2) Qui gouvernent les commissions municipales de circulation ?

Concernant cette première étape de tentatives d’institutionnalisation d’une commission municipale de circulation, il convient de souligner un point important relatif au rôle des experts dans ces commissions. Au niveau de leur composition, on peut repérer qu’avant 1929, il n’y a pas d’ingénieurs des ponts et chaussées ni d’ingénieurs du service vicinal. Les commissions qui ont fonctionné en 1912, 1919, 1920-1921 ou 1925-1926, sont concentrées autour des problématiques réglementaires et administratives, écartant pour un temps les enjeux d’aménagement. Même si les ingénieurs de la ville étaient déjà présents, les profils experts recherchés correspondaient plus à ceux incarnés par les fonctionnaires des bureaux municipaux ou de la Préfecture (services de la circulation) ou par les fonctionnaires des forces régaliennes d’Etat (commissariat, gendarmerie, sapeurs-pompiers). Ce n’est qu’avec la mise en place d’une nouvelle commission en mai 1929 que les ingénieurs Claude Delaigue ou Victor Varvier, pourtant déjà bien installés et devenus incontournables à Lyon sur les questions d’aménagement et de transports, peuvent prétendre participer aux discussions engagées sur la circulation urbaine. Face à ce constat, on peut émettre plusieurs hypothèses.

D’une part il semble que les techniciens ou administratifs municipaux, comme Camille Chalumeau ou Lagrion, voire certains élus, comme Edouard Herriot, verrouillent l’accès des instances municipales aux ingénieurs des ponts et chaussées1583 en recentrant à la fois les enjeux sur le territoire et les prérogatives municipales, et en écartant les enjeux routiers ou de trafic de la problématique de la circulation urbaine1584. Pour eux, il s’agit surtout, dans un premier temps et jusqu’à l’établissement d’une réglementation générale, de réglementer et de surveiller la circulation routière.

A partir de l’évolution des commissions de circulation à Lyon, notre seconde hypothèse porte sur un premier tournant opéré dès 1929 et qui se confirme dans les années trente, aboutissant à une première forme de conquête de la ville et des problématiques urbaines par les ingénieurs et plus particulièrement par les ingénieurs des ponts et chaussées. En même temps, cette conquête ne se comprend pas que dans un sens. Il y a parallèlement une municipalisation du rôle des ingénieurs des ponts et chaussées à travers cette nouvelle attention à l’urbain. Ce qui est frappant, jusqu’à la fin des années vingt, c’est l’absence d’ingénieurs représentant l’échelon départemental et leur importance à partir de la commission instituée en 1929. En effet, Claude Delaigue, qui est le secrétaire de la sous-commission technique qui fonctionne entre août 1929 et juin 1930, et Victor Varvier participent activement aux débats initiés dans cette instance. Tous deux, qui avaient principalement en charge les questions routières départementales, s’intéressent alors progressivement à l’urbanisme et aux enjeux urbains1585. Dans leur parcours, il faut relever que Victor Varvier assiste au congrès de l’AIPCR de Séville en 1923 et il est accompagné par Claude Delaigue à celui de Milan en 1926. Ces deux rencontres font date dans l’évolution des débats propres aux manifestations internationales, comme étant celles où les problématiques urbaines ont été au centre des discussions1586. On peut donc considérer qu’ils en sont revenus avec une meilleure vision des connexions entre problématiques routières et enjeux urbains. Ils font d’ailleurs partager cette nouvelle compréhension des enjeux de circulation urbaine, puisque les résultats du congrès de Milan sont directement intégrés aux discussions de la commission départementale de circulation qui fonctionne en 1929 et 1930.

Ce nouveau regard des ingénieurs des ponts et chaussées sur les problématiques urbaines lyonnaises est largement conforté dans les années trente par les réflexions sur les programmes d’urbanisme et d’aménagement routier dans la région lyonnaise élaborés à partir de 1934. Il se confirme pendant la Seconde Guerre Mondiale, avec la centralisation des services techniques départementaux et municipaux au profit des ingénieurs des ponts et chaussées et se maintient après 1945, avec leur participation accrue dans les politiques urbaines du département du Rhône ou de la Ville de Lyon.

