide de connaissances sur notre objet d’étude. En effet, le contexte lyonnais est déjà connu à travers de nombreux travaux. Nous pouvons déjà mentionner les recherches conduites par Bruno Dumons, Gilles Pollet20 et Pierre-Yves Saunier21, qui portent principalement sur la IIIème République et sur lesquelles nous reviendrons plus en détail. Ces travaux peuvent être complétés par l’utilisation de certaines biographies de Edouard Herriot22 permettant notamment de retracer ses réseaux politiques locaux et nationaux23. Pour la période pradélienne et les Trente Glorieuses, il faut souligner les travaux de Jean Lojkine24, Laurent Sauzay25, ou Sylvie Biarez26. Ces recherches ont déjà mis en évidence les logiques d’un capitalisme d’Etat sur le plan de l’aménagement urbain, l’existence de réseaux locaux ou la structuration du pouvoir local autour notamment de la figure même de Louis Pradel. Enfin une étude réalisée par Bernard Meuret27 peut également être mobilisée notamment pour montrer un exemple voisin de mise en œuvre des politiques municipalistes, à Villeurbanne.

Plusieurs autres champs ou sous champs de recherche sont liés à notre sujet. Nous aurons l’occasion d’emprunter certaines des pistes développées par ces travaux, soit de manière heuristique soit sous forme de sources secondaires. L’histoire des transports28, puis celle de l’automobile29 et celle de l’automobile en ville retiendra notre attention. En France, les travaux de Mathieu Flonneau30, Sabine Barles ou André Guillerme31 font autorité. Pourtant les travaux d’histoire urbaine laissent souvent de côté la question des transports ou de l’automobile32, à tel point que Mathieu Flonneau pose une question redoutable : « Des automobiles roulent-elles en France ? C’est en tout cas la question provocante qu’inspire la lecture de l’Atlas historique des Villes de France 33»34. Du côté des recherches anglo-saxonnes, les travaux ont davantage mis l’accent sur les enjeux de mobilité dans les sociétés contemporaines35 en intégrant plus largement la question urbaine36. Néanmoins, nous pourrons déjà puiser dans les travaux sur les transports parisiens37 à la fois comme grille de compréhension de la question automobile dans les villes françaises et comme point de comparaison avec les autres cas d’étude qui nous occuperont. A Lyon, d’autres travaux situés principalement dans le champ de l’histoire des transports nous permettront de percevoir le positionnement des pouvoirs urbains à l’égard de ce champ d’intervention38.

Mais ce sont principalement les travaux des géographes et urbanistes, s’intéressant plus particulièrement à la question de l’occupation de l’espace, qui ont défini la question de l’automobile comme un objet central. On retrouve cette perspective largement développée chez Gabriel Dupuy39, Vincent Kaufmann40, Jean-Pierre Orfueil41 ou Marc Wiel42. La dimension historique reste présente dans leurs préoccupations bien qu’il s’agisse pour eux principalement d’adopter un regard prospectif. Dans le cas lyonnais, deux thèses de géographie permettent aussi de rassembler de solides connaissances sur les transports à Lyon depuis les années soixante, avec les travaux de Christian Montès43, et de Emmanuel Perrin44, réalisées à partir d’une approche de mise en perspective à visée comparatiste.

En lien avec ces différents travaux, nous nous intéresserons aux formes d’administration et de gouvernement d’une société urbaine en pleine mutation, que ce soit au niveau de ses modes de vie, de ses déplacements ou de la prise en compte de la sécurité. Il s’agira notamment de regarder les capacités de réaction des pouvoirs publics face à une innovation technique, l’automobile, et par rapport aux transformations qu’elle engendre dans la société. Notre interrogation porte donc à la fois sur le « qui gouverne » et le « comment on gouverne ». Nous faisons l’hypothèse, sur un secteur difficile à investir par les pouvoirs publics, celui de la régulation de la circulation automobile, que les pouvoirs urbains gouvernent ce secteur. Ils y parviennent notamment par la mise en place de structures, de modes de faire décisionnels, et d’un système de co-production et de mutualisation de l’expertise para-public et para-municipal. L’organisation de ces lieux d’échanges permet notamment une confrontation entre les pouvoirs publics et les mondes automobiles. Ces perspectives permettent au final de questionner le lien entre les acteurs privés et les acteurs publics évoqué précédemment, à travers la participation des acteurs privés et la place de la société civile dans ce processus de décision.

