Evoquer la présence de l’automobile en ville, c’est préalablement s’interroger sur le lien entre les constructeurs d’automobiles présents sur place et la clientèle locale potentiellement utilisatrice de ce nouveau mode de transport. En effet, aux débuts de l’automobile à la fin du dix-neuvième siècle, il y a surtout des automobiles là où il y a des constructeurs. Et la France, berceau de la civilisation automobile293, en était particulièrement bien dotée. Selon l’Annuaire général de l’automobile de l’année 1898, la France aurait alors compté 719 constructeurs294, dont 327 en Province, suivie, de fort loin, par l’Allemagne (76), la Belgique (63), la Grande-Bretagne (49), l’Italie (26), la Suisse (24), la Hollande (11)295. Ces constructeurs se situaient principalement à Paris296, mais comme Montbéliard, Lyon297 a été un temps une capitale de l’automobile298. Tous les historiens ne sont pas forcément d’accord avec ces chiffres qui ont donné lieu à des polémiques dès leur publication ou presque299. Pour ce qui est de la région lyonnaise, les chiffres ne sont pas non plus très précis, suivant ce que l’on entend par constructeur, équipementier, accessoiriste, motoriste ou fabriquant d’automobiles. Pierre-Lucien Pouzet avance qu’il y a eu jusqu’à 220 marques régionales pour 150 marques lyonnaises300. Parmi les plus connues, citons Berliet, Rochet-Schneider, Pilain, Mieusset, Luc Court, Cottin-Desgouttes.
Ce dynamisme ne dure que quelques années. A la veille du premier conflit mondial, il restait à Lyon encore 56 constructeurs automobiles301. Deux moments restructurent principalement l’industrie automobile lyonnaise302. La Première Guerre Mondiale, à la suite de laquelle les constructeurs lyonnais se réorientent largement vers la construction de camions, d’autobus ou de véhicules spécialisés303. Deux des principales marques lyonnaises, Rochet-Schneider et Berliet, arrêtent respectivement la production de voitures de tourisme en 1931 puis en 1939304. La deuxième transformation de cette industrie lyonnaise intervient avec la Seconde Guerre Mondiale puis la période de reconstruction, où Berliet confirme encore davantage qu’il reste le seul véritable constructeur lyonnais305 en absorbant les dernières marques locales306. Certaines marques deviennent des équipementiers ou des sous-traitants du secteur automobile. Elles font alors partie d’un tissu dense d’entreprises très spécialisées dans cette branche qui emploie dans les années soixante plus du tiers des actifs de la région lyonnaise307 et qui demeure jusqu’à aujourd’hui très importante308.
Mais ces constructeurs ne sont que le point de départ de la chaîne permettant l’utilisation de l’automobile. Plusieurs autres fonctions ou métiers déclinés en divers secteurs et entreprises (équipementiers, carrossiers, accessoiristes, réparateurs, pompistes, assureurs) sont nécessaires au bon fonctionnement du système automobile309. Dès la fin du dix-neuvième siècle, certains maréchaux-ferrants, forgerons, charrons, ferblantiers et autres membres de la chaîne hippomobile se reconvertissent assez rapidement notamment en garages automobiles310. Par la suite, l’activité « garage » se développe à partir de l’ancien système d’équipement du transport par cheval311 mais également sur des bases nouvelles. A Lyon, dès le début du vingtième siècle de nouveaux établissements se développent312. On pense ainsi au garage Lafayette313 et au garage Perrache314 dont il est fait mention dès les premiers numéros de la Revue de l’ACR en 1902 en bénéficiant du patronage du Club. Ce dernier établissement devient plus tard la société SALVEA, filiale de SIMCA, et prospère au point d’implanter plus tard à Lyon l’une des plus grandes stations-service de France en 1959315. Puis comme dans les autres villes françaises, ce sont les enseignes des grandes marques de constructeurs d’automobiles français (Citroën, Peugeot, Renault et Simca) qui implantent localement de grandes concessions. Dans les années trente, deux grands projets de garages verront le jour. En 1930 la société Bollache, Laroque et Cie, concessionnaire Renault dans le 3ème arrondissement « dota la ville de Lyon du garage le plus moderne qui ait été construit en France… et probablement en Europe »316. Il faut aussi mentionner l’emblématique garage Citroën317 des rues de Marseille et de l’Université dans le 7ème arrondissement de Lyon, construit de 1930 à 1932 et comprenant cinq étages318. La propagande Citroën319 insistait sur sa modernité et sur ses dimensions monumentales : « la plus grande station service du monde »320. Plus tard, les concessionnaires chercheront à s’installer plus à la périphérie de la ville centre. C’est le cas de l’implantation du garage Renault après la Seconde Guerre Mondiale, le long de la Route de Vienne en bordure du périphérique Sud. D’autres agences s’installent ensuite dans des communes de la banlieue lyonnaise.
