Au-delà du nombre croissant de membres participant à ses activités, on assiste à un développement important de la commission municipale de circulation et de ses attributions. Plusieurs sous-commissions sont mises en place par zones géographiques. Le territoire de la Ville de Lyon se trouve ainsi réparti en plusieurs secteurs : le secteur Presqu’île, historiquement le plus important, où se concentre une grande partie des problèmes de circulation ; le secteur Vaise ou Rive Droite, dans lequel se développent également de nombreux enjeux de circulation de par la présence de la Saône et de la colline de Fourvière ; et le secteur Rive Gauche, qui retient de plus en plus les attentions à partir des années cinquante et soixante notamment.
Cette répartition géographique devient un mode privilégié de résolutions des problèmes circulatoires et s’inscrit dans une proximité avec les problèmes rencontrés sur le terrain, recherchée par certains membres de la commission. Au-delà des visites de chantiers ou de projets, le nouveau président de la commission municipale de circulation, Jean Marque, prolonge cette dynamique en organisant en 1965 des visites par les membres de la commission de chacun des arrondissements pour observer sur le terrain les problèmes de circulation1639. Enfin, à partir de 1957, le président de la commission municipale de circulation lance une vaste enquête de description des problèmes de circulation par rues qui se poursuit jusqu’en 1969, afin de constituer des dossiers sur les caractéristiques existantes et les améliorations à engager dans chacune des rues et chacun des carrefours1640. Au niveau des enjeux de circulation, ces démarches précèdent la mise en place au début des années quatre-vingt des conseils de quartiers et d’arrondissements dans le cadre de la Loi PLM, qui offrent de nouveaux cadres de proximité et de concertation1641.
D’autre part, plusieurs thématiques importantes, temporaires ou permanentes, sont identifiées afin de faciliter le travail en sous-groupes de la commission et de ses membres. Dans ce cadre, plusieurs sous-commissions sont créées en fonction de thèmes d’intervention définis par les responsables de la commission. Des sujets deviennent récurrents, engageant alors la mise en place de sous-commissions « Arrêtés de circulation » ; « Bruits de la circulation » ; « Parcs de stationnement »1642 ; « Affiches de la circulation » ; « Transports de marchandises » ; « des Autos-écoles » ; « de l’heure élastique ». D’autres problématiques plus circonstancielles nécessitent la mise en place de groupes de travail ad hoc et temporaires. Dans cette perspective les manifestations lyonnaises requièrent la mise en place de sous-commissions « Foire », « pour étudier les questions traitées aux Journées d’Études des Commissions Municipales de la Circulation de Lyon en 1955 ». Puis d’autres projets mobilisent pour un temps la création de sous-commissions « Refonte du Règlement Général de la Circulation » ou « sur la circulation dans le Vieux-Lyon »…1643.
Cette multiplication des sous-commissions n’est pas sans conséquence sur la complexité du fonctionnement du système para-municipal de gestion des problèmes de circulation urbaine. En 1959, on compte pas moins de trente sept membres réguliers dans la Commission municipale de circulation, qui comprend toujours sept membres du Conseil Municipal, dont quatre adjoints au Maire : Maître Fauconnet, le président de la commission, M. Mercier, M. Rimaud, M. Thibaudet, et trois conseillers municipaux : MM. Airoldi, Getto et Balp. Les différentes sous-commissions régulières comptent respectivement : « Presqu’île » (17 membres) ; « Rive Gauche » (13) ; « Vaise » (11) ; « Arrêtés de circulation » (14) ; « Refonte du règlement » (8) ; et « Affiches de la circulation » (6)1644.
Mais si les discussions propres à la commission municipale de circulation témoignent du foisonnement de ses activités, elles sont confrontées dès le milieu des années cinquante à plusieurs facteurs de saturation du système de traitement des problèmes de la circulation.
Cf. AML 1065 WP 012.
Cf. AML 1068 WP 011-043.
Voir sur ce point Biarez S., 1989, op. cit.
Parallèlement, une association d’études des parcs de stationnement de Lyon est créée en 1954, sur laquelle nous reviendrons plus loin, cf. Discussion lors de la séance du Conseil Municipal du 28 novembre 1955.
Voir la note du 27 octobre 1959 sur la réorganisation de la commission municipale de circulation et la note du 7 mars 1961 sur la réorganisation (Composition – Fonctionnement – Attributions) de la commission municipale de circulation, cf. AML 1094 WP 0012.
Rapport du 27 octobre de 1959 sur la composition et l’organisation des différentes commissions municipales, cf. AML 1094 WP 0012.