Dans le cadre d’une sociologie politique des pouvoirs urbains, la question du gouvernement de la circulation urbaine sera organisée autour de deux moments d’analyse. D’une part, nous regarderons la construction, la définition et l’identification d’un problème public, à savoir la question automobile en ville. Cela nous permettra dans un second temps d’analyser plus finement la question de la régulation de ce secteur, c’est-à-dire le gouvernement de la circulation urbaine. Ces deux moments structureront notre démarche pour montrer notamment qu’en fonction d’une certaine présentation, définition ou catégorisation du problème public, on peut repérer une certaine réponse des pouvoirs urbains et donc une manière de gouverner l’automobile, dépendante justement de la définition et de la catégorisation des problèmes publics opérées dans un premier temps. Nous verrons également que si les savoirs développés pour gouverner l’automobile en ville offrent surtout une réponse au problème public, ils contribuent en même temps à le redéfinir et à le construire.

Notes
1.

« Notes sur les divers moyens d’améliorer la circulation dans la ville de Lyon », Rapport AICA / ACR (1925-1928), cf. Bibliothèque des AML 1 C 707 305.

2.

Cf. Bertho Lavenir C., La roue et le stylo, Comment nous sommes devenus touristes, Odile Jacob, Paris, 1999, pp. 157-186.

3.

De cinq automobiles roulant dans le Rhône en 1897 on passe à 308 en 1904, puis à 549 en 1905. Voir le tableau du nombre d’automobiles dans le Rhône en annexe.

4.

Nous reviendrons plus loin sur cette terminologie.

5.

Enjeu que l’on retrouve dans d’autres secteurs d’intervention publique, cf. Favre P., « Qui gouverne quand personne ne gouverne ? », in Favre P., Hayward J. et Schemeil Y. (dir.), Etre gouverné, Etudes en l’honneur de Jean Leca, Presses de Sciences Po, Paris, 2003, pp. 259-271.

6.

Voir sur ce point Garçon A.-F. (dir.), L’automobile, son monde et ses réseaux, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, 1998.

7.

La notion est complexe et ancienne. Dans l’action publique, les partenariats public-privé sont nombreux et diffus. Ainsi « dans les études concernant l’histoire des services publics locaux en France, il est en effet courant de souligner l’ancienneté des processus de coopération entre acteurs publics et privés, voire la pérennité d’une « coproduction » de services publics locaux », cf. Gaudin J.-P., Pourquoi la gouvernance ?, Presses de Sciences Po, Paris, 2002, p. 48.

8.

Avec un grand rôle des intérêts privés (associations, groupes d’intérêt, industriels…), même lorsqu’il s’agit de prendre la place des acteurs publics, que ce soit en matière d’initiatives et de réflexions sur la circulation, sur le stationnement, la place de l’automobile en ville, la sécurité routière, l’éducation des conducteurs, la construction d’infrastructures…

9.

Notamment au cours des débuts de l’industrie automobile française, voir sur cette question Loubet J.-L., L’histoire de l’automobile française, Seuil, Paris, 2001.

10.

Voir sur cette question Sauvy J., L’industrie automobile, PUF, Paris, 1984 ; et Les organismes professionnels de l’automobile, 1896-1979, Comité des Constructeurs Français d’Automobile, Paris, 1998.

11.

Avec entre autres, la création d’infrastructures, ou le soutien implicite mais fort au développement socio-économique de l’automobile.

12.

Cf. Dupuy G., Les territoires de l’automobile, Economica, Paris, 1995, pp. 7-15.

13.

Voir notamment sur cette question pour le cas parisien Flonneau M., L’automobile à la conquête de Paris, 1910 – 1977. Formes urbaines, Champs politiques et Représentations, Thèse d’histoire, Paris I, 2002, pp. 477-504 et pour le cas lyonnais Perrin E., Les territoires de l’automobile, Lyon, Lille et Stuttgart, Thèse de géographie, aménagement et urbanisme, Université Lyon 2, 2004, pp. 689-813.

14.

Notamment sur le plan de l’émergence de préoccupations en matière de sécurité routière ou de stationnement.

15.

Après le train et avant l’avion mais avec sans doute encore plus de réussite.

16.

En particulier pour une ville comme Lyon, dont plusieurs voies de communications convergent vers l’Europe du Nord, l’Europe du Sud, le Massif Central ou les Alpes.

17.

Entretien avec Paul Berliet (27-05-05).

18.

