2) Les ingénieurs des Villes à la conquête des problématiques de circulation urbaine

Du côté des ingénieurs des villes de France, un nouveau champ de connaissance se structure à partir de la compréhension des problèmes de circulation et de signalisation urbaine. L’Association des Villes de France, créée en 1937, a en effet un rôle précurseur et structurant dans ce domaine, car elle bénéficie directement de l’expérience et des compétences des ingénieurs des villes de France confrontés quotidiennement à ces problèmes de circulation. Elle contribue donc à la construction d’expertises à partir de connaissances pratiques et empiriques dans un domaine en voie d’institutionnalisation et au départ non étatisé. La thématique de la circulation est progressivement de plus en plus abordée lors des congrès annuels de l’association1168. Si les premiers congrès de l’association avaient déjà permis l’étude des gares routières et de la question du stationnement, respectivement à Lyon en 1938 et à Nice en 1939, les années cinquante et soixante sont ainsi l’occasion d’une montée en puissance de cette thématique. En effet, les congrès des AIVF à Vincennes en 19571169, Nancy en 19661170, Annecy en 19681171, Vincennes en 19691172, Montpellier en 19711173, Nantes en 19721174, Grenoble en 19741175 et enfin Nice en 19751176 reviennent tous sur ces questions. Parallèlement, les congrès de la Fédération Internationale des Ingénieurs Municipaux à Vincennes en 19641177, Amsterdam en 19671178, ou Anvers en 19701179 abordent également ces thématiques.

Les villes qui reçoivent les congrès de l’AIVF (1937-1985)
Les villes qui reçoivent les congrès de l’AIVF (1937-1985)

Pour accompagner la dynamique de présentation des rapports aux congrès annuels et permettre une activité plus régulière entre la tenue de ses congrès, l’AIVF met en place plusieurs groupes de travail. Le premier porte sur l’urbanisme. Créé le 24 mai 1965, il est animé par Clovis Muyard1180 et tient sa première réunion le 23 septembre 1965. L’un des plus actifs est le groupe « circulation et signalisation » créé le 4 février 1967 et animé par Jean Salaun1181 puis Robert Jeannin à partir de 1969. Rapidement, ce groupe se mobilise sur des projets innovants : plans de circulation des villes, voies piétonnes, ou transports en commun en site propre. Procédant sous forme d’enquêtes et de collectes de données, le groupe cherche à faire un bilan assez exhaustif des besoins et des questions que rencontrent les villes sur ces domaines. Il s’intéresse également aux problématiques du stationnement1182 et participe à l’étude de terminologies en matière de signalisation et de circulation urbaine, en lien avec les organismes centraux ministériels1183. A partir de 1974 se met en place un groupe de travail « Voirie » animé par Jacques Angibaud1184. En 1975, alors que l’association compte à présent douze groupes de travail, il y a également un groupe sur les transports en commun, appelé aussi parfois groupe de travail « Transports »1185.

Progressivement, en lien avec ce travail engagé, des représentants de l’association sont invités à participer à d’autres instances nationales importantes, comme le Comité technique de la voirie départementale et communale du Ministère de l’Intérieur1186, le groupe technique de la voirie et des réseaux du Ministère de la Construction. Plus tard, l’association est également représentée au comité de l’équipement urbain, à la Commission des Villes du Commissariat Général au Plan ainsi que dans le Groupe de travail ministériel sur la circulation et les transports en commun. En 1971, le président Dejou intervient pour que l’association soit représentée à la commission permanente de signalisation1187. Parallèlement plusieurs ingénieurs des villes participent aux cycles d’études organisés sur la voirie urbaine et la circulation routière par la Direction des routes du Ministère des travaux publics et l’ENPC, ainsi que sur le plan international aux semaines internationales d’études de la technique de la circulation routière. Il faut aussi noter que certains d’entre eux sont également invités aux Journées d’études des commissions municipales de circulation, organisées à Lyon en 1955 et à Rouen en 1959. Plusieurs rapports importants sont réalisés dans ce cadre sur ces questions et permettent déjà de repérer les principaux experts français.