Cela revient à constater qu’avant les années trente, les ingénieurs des ponts et chaussées s’en tiennent à des problématiques rurales et uniquement interurbaines. A partir des années trente, la prise en compte de la dimension urbaine devient visible dans leurs rapports1587, comme au niveau des projets autoroutiers strictement urbains qu’ils élaborent ou soutiennent, tels le projet de boulevard de ceinture, l’axe Nord Sud ou le Tunnel de la Croix-Rousse, premier nœud d’autoroutes urbaines. Ces projets s’inscrivent dans un territoire exclusivement urbain et ne sortent pas de l’agglomération lyonnaise, même s’ils permettent une gestion des flux de transit régionaux et nationaux. Parallèlement, il faut souligner que les projets autoroutiers qu’ils ne soutiennent pas, comportent une dimension rurale ou inter-urbaine plus importante. Engagés dans une dynamique économique (autostrade Lyon–Saint-Étienne) mais surtout touristique (Auto-route Lyon–Evian), les premiers véritables projets autoroutiers autour de Lyon bénéficient plutôt d’un soutien associatif (ACR), privé (CARSEF ou SAF), et parfois municipal (élus lyonnais ainsi que Camille Chalumeau). De plus, alors que ces projets sont présentés aux premiers congrès internationaux des auto-routes en 1931 et 1932, les ingénieurs des ponts et chaussées lyonnais ne participent pas à ces rencontres.

Enfin, il faut tenir compte d’un phénomène générationnel concernant les carrières des ingénieurs des ponts et chaussées du Rhône. Le tournant en direction des problématiques urbaines s’effectue plutôt vers la fin de la carrière de Victor Varvier et Claude Delaigue1588. Antoine Thiollière, qui succède à Victor Varvier décédé en 1935, prend ce poste à Lyon en fin de parcours. De la même promotion que son prédécesseur, il vient du service ordinaire des ponts et chaussées de la Loire et reste lui aussi sur des problématiques rurales ou inter-urbaines. La génération suivante, Lucien Chadenson, puis Fernand Ramel ou Jacques Rérolle arrivent au service ordinaire des ponts et chaussées du Rhône en construisant leur carrière sur des enjeux urbains1589. Chacun d’entre eux cherche alors à se constituer une niche de savoirs liés aux problématiques urbaines. Lucien Chadenson, se spécialise dans les tunnels routiers et la définition d’un programme d’aménagement routier urbain. Claude Delaigue, porte les projets de boulevard de ceinture et de parc départemental à Parilly dans une perspective d’inscription urbaine et s’oriente en fin de carrière vers les problématiques urbanistiques. Fernand Ramel et Jacques Rérolle, dont les carrières sont liées à l’élaboration du plan d’aménagement routier de la région lyonnaise, se spécialisent dans les questions de circulation (dimensionnement et signalisation des carrefours, conception des trémies) et des tunnels routiers. Progressivement les ingénieurs des ponts et chaussées du Rhône déplacent donc leurs centres d’intérêts du côté des problématiques routières urbaines.

L’insertion dans une sociabilité urbaine de la part des ingénieurs des ponts et chaussées se confirme aussi par leur présence de plus en plus importante au sein de l’ACR à partir des années trente. Etrangement absents de ce lieu central auparavant1590, ils s’en rapprochent en devenant membres du Club voire de son Comité directeur1591 ou en participant activement à ses commissions technique et de circulation1592 ainsi qu’à ses projets1593. Ce rapprochement facilite la présentation du plan d’aménagement routier à l’ACR. Chadenson se met en rapport avec le Club pour déposer à titre consultatif les grandes lignes de ce programme dans les salons de l’ACR1594.

Les années trente semble donc constituer à Lyon une période charnière. De nombreux changements témoignent d’une rupture dans les pratiques et modes d’appréhension de la ville et du fait urbain. On assiste à l’élargissement des problématiques et des procédures d’études et de consultation. Sur les politiques urbaines, les intérêts et les enjeux portés par l’Etat se rapprochent de ceux de la Ville de Lyon et du Département du Rhône1595. C’est déjà l’une des premières concrétisations de ce que nous avons désigné sous le vocable de « pouvoirs urbains », c’est-à-dire un espace socio-politique dont la gouvernance déborde l’exécutif en charge de le gouverner ou de l’administrer.

Ce changement impose que des acteurs privés, comme publics, élus et fonctionnaires, administratifs ou techniciens, des structures privées ou publiques se rassemblent autour d’une problématique commune : le fait urbain, pour discuter et décider de l’avenir de ce territoire. Sur le plan des commissions de circulation et des projets routiers au moins, la période précédente, qui va de 1912 à 1929, renvoie quant à elle davantage au mode de faire et d’administration d’un pouvoir municipal.