Voir sur ce point Gusfield J. R., « Action collective et problèmes publics » (entretien avec Daniel Céfaï et Danny Trom), in Céfaï D. et Pasquier D. (dir.), Le sens du public, Publics politiques, publics médiatiques, PUF, Paris, 2003, pp. 63-78.

19.

Comme la circulation, le stationnement, la sécurité routière, l’éducation des usagers, l’aménagement des routes…

20.

Cf. Dumons B. et Pollet G. (dir.), Administrer la ville en Europe (XIXe – XXe siècles), Ed. L’Harmattan, Paris, 2003 ; Dumons B., Pollet G., Saunier P.-Y., Les élites municipales sous la Troisième République. Des Villes du Sud-Est de la France, Éditions du CNRS, Paris, 2002 ; et Dumons B. et Pollet G. (dir.), Élites et pouvoirs locaux, La France du Sud-Est sous la Troisième République, Presses Universitaires de Lyon, Lyon, 1999.

21.

Cf. Saunier P.-Y., « Changing the city: urban international information and the Lyon municipality, 1900 – 1940 », Planning perspectives, 14, 1999 ; et « Au service du plan : hommes et structures de l’urbanisme municipal à Lyon au 20ème siècle », in Forma Urbis. Les plans généraux de Lyon, XVIe-XXe siècles, Lyon, Archives Municipales de Lyon, 1997.

22.

Voir parmi d’autres : Grosclaude P., Edouard Herriot, Ecrivain et Homme d’Etat, Editions La Caravelle, Paris, 1933 ; Suarez G., Herriot (1924-1932), Editions Jules Tallandier, Paris, 1930. Voir surtout les travaux de Berstein S., Edouard Herriot ou la République en personne, Fondation Nationale des Sciences Politiques, Paris, 1986 ; et Soulié M., La vie politique d’Edouard Herriot, Armand Colin, Paris, 1962.

23.

Signalons également pour la période du Front Populaire, l’étude de Jean-Luc Pinol : Espace social et espace politique, Lyon à l’époque du Front populaire, Presses Universitaires de Lyon, Lyon, 1980. Voir aussi sur Lyon Pinol J.-L., Les mobilités de la grande ville, Presses de la Fondation Nationale des Sciences Politiques, Paris, 1991.

24.

Cf. Lojkine J., La politique urbaine de la région lyonnaise, 1945 - 1972, Ed. Moutons, Paris, 1974.

25.

Cf. Sauzay L., Louis Pradel, maire de Lyon, Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire, Lyon, 1998.

26.

Cf. Biarez S., Le pouvoir local, Economica, Paris, 1989, dont une grande partie porte sur Lyon.

27.

Cf. Meuret B., Le socialisme municipal, Villeurbanne 1880 – 1982, Presses Universitaires de Lyon, Lyon, 1982.

28.

Et surtout l’histoire de la mobilité, davantage centrée sur les questions des usages et des pratiques que du côté de l’offre ou de la régulation du transport, cf. groupe de recherche ATIP CNRS « Mobilité Passé Présent » (Paris I Paris IV ENPC), et séminaire De l’histoire des transports à l’histoire de la mobilité, organisé à Paris I, Paris IV et l’ENPC depuis 2005 et auquel nous participons.

29.

Le champ français reste pour l’instant davantage orienté du côté de l’industrie automobile et de son économie. Voir notamment sur ce point : Bardou J.-P., Chanaron J.-J., Fridenson P., Laux J. M., La révolution automobile, Albin Michel, Paris, 1977 ; ou Loubet J.-L., 2001, op. cit.

30.

Voir sa thèse L’automobile à la conquête de Paris, 1910 – 1977. Formes urbaines, Champs politiques et Représentations, Thèse d’histoire sous la direction de A. Prost, Paris I, 2002 publié en deux ouvrages : Paris et l’automobile, Un siècle de passions, Hachette, Paris, 2005 et L’automobile à la conquête de Paris, chroniques illustrées, Presses de l’École nationale des Ponts et chaussées, Paris, 2003.

31.

Ils ont surtout traité des enjeux de congestion, voir notamment Barles S., « De l’encombrement à la congestion ou la récurrence des problèmes de circulation urbaine, XIXe-XXe siècle », in Descat, S., Monin, E., Siret, D. (dir.). Le développement durable au regard de l’histoire urbaine, Ecole Nationale Supérieure d’Architecture et du Paysage de Lille, Lille, 2006, pp. 129-143 ; Barles S. et Guillerme A. « Gestion des congestions : Seculum Miserabile », Annales des Ponts et Chaussées, n° 94, 2000, pp. 4-12 ; La congestion urbaine en France (1800-1870), Rapport pour le Plan urbanisme, construction et architecture, MELT, septembre 1998 ; et Guillerme A., « La congestion urbaine : problèmes et solutions dans l’entre-deux-guerres », in Garçon A.-F., L’automobile, son monde et ses réseaux, Presses Universitaires de Rennes, Rennes 1998, pp. 115-134.