Dans certains cas, un technicien profite d’un voyage pour affirmer sa position d’expert. L’ingénieur en chef de la Ville de Toulon, Maurice Duranson1188, qui a fait partie du voyage d’études de 1954 aux Etats-Unis est ainsi amené à faire part de ses observations aux journées d’études des commissions municipales de Lyon en 1955, à celles de Rouen1189, ou dans la Revue des AIVF 1190. C’est également au titre de cette expérience que l’ingénieur des ponts et chaussées Joseph Elkouby, en poste au SERC, le sollicite dans le cadre de son projet de recueil sur les savoirs concernant la circulation urbaine1191.

Dans une autre perspective, une expérimentation ou une réalisation locale conforte la position d’un ingénieur et annonce des échanges avec d’autres techniciens. A Nice1192, les ingénieurs Pierre Mathis et Louis Massabo1193 sont dans ce cas de figure. Ils se mobilisent sur les questions de circulation et de stationnement1194. Portés par une dynamique de grands projets1195, ils profitent également du fait que Nice accueille plusieurs manifestations importantes sur ces thématiques dans les années soixante et soixante-dix1196. Ces rencontres sont autant d’occasions de montrer les projets et les réalisations locales. De même, on a vu qu’un code urbain de la circulation étudié dès la fin des années cinquante et mis en place en 19641197, renforce la visibilité de la Ville de Nice sur ces questions. Enfin, il faut également souligner que les enjeux routiers qui concernent cette ville sont très étroitement suivis par les services techniques municipaux1198.

Sans évoquer le cas de la Ville de Paris et de la Préfecture de la Seine, pionnières sur ces questions1199, on peut encore relever plusieurs autres foyers d’expertises municipaux importants en France. A Marseille, le directeur général des services techniques et ingénieur en chef des ponts et chaussées (promotion 1931), René Malcor, se distingue par la réalisation de plusieurs rapports importants sur ces questions1200. Il rédige un rapport sur le stationnement à l’occasion des journées d’études des commissions municipales de circulation de Lyon en 1955. Enfin il réalise un rapport sur la circulation urbaine au congrès de l’AIVF de Vincennes en 1957. A son départ pour le Groupement d’études du tunnel sous la Manche en 19581201, il est remplacé par Henri Bochet, également ingénieur en chef des ponts et chaussées (promotion 1947), lui-même remplacé par l’ingénieur des ponts et chaussées (promotion 1948) Georges Lacroix en 1969. Comme à Nice, les différents responsables des services techniques municipaux de Marseille sont tous ingénieurs des ponts et chaussées1202.

Mais d’autres villes se distinguent dans le choix de leur ingénieur en chef. A Bordeaux, les ingénieurs en chef de la Ville, Joseph Hugon, puis André Reinson, sont diplômés de l’Ecole Centrale de Paris (promotion 1912 et 1922)1203. A la différence des ingénieurs niçois et marseillais, André Reinson ne se mobilise pas véritablement sur les enjeux routiers qui concernent sa Ville ni sur la thématique de la circulation urbaine. Ainsi il n’assiste pas aux journées d’études de Lyon et de Rouen, et il n’hésite pas à envoyer André Tastet1204, chef du service des études, suivre les formations concernant la circulation routière à l’ENPC et les semaines internationales d’études de la technique de la circulation routière1205.

De son côté, l’ingénieur en chef de la Ville de Lille, Paul Maeght, se spécialise sur les questions d’éclairage public. Il participe aux travaux du Comité Technique de la voirie départementale et communale. Il pilote dans ce cadre l’enquête réalisée en mai 1965 sur l’éclairage public dans les villes françaises1206. Au sein de l’AIVF, il préside le groupe de travail « Eclairage public », créé le 16 février 1967, et présente plusieurs rapports sur cette thématique1207. Enfin, à partir de 1967, il représente l’AIVF dans le Comité de l’équipement urbain1208. Il est donc lui aussi moins actif sur les questions des routes ou de la circulation urbaine1209. Il faut enfin noter comme on l’a vu, que son travail s’inscrit, à Lille, dans le cadre très généraliste de la Commission de la Voie publique1210.