Il faut également revenir ici sur l’implantation de nombreuses stations de distribution de carburants, qui vont progressivement se développer le long de certaines routes de campagne ou rues des villes321. Dans la première moitié du vingtième siècle, elles ne comprennent souvent qu’un poste de distribution322. Elles se regroupent progressivement en grande station service à partir de la Seconde Guerre Mondiale et surtout après les années soixante-dix avec le développement des hypermarchés. De leur côté les assureurs, moins visibles dans notre panorama urbain, ont aussi eu un rôle important dans le développement de l’automobile et surtout plus tard dans le mouvement de prise en compte de la sécurité routière323. Dès ses premières années de fonctionnement, avec la cotisation à l’ACR, une assurance générale est offerte aux membres du Club. De même, certains assureurs locaux sont représentés au sein de l’ACR. Ainsi Joannès Jubin, président de l’ACR en 1942, est directeur d’assurances. Puis dès les années vingt, avec le développement important de la construction de camions et de bus, il faut souligner le rôle des transporteurs324, notamment à Lyon, que ce soit sur le plan du transport de marchandises ou du transport de personnes325. Progressivement dans les campagnes, ce mode transport concurrence véritablement plusieurs lignes de chemin de fer326.
Plus tard aussi, ce sont les auto-écoles qui s’ajoutent à ces mondes de l’automobile. Bien avant la mise en place du code de la route en 1921327 puis surtout après, c’est l’Automobile Club du Rhône qui organise et contrôle la passation des certificats de conduire328 en collaboration avec l’Union Nationale des Associations de tourisme (UNAT)329. Mais, parallèlement au développement de l’automobile et de la circulation, des sociétés privées proposaient déjà des services de véritables auto-écoles. L’auto-école Martin à Lyon s’aventure sur ce nouveau créneau dès 1912330. Les constructeurs automobiles tels que Berliet ou Rochet-Schneider proposent aussi à leurs clients des cours de conduite331. Enfin, toujours du côté de l’équipement du système automobile naissant, la mise en place de panneaux conforte les paysages urbain et rural de la présence de plus en plus importante des automobiles. Les associations telles que le Touring-Club de France, l’Automobile-Club de France ou l’Automobile-Club du Rhône sont très actives au cours de cette étape. Dans la même perspective, ces sociétés encouragent la mise en place de postes de secours de proximité ou de garages relais332. Ces actions sont centrales pour le développement du système automobile : « les bienfaits de notre action s’étendant à tout le territoire : routes, hôtels, refuges en montagne, signalisation de direction et des obstacles, défense des sites et des monuments, navigation côtière et fluviale, hygiène générale, forêts, chemins de fer, photographie, passage des frontières, tourisme cycliste et pédestre, camping (…) »333.
L’importance de ces activités de production et de services, le poids des différents groupes professionnels qu’elles font apparaître est difficile à appréhender. Dans les catégories établies par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lyon, l’ensemble des activités liées à la construction automobile est assimilé aux industries mécaniques ou métallurgiques. Une telle répartition ne nous permet pas toujours d’identifier les différents composants de ces mondes automobiles. Cette agrégation classificatoire symbolise la faible prise en compte de ce nouveau secteur par ce type d’instance, plus orientée vers l’activité des commerçants et des petites entreprises. De fait, aucun des constructeurs d’automobiles lyonnais, n’est membre de la CCI334. Les mondes de l’automobile et des transports se tournent donc vers la constitution de leurs propres syndicats et chambres syndicales. Ainsi plusieurs groupes représentés s’organisent, comme la chambre syndicale des entrepreneurs de transport, la chambre syndicale des négociants en automobile, le syndicat des transports du Rhône, ou la chambre syndicale des camionneurs.
