Au-delà de l’encombrement des rues, qui suscite, comme on l’a vu, discussions et protestations, la question la plus lourde d’enjeux est sans doute celle du stationnement. Elle connaît plusieurs épisodes que l’on retrouve au fil de la lecture de la Revue de l’ACR. Au-delà des premiers problèmes dus au stationnement des véhicules encombrants dans les rues où la circulation devient difficile à partir des années dix, la thématique du stationnement se développe véritablement sur la scène publique à partir de l’année 1926904. En effet, le 31 juillet 1926 est pris un arrêté municipal qui introduit dès le 1er janvier 1927 le stationnement payant sur des emplacements réservés. En toile de fond, les polémiques commençaient à enfler concernant le droit de stationner en ville et la possibilité pour la municipalité de percevoir une taxe sur le stationnement. Cela n’arrangeait pas forcément les affaires des représentants des usagers de la route ou des institutions représentant les commerçants et industriels lyonnais905.
Hormis quelques situations isolées, comme pour la demande faite au secrétaire général pour la Police par la Fédération des débitants par l’intermédiaire de l’ACR, au sujet du stationnement des voitures automobiles sur la voie publique, avec lecture de la réponse du secrétaire général pour la police en séance du Comité directeur de l’ACR du 11 août 1909, cf. Revue de l’ACR, n° 8, août 1909.
Toutefois, il faut noter sur ce point que l’action de l’ACR est plus rapide et plus efficace lorsqu’elle touche plus spécifiquement certains de ses membres éminents, comme les avocats, les avoués ou les magistrats. Ainsi en 1927, la Place Roanne, située au pied du Palais de Justice à Lyon, en bord Saône, est frappée comme de nombreux autres espaces publics lyonnais par ce fameux arrêté municipal du 31 juillet 1926 introduisant une taxe de stationnement sur des emplacements réservés. Diverses réclamations sont parvenues à l’ACR, émanant de plusieurs avocats de l’ACR se plaignant de cette taxe étant donné qu’ils ont dans le cadre de leur travail à plaider quotidiennement au Palais. Le président du Club, Jean Deydier, est donc intervenu plusieurs fois auprès de la municipalité pour finalement obtenir la suspension de l’arrêté pour cette place, cf. « La circulation dans Lyon », Revue de l’ACR, n° 3 mars 1927.