Comme Paul Gsell, la plupart de ces ingénieurs ont comme point commun d’avoir participé au voyage d’études de 1954 aux Etats-Unis1211. Tous suivent activement les travaux de l’AIVF1212. Toutefois, à la différence de Lyon, Bordeaux1213 ou Lille, plusieurs villes ont mis à la tête de leurs services techniques un ingénieur des ponts et chaussées. Parmi les grandes villes françaises, c’est le cas de Marseille, Nice, Saint-Étienne, Toulouse ou Grenoble. On peut relever ici que ce sont plutôt des villes du Sud (Marseille, Nice, Cannes) qui mettent à leur tête des ingénieurs des ponts et chaussées1214. Cela représente une forme de tutelle de l’Etat1215, sur laquelle certains auteurs sont déjà revenus vis-à-vis de la gestion de ces villes1216. D’autre part, cette situation démontre aussi une capacité de placement du corps des ponts et chaussées lui-même1217. Mais sur le plan des questions routières ou de circulation urbaine, la présence d’un ingénieur des ponts et chaussées à la tête des services municipaux facilite les liens avec les autres ingénieurs des ponts et chaussées du département (SOPC) ou des services centraux du Ministère des travaux publics. Aussi, ces ingénieurs participent également plus facilement aux congrès internationaux de la route et aux semaines internationales d’études de la technique de la circulation routière. On a vu que de leur côté Gsell, Reinson et Maeght ne se rendent pas à ce type de manifestation.

Ainsi, comme Paul Gsell à Lyon, Paul Maeght à Lille est ingénieur civil des mines (promotion 1936). André Reinson à Bordeaux est, lui, centralien. C’est déjà sans doute un élément qui explique que ces ingénieurs ne construisent pas leur carrière sur les enjeux routiers. Par ailleurs, n’étant pas issus du corps des ponts et chaussées, ce sont les ingénieurs qui restent le plus longtemps à la tête des services techniques de la leur ville1218. Ils n’ont donc pas les mêmes logiques de carrières que leurs collègues issus du corps des ingénieurs des ponts et chaussées. De même, pour des raisons différentes, ils ne se mobilisent pas directement sur les enjeux de circulation. Maeght et Reinson ne participent pas aux journées d’études des commissions municipales de circulation organisées à Lyon en 19551219. Pour contrebalancer le faible investissement de ces ingénieurs sur ces questions, on a vu qu’à Lyon il y avait d’autres personnalités plus présentes sur cet enjeu, au sein du Conseil municipal, à la mairie centrale, dans les services déconcentrés de l’Etat ou dans la société civile (ACR). A Lille, les questions de circulation ne sont pas traitées de manière frontale. Elles sont intégrées dans une grande commission Voie publique. De même, la commission spécifiquement chargée des questions de circulation ne fonctionne que de manière très épisodique. Aussi dans ces deux villes, contrairement à Marseille, Nice ou Bordeaux, il n’existe pas de véritable service de la circulation. A Lyon, le bureau du trafic ou de la circulation, créé en 1956, est piloté par les ingénieurs des ponts et chaussées et donc placé du côté des services déconcentrés de l’Etat. Ainsi au sein de la Municipalité lyonnaise, ce qui peut correspondre à un bureau du trafic pour la gestion des affaires municipales de circulation, connaît une mise en place tardive, perturbée par ailleurs par l’installation des services techniques de la communauté urbaine. A Lille, Lyon, et Bordeaux, les ingénieurs en chef développent donc un profil plus généraliste ou du moins plus urbanistique.