32.

En témoigne la tenue des conférences biannuelles de l’association européenne d’histoire urbaine, qui laisse peu de place aux questions de transport en ville dans les panels qu’elle organise.

33.

Publié sous la direction de Pinol Jean-Luc, Centre de Culture Contemporania de Barcelone / Hachette, 1996.

34.

Cf. Flonneau M., 2002, op. cit., p. 4.

35.

Voir Urry J., Sociologie des mobilités, Une nouvelle frontière pour la sociologie ?, Armand Colin, Paris, 2005 ; ou Castells M., La société en réseau, Fayard, Paris, 2008. Pour un point historiographique, on renvoie à l’introduction de Flonneau M. et Guigueno V., in De l’histoire des transports à l’histoire de la mobilité, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, 2009.

36.

Voir notamment McShane C., Down the asphalt path: The automobile and the American city, Columbia University Press, New York, 1994; et Sheller M. and Urry J., “The City and the Car”, International Journal of Urban and Regional Ressearch, vol. 24, n° 4, December 2000, pp. 889-905.

37.

Voir les travaux déjà mentionnés de Mathieu Flonneau et ceux de Arnaud Passalacqua (L’autobus et Paris : souplesse, espace public et mobilité de 1900 aux années 1970, Thèse d’histoire, sous la direction d’André Gueslin, Paris VII, 2009), ou de Jean Orselli (Les usages de la route, circulation et sécurité (1866-2000), Thèse d’histoire sous la direction d’Annie Fourcaut, Paris I, 2009).

38.

On pense ici aux travaux de Harold Mazoyer (thèse de science politique en cours sur l’expertise économique et le métro lyonnais, sous la direction de Gilles Pollet, Lyon 2), Etienne Faugier (thèse d’histoire rurale en cours sur une comparaison entre le Département du Rhône et la Province de Québec concernant l’arrivée et le développement de l’automobile, Lyon 2 et Université de Québec), Thomas Bourelly (thèse d’histoire en cours sur le chemin de fer à Lyon (1830-1937), sous la direction d’Olivier Faron, Paris IV) ou de Florent Montagnon (thèse d’histoire en cours sur le personnel de la compagnie OTL (1890-1970), sous la direction de Sylvie Schweitzer, Lyon 2).

39.

Cf. Dupuy G., La dépendance automobile, Symptômes, analyses, diagnostic, traitements, Économica, Paris, 1999 ; Les territoires de l’automobile, op. cit. ; et L’auto et la ville, Flammarion, Paris, 1994.

40.

Cf. Kaufmann V., Mobilités, fluidités, liberté ?, Publications des Facultés Universitaires de Saint-Louis, Bruxelles, 2004 ; « The automobile and its world », International Journal of Urban and Regional Research, vol. 25, n° 3, 2001, pp. 689-690.

41.

Entre autres : Orfeuil J.-P., L’automobile en questions, Problèmes politiques et sociaux, La documentation Française, Paris, 2001 ; et Je suis l’automobile, Ed. de l’Aube, Paris, 1994.

42.

Cf. Wiel M., Ville et automobile, Descartes et Cie, Paris, 2002 ; et La transition urbaine, ou le passage de la ville pédestre à la ville motorisée, Mardaga, Sprimont, 1999.

43.

Cf. Montès C., Système de transport et système économique en milieu urbain : réflexions sur l’aménagement de l’agglomération lyonnaise de 1960 à 1992, Thèse de géographie, aménagement et urbanisme, Université Lyon 2, 1992 ; et Les transports dans l’aménagement urbain à Lyon, Ed. Géocarrefour, Lyon, 2003. Voir aussi En-quête d’un champ impossible : la géographie historique, Mémoire d’Habilitation à Diriger des Recherches, Université Lyon 2, 27 novembre 2007.

44.

Cf. Perrin E., L’automobile en milieu urbain : genèse et dynamique d’un territoire, Une mise en perspective de l’agglomération lyonnaise avec celles de Lille et de Stuttgart, Thèse de géographie, aménagement et urbanisme, Université Lyon 2, 2004.