De son côté, le Syndicat lyonnais de l’automobile (ou Chambre syndicale des constructeurs d’automobiles de Lyon) est créé le 11 juin 1906 suite à une réunion provoquée au siège de l’Automobile-Club du Rhône le 30 avril 1906. Ce syndicat, explicitement constitué en référence à la chambre syndicale des constructeurs d’automobiles de Paris, est fondé par les représentants des sociétés Berliet, Luc Court, Pilain, Mieusset, Cottin-Desgouttes, La Buire et Rochet-Schneider. Les statuts en précisent les objectifs :
‘« 1. Développer et consolider entre tous ses membres les sentiments de solidarité et de bonne confraternité et provoquer toute entente concernant les conditions de travailPendant toute la durée d’existence de ce syndicat, Marius Berliet reste le président de cette instance. Elle est dissoute lors de l’assemblée générale du 11 juin 1925 car « pour différentes raisons, imputables aux circonstances, le rôle du Syndicat ne correspond plus depuis longtemps à ce qu’il était permis d’en attendre au moment où sa fondation a été décidée »336. Les intérêts des constructeurs lyonnais se trouvent dès lors confiés aux soins de la chambre syndicale parisienne.
D’autres secteurs d’activités sont également concernés directement par le développement de l’automobile. Ainsi, le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics est mobilisé pour la construction routière et pour certaines infrastructures liées au développement de ce mode de transports (ponts, tunnels, parkings, garages…). C’est un secteur d’activité particulièrement développé à Lyon, structuré autour du syndicat des BTP337, et dont l’activité se reflète notamment pour un temps à travers l’existence de la revue La construction Lyonnaise qui paraît entre 1880 à 1914.
Au-delà de la description de ces mondes et de la mise en avant de leur diversité, essayons à présent de creuser les liens qu’ils entretiennent avec les pouvoirs publics338 et suivons tout d’abord dans ce cadre l’entreprise Berliet. Les archives spécifiques de l’entreprise présentes à la Fondation de l’Automobile Marius Berliet ne nous ont pas permis d’entrevoir des liens explicites entre Marius Berliet, son entreprise, le syndicat lyonnais de l’automobile339 qu’il dirige et les pouvoirs publics locaux. Paul Berliet souligne quant à lui des liens interpersonnels féconds entre son père Marius Berliet et Edouard Herriot et leurs couples jusqu’à la Première Guerre Mondiale340. « Le maire de Lyon, qui à plusieurs reprises, a visité les usines de Vénissieux, est une des rares personnes extérieures à être admises dans l’antre des Berliet »341. Même si Marius Berliet n’a jamais été véritablement admis dans les cercles culturels et politiques locaux, il a essayé de nouer quelques liens avec l’Automobile-Club du Rhône342. La position de l’entreprise, qui connaît un développement industriel et commercial très important dès le début du vingtième siècle, semble s’échouer sur les particularités du territoire institutionnel lyonnais343. Ainsi lorsque l’entreprise cherche à s’agrandir, en sortant du territoire de la ville de Lyon344 et en construisant les usines de Vénissieux345 et de Saint-Priest en 1915, elle dépasse le cadre de l’agglomération lyonnaise pour se situer entre le département du Rhône et celui de l’Isère. Aussi, l’implantation de l’entreprise sur près de 400 hectares346 n’a pas bénéficié d’appui des pouvoirs locaux et posait même plutôt de nouveaux problèmes d’aménagements. Face aux besoins en électricité et en eau, ou en transports (voie ferrée notamment) de l’usine, Marius Berliet se rend vite à l’évidence du choix d’une gestion en interne et autonome347. Il prévoit alors la construction d’un important puits d’eau et facilite la provenance d’électricité de l’usine hydroélectrique de Jonage348 tout en organisant progressivement le transport de son personnel349. De même, très vite, la constitution de filiales l’incite à nouer des relations importantes avec d’autres entreprises de la région. Du fait de la croissance de l’entreprise, il cherche aussi rapidement à conquérir des marchés dans d’autres pays, en Afrique notamment350. Avec son entreprise à dimension internationale351, loin des préoccupations locales, à la fois politiques, culturelles ou urbanistiques, Marius Berliet n’a jamais pu véritablement entrer en interaction avec la scène politique lyonnaise352. Ainsi, de fait, il se trouvait souvent en dehors de Lyon, notamment pour ses déplacements hebdomadaires sur Paris et ses visites dans ses succursales353.