Néanmoins, cela ne signifie pas que dans ces villes, les services techniques municipaux ne sont pas par ailleurs développés ni spécialisés. Au contraire, on a vu qu’à Lille, par l’intermédiaire de Paul Maeght, les services techniques municipaux sont à la pointe sur la thématique de l’éclairage public. A Lyon, les ingénieurs travaillant dans le service Electromécanique de la Ville ont également particulièrement développé leurs connaissances en matière d’éclairage urbain et de signalisation lumineuse. Ils participent activement aux travaux organisés dans ce domaine par l’AIVF1220 et notamment à son groupe de travail « Eclairage public », animé d’ailleurs par Paul Maeght. L’expertise développée par ce service a notamment permis la mise en place à Lyon de programmes d’action publique ambitieux dans ce secteur1221.

Par ailleurs dans d’autres domaines, on retrouve dans les villes françaises plusieurs foyers d’expertise municipale précurseurs par rapport aux services centraux des ministères. A Lyon, nous verrons que les connaissances en matière tunnellière monopolisées après 1945 par les ingénieurs des ponts et chaussées du Rhône, avaient largement été développées au préalable par les services techniques municipaux, à partir notamment de l’action de Camille Chalumeau. Nous reviendrons sur la capacité de certaines villes à développer en interne des connaissances importantes en matière de réglementation de la circulation urbaine à partir de l’élaboration de code urbain (Nice et Saint-Étienne) ou à travers l’organisation de manifestations (Lyon et Rouen). Par ailleurs, on verra qu’en fonction des caractéristiques topographiques locales et des enjeux économiques ou touristiques, d’autres villes développent leurs propres capacités d’expertise en matière de construction de parkings urbains (Toulon, Nice et Lyon). Ces connaissances qui circulent entre villes et entre experts via des institutions (revues, associations, rencontres, voyages, enquêtes…), sont progressivement amenées à être rapatriées et centralisées par les services centraux de l’Etat.

En effet, nous verrons comment ces deux réseaux fonctionnent et interagissent ensemble, celui des ingénieurs des villes d’un côté, et celui des ingénieurs des ponts et chaussées de l’autre. Dans ce sens, le fait que certains ingénieurs des ponts et chaussées soient en même temps responsables des services techniques des villes, est susceptible de favoriser la centralisation des savoirs sur la circulation urbaine. Il s’agira ainsi de percevoir comment les ingénieurs en poste dans les services centraux s’appuient sur leurs homologues présents dans les villes, parfois via le réseau des AIVF. Nous pourrons alors également observer certains lieux permettant des passerelles entre ces deux réseaux, comme le comité technique de la voirie départementale et vicinale, les cycles de formation organisés par l’ENPC ou la Direction des routes, ou les enquêtes organisées sur les villes…

Nous avons observé la structuration d’un espace municipal de gestion des problèmes de circulation urbaine à partir des services techniques des villes et montré le rôle à la fois spécifique et précurseur des ingénieurs, des techniciens et des administratifs des villes. Cela nous a permis d’envisager comment, avant puis en parallèle aux connaissances développées par les ingénieurs des ponts et chaussées, se constitue une expérience locale et municipale concernant la circulation urbaine. Nous allons revenir à présent justement sur les connaissances développées au sein du corps des ponts et chaussées et sur la manière dont s’organise localement la répartition du travail entre ingénieurs municipaux et ingénieurs d’Etat.

Notes
1168.

Voir sur ce point en annexe le tableau de participation des lyonnais aux congrès des AIVF et voir le tableau des activités de l’AIVF.

1169.

Un rapport est présenté par Malcor de Marseille sur la circulation urbaine.

1170.

Un rapport sur Signalisation et pré-signalisation est présenté par Salaun (Morlaix).

1171.

Une séance du groupe circulation s’y tient.

1172.

Un rapport sur la circulation dans les centres urbains.

1173.

Le groupe « Signalisation et circulation » présente un rapport sur les nuisances causées par l’automobile dans la cité.

1174.

Lors de ce congrès plusieurs rapports sont présentés sur les questions de transport et de circulation en ville : « Circulation et stationnement à Nantes » par Angibaud de Nantes ; « Transports en commun en site propre et commande centralisée des feux de trafic » par Turc de Grenoble ; « L’enlèvement et la mise en fourrière des véhicules » par Valls de Nîmes ; « Une expérience de desserte rapide du centre de Marseille » par Jamond ; « Les voies piétonnes » par Gander de Mulhouse.