Dans ce sens, l’inscription et la compréhension territoriales qu’imposent les enjeux de circulation et de transport conduit à l’éclatement d’une gestion municipale. Le fait urbain retient diverses attentions aussi bien comme objet en tant que tel qu’au niveau des projets qui le concernent. Les savoirs qui se construisent autour de ces enjeux permettent alors de donner corps à l’existence des pouvoirs urbains. La ville et ses problèmes de circulation deviennent donc un objet de politiques publiques1596. Ce sont ces coalitions d’acteurs et de projets autour de l’urbain et sur le fait urbain qui donnent donc naissance à de véritables politiques urbaines. Cette recomposition des pratiques urbaines et des acteurs de l’urbain montre que ce sont les enjeux de transports qui rejoignent les politiques urbaines1597 avant que les politiques urbaines englobent les questions de transports1598.

A Lyon, on retrouve alors la genèse de ce que certains auteurs ont qualifié, pour analyser les relations entre l’Etat et les collectivités locales pendant les Trente Glorieuses, de la régulation croisée1599. Mais dans le cas lyonnais, les relations d’interdépendance, entre Etat et collectivités locales, entre acteurs publics et sociétés locales, se développent largement au profit de ces dernières1600. Dans cette perspective, l’année 1935 est le pivot de cette évolution et vient sceller ces avancées avec plusieurs moments importants autour de la validation d’une compréhension du fait urbain à l’échelle de la région lyonnaise matérialisée notamment par le lancement du programme d’aménagement routier de la région lyonnaise.

En même temps, on peut dire qu’on assiste à Lyon à la préfiguration dès les années trente de ce qui semble se jouer au plan national dans les années cinquante et soixante, c’est-à-dire des administrations centrales, notamment celles du Ministère des Travaux Publics, attentives aux questions urbaines. Une nouvelle fois sur ce point, et en lien avec ce qui a déjà été montré dans d’autres travaux1601, on observe que c’est à partir d’enjeux locaux, qu’une restructuration de l’expertise nationale et des services centraux autour des problématiques urbaines est engagée1602.

Au niveau des collectivités locales, en complémentarité avec les commissions déconcentrées sur lesquelles nous sommes déjà revenu1603, il faut enfin prendre en compte l’existence d’un système déjà très développé de commissions et de délégations au sein du Conseil Général du Rhône. En effet, si en 1935 la municipalité lyonnaise compte 52 commissions ou délégations dans des conseils d’administration ou comités divers1604, les activités du Département se structurent autour de 90 commissions et délégations diverses1605. Jusqu’aux années trente, les questions de transports et de circulation sont traitées dans le cadre des grandes commissions techniques du Département (comme la Commission des travaux) et de plusieurs commissions restreintes concernant la surveillance des transports publics ou privés, sur route ou rail. C’est en octobre 19341606, à la suite d’un vaste mouvement de réorganisation de ces diverses commissions, qu’est créée au sein du Conseil Général du Rhône, une Commission spécifiquement dédiée aux transports et aux voies de communication1607.

On peut donc dire qu’en marge de ces différentes commissions qui concourent à la mise en place progressive de la commission municipale de circulation, il existe à Lyon d’autres instances de délibérations et de décisions qui prennent une place importante dans les réflexions sur les transports1608. Mais à la différence des commissions qui sont successivement mises en place depuis 1912 sur les questions de circulation, les commissions du Conseil Général sont uniquement composées d’élus membres de l’assemblée départementale ou de conseillers généraux invités à siéger dans des comités ou commissions extérieurs à l’assemblée départementale. Dans les commissions strictement départementales, il n’y a donc ni fonctionnaires du Service vicinal ou de services déconcentrés ou d’autres collectivités locales, ni acteurs du monde privé ou associatif1609. Ces commissions servent surtout à préparer les questions et les décisions abordées lors des séances du Conseil Général. Elles n’ont pas vocation à être extra ou para-départementales ni à permettre une consultation et une délibération des intérêts concernés plus larges, à l’inverse des commissions extra ou para-municipales qui s’institutionnalisent progressivement à Lyon depuis 1912 sur les questions de circulation. De même, du fait de leur multiplication consécutive au nombre peu élevé d’élus qui en sont membres et aux nombreux secteurs d’intervention du Département, les commissions départementales ont des attributions très précises et s’occupent du contrôle ou de l’activité d’un domaine très circonscrit. En ce sens, ce ne sont pas vraiment des espaces d’écoute et de discussion ouverts à des questions plus larges et tournés vers une prise en compte des intérêts de la sphère privée. Par exemple, si en 1965, une commission départementale de la circulation est créée1610 au sein du Conseil Général du Rhône, c’est dans l’objectif de remplacer la commission professionnelle des autos-écoles et la commission de coordination de l’enseignement du Code de la route. Elle comprend à ce titre un seul membre du Conseil Général.

