Au préalable, il faut souligner que dans ces assemblées élues, contrairement à ce qui a été présenté dans le premier chapitre, les débats ne tiennent pas vraiment compte de l’existence et des évolutions propres au secteur automobile industriel lyonnais et au milieu local des transports automobiles. Ils ne portent pas sur la place de ces activités à Lyon ni sur l’impact économique de ces dernières. La municipalité n’a pas vraiment de prérogative en matière d’implantation d’industries, de création de services liés à l’automobile595 ou d’établissement de postes d’essence596. Comme on l’a vu, les mondes automobiles ont dans ce sens une importante autonomie dans la gestion et le développement de leur industrie et des usages de l’automobile597. Tout juste la municipalité organise-t-elle progressivement de son côté le stationnement sur la voirie puis dans des parcs réservés. Cela s’explique surtout par le fait que les collectivités locales n’ont pas de responsabilité ni de légitimité à intervenir dans la plupart des secteurs économiques598. Les enjeux touchant à l’automobile en ville se situent donc plutôt du côté de sa présence dans l’espace public, au niveau de sa cohabitation avec d’autres usagers ou d’autres modes de locomotion, sur la plan de sa dangerosité, face à l’encombrement des rues ou au niveau de la question du stationnement des véhicules. Dans ce cadre, la municipalité se trouve alors principalement sollicitée en raison des pouvoirs de police du maire.
Hormis dans le cadre du service municipal des voitures publiques sur lequel nous reviendrons.
Cette prérogative est du ressort des réglementations préfectorales.
De ce point de vue, le cas des automobiles est relativement différent de celui des autres modes de transports tels que les chemins de fer, les transports urbains, les transports par voies navigables ou les transports aériens, tout type de transport qu’il est nécessaire d’encadrer parfois lourdement à la fois par des dispositifs matériels, techniques, réglementaires, industriels et économiques. Techniquement, les automobiles peuvent en effet circuler assez librement sur tous types de revêtements.
Voir sur ce point les travaux d’Aisling Healy : Le gouvernement privé de l’action publique urbaine, Sociologie politique de la « gouvernance métropolitaine » du Grand Lyon (fin XXe siècle, Thèse de science politique, Université Lyon 2, 2007.