1175.

Un atelier sur la Voirie-Topographie (Angibaud et Koecher) et un atelier sur la Circulation-signalisation (Jeannin et Turc) sont organisés.

1176.

Exposés des groupes « Voirie » (Angibaud), « Circulation et signalisation » (Jeannin) et « Transport en commun » (Knaff).

1177.

Un rapport sur circulation et parkings est présenté par Quison (Vincennes).

1178.

Pierre Mathis, directeur général des services techniques de la Ville de Nice présente un rapport sur le croisement d’artères urbaines.

1179.

Plusieurs rapports sont présentés sur la voirie urbaine : conception de la voirie urbaine par Vanhoegaerden de Gand et Pauwels de Nantes ; construction et économie de la voirie urbaine par Joachim de Liège et Mathis de Nice ; Esthétique de la voirie urbaine par Thomas de Anderlecht et Loudet de Mulhouse.

1180.

Directeur de l’agence d’urbanisme de Dijon.

1181.

Directeur général des services techniques de la Ville de Morlaix.

1182.

Appareils techniques spécifiques, parcmètres, construction, signalisation spécifique…

1183.

Comité technique de la voirie départementale et communale et SETRA.

1184.

Directeur général des services techniques de la Ville de Nantes.

1185.

Animé par Bernard Knaff, ingénieur à la Communauté Urbaine de Lille.

1186.

Ce sont notamment les ingénieurs lillois Raymond Aurel puis Paul Maeght qui représentent l’AIVF dans ce comité (entre ces deux mandats, Marcel Launay, ingénieur en chef de la Ville de Nantes, siège également à ce comité).

1187.

Ce qui est assez logique étant donné le travail engagé par l’association au niveau de la signalisation.

1188.

Très actif au sein de l’AIVF, il prend sa retraite en 1966.

1189.

Il présente un rapport aux journées d’études des commissions municipales de Rouen en 1959 sur le bruit et l’éclairage des véhicules.

1190.

Avec Reinson et Malcor, respectivement ingénieur en chef des villes de Bordeaux et Marseille, il rend compte de ce voyage dans deux articles : Duranson M., « L’Amérique cette inconnue », Bulletin des Ingénieurs des Villes de France, n° 1, 1957, pp. 19-37 ; « L’impression d’un français à la découverte du nouveau monde », Bulletin des Ingénieurs des Villes de France, n° 2, 1957, pp. 17-55.

1191.

Cf. AN 19770444 ART 7.

1192.

La Ville de Nice emploie successivement plusieurs ingénieurs des ponts et chaussées à la tête de ses services techniques municipaux. Marcel Kirchner, ingénieur des ponts et chaussées (promotion 1920), est directeur des travaux et des services de la ville de Nice de 1931 jusqu’à sa mort en 1948. Il est remplacé en 1948 par un autre ingénieur des ponts et chaussées, Michel Trinché (promotion 1924), à la tête de la Direction générale des services techniques, lui-même remplacé par Pierre Mathis, ingénieur des ponts et chaussées (promotion 1939), en 1956, remplacé ensuite par André Liautaud, lui aussi ingénieur des ponts et chaussées (promotion 1948).

1193.

Louis Massabo est ingénieur principal (ou ingénieur divisionnaire) des services techniques de la Ville de Nice. Il est diplômé de l’Ecole centrale de Paris (promotion 1957).

1194.

Pierre Mathis est le rapporteur général du thème « Organisation de la circulation en ville » aux semaines internationales de la technique de la circulation de Londres en 1964. Il présente un rapport sur le croisement d’artères urbaines au congrès de la Fédération internationale des ingénieurs municipaux d’Amsterdam en 1967, un rapport sur la construction et l’économie de la voirie urbaine à celui de Anvers en 1970. Louis Massabo réalise plusieurs travaux sur les questions de circulation et de stationnement. Voir Massabo L., « La circulation et le stationnement à Nice », Exposé pour le compte du Service Circulation de la Ville de Nice, 1968, 88 pages et « La circulation et le stationnement à Nice », Techniques et sciences municipales de l’eau, vol. 1, 1970, pp. 35-41.