Au-delà des activités économiques qui se développent avec l’automobile, plusieurs associations se constituent pour en accompagner les pratiques et les usages, qu’ils soient touristiques, privés ou professionnels. Elles complètent et prolongent les produits offerts par l’industrie automobile, participent au fonctionnement du système automobile et anticipent sur les actions des pouvoirs publics. En ce sens elles sont au cœur des mondes automobiles.
Cf. Pouzet P.-L., « Notes historiques sur les transports urbains », Rhône-Alpes Gadzarts, n° 150, novembre 1990, p. 17.
Cf. Bardou J.-P., Chanaron J.-J., Fridenson P. et Laux J. M. , 1977, op. cit.
1300 marques d’automobiles françaises sont recensées dans la plaquette de Jacques Rousseau et Philippe Charbonneaux pour l’exposition internationale de l’automobile de 1898 qui rassembla 232 exposants, cf. Lemerle J.-L., Histoire de l’automobile-club de France et de ses hôtels Place de la Concorde, Creare promo, Paris, 1987, p. 93.
Cf. Chanuc L., L’automobile à Bordeaux de 1890 à 1930, Ed. Féret et Fils, Bordeaux, 1979, p. 23.
Cf. Flonneau M., 2005, op. cit.
Cf. Laux J. M., In first gear, The French automobile industry to 1914, Liverpool University Press, Liverpool, 1976, voir notamment pp. 62-67, 169-172, et 186-199.
Cf. « Lyon capitale de l’automobile », Le tout Lyon- Moniteur Judiciaire Réunis, 10-16 juillet 2004.
En témoignent les nombreux articles sur le nombre de constructeurs aux Etats-Unis et en Europe dans les revues automobilistes au début du vingtième siècle.
Cf. Pouzet P.-L., Rochet-Schneider, un grand constructeur d’automobiles à Lyon 1889-1960, Editions Lyonnaises d’Art et d’Histoire, Lyon, 1993, p. 8.
Cf. Pouzet P.-L., La Grande Aventure automobile lyonnaise, op. cit. 73.
Evolutions qu’on retrouve également sur le plan de l’industrie de l’automobile française, cf. Bardou J.-P., Chanaron J.-J., Fridenson P. et Laux J. M. , 1977, op. cit., pp. 113-118 et 199-223.
Cf. Loubet J.-L., Histoire de l’automobile française, Seuil, Paris, 2001, p. 81 et 95.
La dernière voiture de tourisme de Berliet sera la Dauphine.
Cf. Laferrère M., Lyon ville industrielle, Essai de géographie urbaine des techniques et des entreprises, PUF, Paris, 1960, p. 361-399.
Pour le détail des marques, on renvoie ici au tableau sur les constructeurs d’automobiles de Lyon et du Rhône présenté en annexe.
Cf. entretien avec Paul Berliet, le 27 mai 2005. Voir aussi L’industrie automobile en Rhône-Alpes, CRESAL, OREAM Rhône-Alpes, 1976.
Renault Trucks qui a succédé à Renault Véhicules Industriels (anciennement Berliet) reste encore aujourd’hui le premier employeur privé de l’agglomération lyonnaise.
Cf. Orfeuil J.-P., Je suis l’automobile, Editions de l’Aube, Paris, 1994.
Cf. Faugier E., L’introduction du système automobile et ses impacts sur les campagnes du département du Rhône entre 1900 et 1939, Mémoire de Master 2 d’Histoire contemporaine, Université Lyon 2, 2007, pp. 79-80 et 87-90.
Les écuries se transforment en garages et en remises pour voitures, l’outillage évolue. L’hôtellerie se transforme donc également avec le développement de l’automobile et une nouvelle forme de tourisme apparaît, voir Chanuc L., op. cit., 1979, pp. 152-161.
Sur ce point consulter l’Annual Baudry de Saunier de 1906 et 1908 et l’Annuaire de l’Industrie vélocipédique et automobile en France, 1907, Noisy-le-Sec.