Si nous venons d’analyser l’émergence des pouvoirs urbains à partir de l’élargissement des préoccupations circulatoires portées par les acteurs publics et privés, il faut souligner que ce dépassement des enjeux au-delà d’un cadre strictement municipal s’inscrit pourtant au profit de la municipalité lyonnaise. Pour comprendre ce basculement, il faut analyser comment l’administration municipale et les élus lyonnais ont essayé de monopoliser les réflexions et problématiques développées à partir de la commission départementale fonctionnant entre 1929 et 1930.

Notes
1583.

Après le départ imprévu de l’ingénieur en chef de la Ville, André Auric, par ailleurs ingénieur des ponts et chaussées, Herriot avait déjà insisté pour ne pas renouer avec la collaboration d’un ingénieur des ponts et chaussées à la tête des services techniques municipaux, et son choix s’était porté en 1910 sur Camille Chalumeau, ingénieur des arts et métiers. D’ailleurs après André Auric, il n’y aura plus d’ingénieurs des ponts et chaussées à la Ville de Lyon, hormis pendant la Seconde Guerre Mondiale.

1584.

Même si par ailleurs ils sont particulièrement attentifs aux problèmes routiers, que ce soit au Conseil Municipal ou au Conseil Général pour Edouard Herriot, au niveau du PAEE ou des congrès de l’AIPCR pour Camille Chalumeau.

1585.

A partir de la fin des années trente, Claude Delaigue, qui devient en 1941 ingénieur en chef des ponts et chaussées, est intégré à la plupart des structures d’études mises en place dans la région lyonnaise concernant l’aménagement urbain. Il participe notamment aux travaux de la commission mixte permanente d’études du programme d’aménagement routier de la région lyonnaise et du Comité d’aménagement et d’orientation générale de la région lyonnaise, mis en place en 1935, ainsi qu’à l’Atelier régional d’urbanisme mis en place en 1946-1947 par Jean Revillard. Quant à Victor Varvier, il meurt en fonction en 1935, au moment où les réflexions urbaines prennent une place considérable à Lyon et dans le Rhône.

1586.

Cf. Glasson D., art. cit., p. 12 et 13.

1587.

Voir le rapport sur la circulation et la sécurité routière réalisé en avril 1938 par le Cabinet du Préfet et discuté en séance du Conseil Général du Rhône, ou les rapports réalisés par les ingénieurs des ponts et chaussées sur la mise en place et l’organisation de la région urbaine lyonnaise ainsi que sur le programme d’aménagement routier de la région lyonnaise.

1588.

Même si Claude Delaigue ne devient ingénieur en chef du service vicinal qu’en 1925, il a déjà une longue carrière au sein de ce service puisqu’il y rentre en 1901.

1589.

Dans cette démarche, ils sont suivis par Clément Roques, Jean Gobert, Michel Prunier ou Raoul Rudeau, qui leur succèdent dans les années cinquante et soixante.

1590.

L’ACR nouait toutefois de nombreux contacts, parfois très cordiaux et à d’autres moments plus critiques vis-à-vis des problèmes de réfection des chaussées, avec les ingénieurs des ponts et chaussées des départements du Rhône, de l’Isère et de l’Ain à l’occasion de correspondances, de projets ou dans le cadre des manifestations organisées par le Club. Toutefois aucun d’eux n’étaient membres de l’ACR.

1591.

Victor Varvier adhère à l’ACR en février 1930 puis Jacques Rérolle, Clément Roques et Raoul Rudeau deviennent tour à tour membres de l’ACR et même de son comité directeur, transformant leur adhésion comme un passage obligé pour l’ingénieur en chef du département.

1592.

Marius Berliet et Camille Chalumeau les accompagnent dans cette démarche et sont eux aussi mobilisés comme membres actifs ou experts consultés dans ces commissions de l’ACR.

1593.

Claude Delaigue pilote les projets de circuits touristiques dans les Mont-d’Or et le Lyonnais financés par l’ACR, cf. Delaigue C., « Les Circuits Touristiques du Lyonnais et du Beaujolais », Technica, n° 49, 1937, pp. 71-72.

1594.