1195.

Construction de rocades, d’autoroutes urbaines, couverture du Paillon, construction de parkings. Ainsi l’autoroute urbaine sud réalisée dans les années soixante-dix, porte le nom de Mathis, l’ingénieur qui l’a conçue, alors à la tête de la direction générale des services techniques.

1196.

Les semaines internationales d’études de la technique de la circulation routière et le congrès international de sécurité routière en 1960 ; les journées européennes techniques de la route en 1963 ; puis le congrès annuel des AIVF et le congrès de l’Union Internationale des Transports Publics en 1975.

1197.

« Ville de Nice, réglementation de la circulation publique et du stationnement, Code urbain », 15 novembre 1963, 29 p., ADAM 717 W 156.

1198.

Voir les articles : Liautaud A., « Les grandes options de développement de Nice, Rôle et organisation des services techniques », pp. 51-60 ; Martin G., « Autoroutes Urbaine Sud et mini-tunnels sous la gare SNCF », pp. 119-123 ; et Pélissier J.-P., « Couverture du Paillon et Autoroute Urbaine Est », pp. 124-128, du Numéro Spécial de la Revue de l’Association des ingénieurs des villes de France, n° 216, mai 1975.

1199.

On pourrait ici questionner le rôle et les projets menés dans la capitale par des ingénieurs, des architectes, des fonctionnaires ou des techniciens comme Eugène Hénard, Louis Biette, Jean Chiappe, Paul Delouvrier ou André Herzog, voir sur ces points les travaux de Mathieu Flonneau. Sur Eugène Hénard (1849-1923), voir aussi l’article réalisé par Catherine Bruant dans le numéro 2 de la revue fabricA, paru en octobre 2008.

1200.

Il publie également un article « Théorie de la circulation routière et recherche opérationnelle », dans la revue Travaux, n° 280, février 1958, p. 137 et suivantes.

1201.

A partir de cette période il se spécialise dans la recherche sur les tunnels maritimes.

1202.

A Saint-Étienne, Charles Le Tellier, ingénieur des ponts et chaussées reste en poste plusieurs années. Il est ensuite remplacé par Georges Mirassou, diplômé de l’Ecole des mines des Paris, mais déjà en poste dans les services techniques de la Ville depuis les années trente.

1203.

Décédé en août 1959, André Reinson est remplacé par Albert Choain, ingénieur des ponts et chaussées (promotion 1941), lui-même remplacé à son départ à la retraite en 1972 de la Communauté Urbaine de Bordeaux par Louis Gertoux.

1204.

Ingénieur des arts et manufactures (promotion 1931).

1205.

Voir AMB 10 W 19.

1206.

Avec établissement et retour de questionnaires sur l’éclairage public urbain, cette enquête concerne une soixantaine de villes, des très grandes comme Paris, Lille ou Marseille mais aussi des villes moyennes, cf. AN 1980 0521 ART 5.

1207.

Au congrès de l’AIVF à Nancy en 1966, il anime le cercle « Eclairage public ». A celui de Grenoble en 1974, il co-anime l’atelier « Urbanisme - Bâtiment - Eclairage ». Enfin à celui de Nice en 1975, il présente l’exposé du groupe « Eclairage public ».

1208.

A partir de 1973, il pilote au sein de l’AIVF un groupe chargé d’étudier les problèmes spécifiques aux communautés urbaines auquel participent les responsables des services techniques des communautés urbaines de Bordeaux, Lille, Lyon et Strasbourg.

1209.

Il est toutefois sous-rapporteur d’une question traitée par le groupe « Circulation » à l’occasion du congrès de l’AIVF à Annecy en 1968.

1210.

Comme on l’a vu, hormis sur des périodes très courtes, il n’y a pas de commissions spécifiquement dédiées aux questions de circulation.