Gautheron et Mougins, 146, Avenue de Saxe.
Ailloud et Dumond, 9, rue Duhamel.
Cf. « Une station-service ultra moderne installée par la Société SHELL et la Société SALVEA-SIMCA », Technica, mai 1959, n° 232, art p. 10 et 11.
Selon la nouvelle Revue automobile de janvier 1930, cité par Pouzet P.-L., 2006, op. cit., p. 202. Ce garage, constitué de neuf étages et délimité par l’Avenue du Maréchal-de-Saxe, les rues Bonnel, Vendôme et Le Royer, est aujourd’hui transformé en hôtel (Hôtel Mercure Saxe Lafayette et le restaurant Le garage).
C’est la deuxième succursale de Citroën à Lyon, cf. Angleraud B. et Pellissier C., Les dynasties lyonnaises, Des Morins-Pons aux Mérieux, du XIXe siècle à nos jours, Ed. Perrin, Paris, 2003, p. 233.
Récemment réhabilité et inscrit depuis 1992 au registre des monuments historiques.
Voir sur ce point Smith P., « La Société anonyme André Citroën : architectures d’un réseau commercial », in Garçon A.-F. (dir.), 1998, op. cit., pp. 31-45.
Ibid., p. 44.
Cf. Faugier E., 2007, op. cit., pp. 79-80.
Voir tableau des postes de distribution d’essence dans le Rhône présenté en annexe.
Voir sur ce point l’étude classique de Ewald F., L’accident nous attend au coin de la rue. Les accidents de la circulation, Histoire d’un problème, La Documentation française, Paris, 1982.
Voir notamment Arrivetz J., Histoire des transports à Lyon, 1966 ; et Annuaire – Indicateur des transports à Lyon, Publications Pierre Saubiez, Lyon, 1949, cf. Bibliothèque des AML 1 C 5428 et 1 C 500 887.
Voir les nombreuses discussions et délibérations en Conseil Général du Rhône sur les demandes de concessions de lignes de bus inter-urbaines, départementales et interdépartementales, notamment à partir des années 1920. La gestion de l’attribution et du fonctionnement de ces lignes, scolaires pour certaines, sera d’ailleurs l’activité principale du Comité technique départemental des transports créé le 7 novembre 1935.
Cf. Faugier E., 2007, op. cit., p. 86 et 87.
Voir Orselli J., « Aux origines du code de la route (1842-1921) », Pour Mémoire, n° 1, novembre 2006, pp. 32-44.
Comme l’ACR, d’autres automobile-clubs sont invités à participer à cette activité, tel l’Automobile-Club du Sud-Ouest : « c’est une décision ministérielle du 6 juillet 1906 qui autorise l’ACB à délivrer les brevets de chauffeurs, décision confirmée quelques années plus tard en 1925. L’ACSO délivrait ainsi 22 000 Permis de Conduire en 1929, 26 000 en 1952 et 29 000 en 1960, avant que la réglementation ne change et que ce service ne puisse plus être assuré à partir de 1962 », cf. 100 ans de l’Automobile-Club du Sud Ouest 1897-1997, 33 Impression, 1997, p. 20, Bibliothèque des AMB V – b 759.
« Les examinateurs sont nommés par M. le Ministre des Travaux Publics sur la proposition de l’UNAT (Union Nationale des Associations de Tourisme). Les candidats doivent se présenter personnellement munis de leur propre permis et de leurs références, au Directeur du Service des Examens de l’UNAT, 7, rue Pérignon à Paris, qui les reçoit, réunit les éléments d’appréciation et transmet le dossier au 1er bureau de la Direction du Personnel du Ministère des Travaux publics. », cf. Note pour M. Cado du 20 avril 1934 (3ème Bureau/Permis de conduire/Nomination aux postes d’examinateur), AN 1994 0495 ART 22.
Cf. Pouzet P.-L., 2006, op. cit., p. 219.
Berliet crée une école de chauffeurs dans son usine en août 1906 : « Une heureuse initiative », Revue de l’ACR, août 1906, n° 5, p. 233 ; et Angleraud B. et Pellissier C., 2003, op. cit., p. 163.