« Cette année, les ponts et chaussées ont mis dans les locaux de l’ACR le plan d’aménagement routier projeté à Lyon pour que les membres de l’ACR puissent réagir aux projets » (et avec conférence tenue sur ce point dans les salons de l’ACR par Chadenson en 1936), cf. AG de l’ACR du 27 février 1936, Revue de l’ACR, n° 3 mars 1936.

1595.

Cf. Thiollière A., « L’Aménagement routier de la Région Lyonnaise, comme œuvre commune de l’Etat et des collectivités locales », Technica, n° 49, 1937, pp. 51-52.

1596.

Voir sur ce point les analyses mettant en avant le même phénomène à partir de la santé publique chez Fassin D. (dir.), Les figures urbaines de la santé publique, La Découverte, Paris, 2004. Voir aussi Fijalkow Y., La construction des îlots insalubres, Paris 1850-1945, L’Harmattan, Paris, 1997.

1597.

Comme nous l’avons vu au cours du chapitre trois, ce sont les projets de transports (boulevard de ceinture, tunnels, ponts) qui pousse à la mise en place d’instances de réflexions inter-communales et à l’inscription d’un plan d’aménagement urbain dans le cadre de la région lyonnaise.

1598.

Voir les travaux de Jean-Charles Castel et notamment « Quand la mobilité oblige à repenser l’urbanisme », 7 janvier 2007, 17 p. (article paru sur le site du Conseil français des urbanistes (CFDU)).

1599.

Voir notamment Grémion P., « Introduction à l’étude du système politico-administratif local », Sociologie du travail, vol. 12, n° 1, 1970, p. 51-73 ; Crozier M. et Thoenig J.-C., « La régulation des systèmes organisés complexes. Le cas du système de décision politico-administratif local en France », Revue Française de Sociologie, volume 16, n° 1, janvier-mars 1975, p. 3-32.

1600.

A Lyon, les collectivités locales (villes de Lyon et de Villeurbanne et Département du Rhône) obtiennent une reconnaissance de la spécificité des problématiques urbaines de la part de l’Etat notamment à travers l’inscription et le financement des projets routiers, tout en gardant, dans un premier temps, leur indépendance technique, administrative et financière. A Marseille et Nice par contre, c’est justement une période marquée par une centralisation par l’Etat des problématiques urbaines au profit de l’Etat (voir également sur ce point notre chapitre trois).

1601.

Voir sur ce point Dumons B., Pollet G. et Saunier P.-Y., Les élites municipales sous la Troisième République. Des Villes du Sud-Est de la France, CNRS Editions, Paris, 2002 ; ou Payre R., Une science communale ? Réseaux réformateurs et municipalité providence, CNRS Editions, Paris, 2007.

1602.

A partir entre autres du Comité Technique de la Vicinalité créé en 1937, du SERC créé en 1955 ou du SAEI créé en 1960.

1603.

Commission préfectorale des retraits de permis, commission préfectorale de sécurité routière, commission permanente d’étude du programme d’aménagement routier de la région lyonnaise…

1604.

Présentation lors de la séance du 17 juin 1935 du Conseil Municipal de la Ville de Lyon.

1605.

85 commissions et délégations dans des conseils d’administration, comités ou associations, auxquelles participent des élus du Conseil Général, en 1935 ; 94 en 1936 ; et 99 en 1960.

1606.

Séance du 22 octobre 1934 du Conseil Général du Rhône.

1607.

Proposition du président de la commission départementale : « Après examen en présence du nombre trop considérable de petites commissions existant dans l’Assemblée départementale, nous avons décidé de réduire ce nombre et de constituer quatre grandes commissions : une Commission des finances ; une Commission des transports et des voies de communications qui s’occupera des chemins de fer, autobus, tramways et routes ; une Commission de l’assistance ; une Commission des questions agricoles et forestières ». Toutefois à côté de ces 4 quatre grandes commissions, la Commission des bâtiments départementaux de l’architecture est maintenue et 60 délégations de membres du Conseil Général sont organisées concernant différentes commissions et comités, en vertu des dispositions légales ou réglementaires.

1608.

Il faudrait encore ici mentionner les nombreuses commissions qui fonctionnent à la Préfecture du Rhône et dont certaines, composées essentiellement de fonctionnaires de la Préfecture ou des services déconcentrés, s’occupent des questions de transport ou de grands travaux.

1609.

Elles comprennent toutefois les fonctionnaires assurant l’organisation, le suivi et la retranscription de ces séances.

1610.

Cf. Décret n° 65-1048 du 2 décembre 1965 publié au Journal Officiel du 4 décembre 1965.