1211.

Paul Gsell, René Malcor, André Reinson, Maurice Duranson et Paul Maeght participent à ce voyage d’études de sept semaines. Toutefois, on peut assez facilement considérer qu’ils ne s’y rendent pas pour les mêmes raisons. Ainsi Gsell, accompagné de l’adjoint à l’urbanisme Félix Rollet, est davantage intéressé par les problématiques urbaines. D’ailleurs, en terme de compte-rendu plus spécifiquement routier, c’est plutôt les ingénieurs Malcor et Duranson qui se chargent de ce domaine, voir sur ce point la participation de Duranson aux journées d’études des commissions municipales de circulation de Lyon en 1955 ; voir aussi les numéros de la Revue des AIVF de 1957.

1212.

Chalumeau (Lyon), Kirchner (Nice), Le Tellier (Saint-Étienne), Reinson (à l’époque à Dijon) et Fleury (Villeurbanne) sont membres fondateurs de l’AIVF. Chalumeau, Kirchner et Pauwels (Lyon) sont présidents de l’AIVF. Le Tellier, Aurel (Lille), Gsell (Lyon), Maeght (Lille), Malcor (Marseille), Reinson (Bordeaux), Liautaud (Nice) et Gertoux (Bordeaux) sont vice-présidents de l’AIVF.

1213.

Après le décès d’André Reinson en 1959, Chaban-Delmas met toutefois un ingénieur des ponts et chaussées à la tête des services techniques municipaux : Albert Choain.

1214.

Certaines villes choisissent plus facilement de mettre un ingénieur des ponts et chaussées à la tête de leur service technique. Brunot et Coquand citent le cas des villes de Marseille, Nice, Toulouse, Grenoble, Angers ou Cannes. Au-delà des villes de province ce sont bien sûr les services techniques de la Ville de Paris qui emploient le plus d’ingénieurs des ponts et chaussées (entre 1930 et 1978, 41 ingénieurs des ponts et chaussées y sont détachés), cf. Brunot A. et Coquand R., 1982, op. cit., p. 606.

1215.

Un ingénieur des ponts et chaussées, Frédéric Surleau (promotion 1939) occupa même la fonction d’administrateur extraordinaire de la Ville de Marseille durant les années 1938-1939 (cf. Brunot A. et Coquand R., 1982, op. cit., p. 606). Par ailleurs cette forme de tutelle de l’Etat se prolonge jusqu’aux années soixante, pendant lesquelles le Préfet des Bouches-du-Rhône, M. Poggioli, est également le secrétaire général de la Ville de Marseille, cf. AMM 483 W 321.

1216.

Cf. Payre R., 2007, op. cit., p. 228-241. Sur Marseille, voir aussi Roncayolo M., Les grammaires d’une ville : essai sur la genèse des structures urbaines à Marseille, Ed. de l’EHESS, Paris, 1996.

1217.

Voir sur ce point les analyses de Jean-Claude Thoenig, 1987, op. cit.

1218.

Paul Gsell a fait toute sa carrière à Lyon, où, après avoir pris la tête de la Direction générale des services techniques de la Ville de Lyon, il dirige à partir de 1969 la Direction générale des services techniques de la communauté urbaine de Lyon et prend sa retraite en 1972, remplacé par Fernand Pauwels. Paul Maeght reste en poste à Lille des années cinquante jusqu’aux années soixante-dix. Enfin, André Reinson est l’ingénieur en chef de la ville de Bordeaux des années quarante jusqu’à sa mort en 1959.

1219.

Seul Paul Maeght assiste à celles de Rouen en 1959.

1220.

Au congrès de l’AIVF de Lyon en 1962, Pabiou, du Service Electromécanique, présente un rapport sur l’éclairage public.

1221.

Plan Lumière, organisation de la fête des Lumières. Cette avance est aujourd’hui maintenue par les services techniques municipaux qui sont toujours précurseurs sur cette thématique à travers notamment le réseau des villes Lumière LUCY....