Mais ces services concernent davantage les campagnes environnantes plutôt que les villes mieux dotées pour ce type de service.
Cf. Lettre pour les vœux du président Edmond Chaix dans le n° 410 de janvier 1929 de la Revue du Touring-Club de France.
Pas plus qu’ils ne fréquentent certains cercles mondains lyonnais, comme le Cercle de l’Union, cf. Angleraud B. et Pellissier C., 2003, op. cit., p. 581 et 506.
Archives de la Fondation de l’automobile M. Berliet, S. 003, dossier thématique R.A, « Chambre syndicale des constructeurs d’Automobiles de Lyon ».
Idem.
Dont le siège est à Villeurbanne, voir notamment sur l’histoire de ce syndicat : Robert F., Genèse d’un syndicat professionnel, 1863-1939, cent quarantième anniversaire de BTP Rhône, Média Conseil Communication EMCC, Lyon, 2003.
Cf. Angleraud B. et Pellissier C., 2003, op. cit., pp. 564-579.
Fondée le 11 juin 1906 et transformée en 1913 en Chambre syndicale des constructeurs d’automobiles de Lyon, Archives de la Fondation de l’automobile M. Berliet, S. 003, dossier thématique R.A. « Chambre syndicale des constructeurs d’Automobiles de Lyon ».
Au moins un repas par semaine entre les deux couples plus l’activité caritative des deux femmes dans l’hôpital d’Esquirol, situé dans le 3ème arrondissement de Lyon, tout près de la villa familiale des Berliet dans le quartier de Montchat, cf. entretien avec Paul Berliet, le 27 mai 2005.
Cf. Angleraud B. et Pellissier C., 2003, op. cit., p. 579.
Il devient notamment plus actif en faisant partie de la Commission Technique de l’Automobile-Club du Rhône dans les années dix puis dans les années trente. Voir sur ce point notre deuxième chapitre.
Ce qui ne constitue d’ailleurs pas un cas isolé dans la structuration du tissu industriel de la région lyonnaise, cf. Lojkine Jean, La politique urbaine de la région lyonnais 1945-1975, Mouton, Paris, 1974, p. 137.
Où elle était implantée dans le quartier de Monplaisir, dans le 8ème arrondissement (aujourd’hui à l’angle des rues Audibert-Lavirotte et Marius Berliet, à la place du garage Ford) tout en gardant d’ailleurs cet emplacement.
Appelé plus tard, le « Détroit Lyonnais », cf. Angleraud B. et Pellissier C., 2003, op. cit., p. 233.
Cf. Muron L., Marius Berliet, Ed. LUGD, Lyon, 1995, p. 58.
Cf. Bardou J.-P., Chanaron J.-J., Fridenson P. et Laux J. M. , 1977, op. cit., p. 92.
Cf. entretien avec Paul Berliet, le 27 mai 2005.
Sur le plan de l’implantation et de l’agrandissement des entreprises, le rôle des pouvoirs publics en terme d’aménagement urbain a considérablement changé depuis cette période. Sur ces relations entre entreprises et pouvoirs locaux, voir la thèse de Rachel Linossier, La territorialisation de la régulation économique dans l’agglomération lyonnaise, Thèse de Géographie, Lyon 2, 2006.
Cf. Loubet J.-L., 2001, op. cit., p. 346-347.
Cf. Loubet J.-L. (études présentées par), L’industrie automobile 1905-1971, Librairie Droz, Genève, 1999, Collection « Archives économiques du Crédit Lyonnais », p. 368-373.
Marius Berliet « n’a jamais fait partie des grandes familles lyonnaises, de celles qui avaient la main sur la ville et y faisaient la vie politique, l’économie et la culture. Ne cherchant absolument pas à s’y agréger et ne fréquentant pas le sérail, où il n’a jamais véritablement été admis, ni les cercles où se retrouvait une bourgeoisie lyonnaise agissante, il était resté étranger à ce monde régnant sur la cité. », cf. Pouzet P.-L., 2006, op. cit., p. 221. « Marius Berliet ne goûte pas aux mondanités, qu’il s’agisse des réceptions ou des spectacles urbains », cf. Angleraud B. et Pellissier C., 2003, op. cit, p. 569.
Cf. Muron L., 1995, op. cit., p. 57.