Les premiers échanges entre villes sur les questions de circulation concernent l’harmonisation des règles de circulation et de signalisation. Même si les édiles ont coutume de construire avant tout « localement » les enjeux de circulation, de stationnement ou de sécurité routière, par moment ils s’efforcent de sortir les débats de certaines problématiques contingentes ou particulières pour tenir compte des conducteurs « étrangers » à leur ville, voire proposer une vue plus large aux enjeux qui ne semblent au départ que concerner leurs rues. Cette volonté/ambiguïté665 est également affichée dans les périodiques automobiles dont les articles oscillent la plupart du temps entre données/questions locales et exemplifications/points de vue plus généraux. Sans être toujours explicites, les préoccupations des promoteurs de l’automobile ou de ceux qui tentent de s’en accommoder convergent donc vers l’harmonisation ou la standardisation des pratiques automobiles. Le développement de ces différents enjeux nous conduira à voir dans un premier temps comment sont abordées les questions de réglementation et de signalisation, puis dans un second temps, nous reviendrons sur la construction de routes et l’aménagement du trafic routier.
Réclamant au départ une diversité des points de vue et faisant preuve de généralité, les techniciens en reviennent parfois finalement à des préoccupations « bassement » locales comme en témoigne le compte-rendu réalisé à la suite du voyage effectué en 1930 par des agents de police lyonnais à Paris et financé par l’ACR : « si cette délégation a reçu à Paris le meilleur accueil, elle ne semble pas avoir rapporté des renseignements véritablement intéressants. En effet les informations qui ont été recueillies ne sont en tout cas pas susceptibles de guider pratiquement les autorités qui ont la charge d’assurer la sécurité et la facilité de la circulation à Lyon. Pour les membres de la commission cela provient du fait qu’en dehors de quelques règles générales applicables à tous les grands centres, les méthodes à employer varient d’une ville à l’autre. Ils en concluent que chaque ville importante doit nécessairement appliquer des méthodes s’inspirant de conditions locales, de la configuration géographique, du chiffre de sa population et de la nature du trafic de certains îlots », cf. CR de la séance de la commission départementale de circulation du 27 mars 1930, ADR S 2587.